XVII
(*) IV 1,5. Depuis l'époqae romaine, Marseille s'est toqrnée vers ragricaltnre.
Sinope, Cyzique, Héraclée, et il relève rétablissement de marchés où venaient s'approvisionner les barbares à Dioscnrias, Tanaïs et Panticapée. Tanaïs servit longtemps d'emporium ou de marché commun aux Nomades de l'Europe et de l'Asie et aux Grecs du Bosphore, lesquels traversaient le Palus Maeotis pour s'y rendre, les premiers y transportant des esclaves, des peaux et différents produits de l'industrie nomade et les seconds des tissus, du vin et maintes autres productions des pays civilisés qui trouvaient à s'y échanger avantageusement. Cette ville, dit-il ailleurs (*), est, après Panticapée, le principal emporium ou marché des Barbares. « La ville de Dioscurias (*) peut être considérée comme la tête de l'isthme compris entre le Pont et la Caspienne, et comme une sorte d* emporium ou de marché commun aux populations de l'intérieur aussi bien qu'aux tribus circonvoisines, vu qu'elle réunit parfois dans ses murs, nous ne disons pas comme certains auteurs trop peu soucieux de la vérité, trois cents peuples différents, mais soixante-dix peuples parlant autant de langues distinctes, par suite apparemment de la vie errante qu'ils mènent et de l'isolement auquel les condamnent leur orgueil et leur sauvagerie, Sarmates d'ailleurs pour la plupart et tous habitants du Caucase ». Ces peuples nomades vont surtout s'approvisionner de sel à Dioscuras (').
(») XI 6, 6. Cf. Hérod. IV 17 et 24 sur l'emporium du Borysthène que visitent les Scythes et les Grecs. Il s*y fait un grand commerce de blé; les Scythes s'y servent do sept langues. VII 47 : navires qui transportent du blé, du Pont à Egine et dans le Péloponèse.
Cependant, en cette région même, Strabon signale la ville de Phase, sur le fleuve de ce nom, laquelle est « le centre du commerce de la Colchide ». Comme objets de ce commerce, des denrées alimentaires, « toutes d'excellente qualité^ d'autre part des matériaux de toute sorte propres aux constructions navales, notamment le bois, le lin, le chanvre, la cire, la poix. La fabrication de toiles de lin jouissait aussi dans ce temps d'une très grande renommée. On exportait beaucoup de ces toiles dans les pays les plus éloignés. »
En Asie, Strabon signale surtout deux villes, Éphàse et Apamée. ^ Apamée, dit-il, est un des grands emporiums de la province d'Asie proprement dite, le second en importance après Ephèse qui est, on le sait; l'entrepôt général des marchandises d'Italie et de Grèce „ (*).
Cette organisation commerciale, reposant sur la foire ou marché, était propre à de nombreuses [régions : ainsi, en Arménie, Comana était ^ un des principaux entrepôts des marchandises venant de l'Arménie „. Pessinonte était le principal emporium d'une partie de la Q-alatie (*).
Comment ces marchés étaient-ils approvisionnés? Par la navigation fluviale; c'était le cas pour Alexandrie (') ; et aussi par le transport par la voie de terre sous la forme de la caravane. Nous n'avons à cet égard que peu de renseignements. Strabon mentionne les caravanes qui mettaient en rapport l'Inde et l'Arabie avec Coptos (*);
{*) XII 8, 15 : T(Ôv àro Tîjç 'ItaXt'a; xai tî^ç *EX/âoo; iwToSoyewv xoîvov.