‹ L'industrie dans la Grèce ancienneChapitre 16 sur 89 · XII · texte numérisé non relu

XII

(5) XVII 1,13 ; II 6,17. Voir encore XI 7,3 : les marchandises de rinde descendent l'Oxus jusqu'à la mer Hyrcanienne, puis gagnent la côte d'Albanie, remontent le Cyrus, atteignent le versant opposé et redescendent jusqu'à l'£uxin.

(*) XVI 4,24. Cf. Lumbroso L'Egitto dei Greci e dei Romani»

celles qu'organisaient les Arabes pour se procurer la casse de Tin de et l'encens de la frontière de la Perse; celles qui allaient chercher en Arabie la myrrhe, l'encens elles autres aromates (*) ; celles qui, combinées avec la navigation fluviale, reliaient Suse avec la mer ('); celles des Aorses qui monopolisaient le transport, à dos de chameaux, des marchandises de l'Inde et de la Babylonie expédiées par la voie de l'Arménie et de la Médie ('),

On voit quels étaient les objets qui s'échangeaient sur ces marchés. Un bon nombre des peuplades barbares qui venaient s'y approvisionner pratiquaient encore l'échange réel. £lles apportaient de la laine, des peaux, du blé, des aromates ; elles recevaient en retour d'autres denrées, du vin, du sel. Les objets fabriqués n'entraient que d'une façon fort accessoire dans les transactions ouvertes avec des peuples pauvres et peu civilisés.

A l'époque de Strabon, les principaux centres commerciaux du monde étaient Rome et Alexandrie. Us étaient reliés directement l'un à l'autre. L'industrie grecque n'avait que, dans une faible mesure, accès sur ces deux marchés. J'ai déjà noté^ l'exportation des ouvrages en bronze de Oorinthe, d'Egine et de Délos ; je ne vois rien d'autre à y ajouter. Mais avant que le centre du monde économique se fût déplacé au profit de Some et d'Alexandrie, la Grèce avait eu, pour ainsi dire, à ses portes une clientèle immense et bien supérieure à ces peuplades barbares, avec lesquelles elle

quelques renseignements sur le commerce par la voie de terre, en Egypte, p. 32.1.

(») XVn 1,46.

(*) XV 3,4. Cfer XVI 3,3 : commerce d'aromates par les Gerrhéens. XVI 4,19, par les Sabéens. XVI 4,24.

trafiquait encore à l'époque de Strabon. L'Asie offrait évidemment un meilleur marché pour les produits de l'industrie grecque ; mais, fait bien significatif, elle en resta indépendante. Ni la céramique, ni les tissus, ni la métallurgie grecque ne se déversent en Asie. Cette vaste et riche région subvient à ses propres besoins et, sous bien des rapports, son industrie artistique demeure supérieure à l'industrie grecque. Celle-ci, par exemple, n'entreprend même pas de rivaliser d'habileté avec les fabriques de tapis et de tissus établies en Asie (').

Importations réciproques des cités grecques.

Je ne me propose pas d'énumérer tous les produits que les cités grecques ont échangés entre elles. Cette énumération a déjà été faite par Blûmner et par Bûchsenschûtz : tout au plus pourrait-elle être complétée par-ci par-là. Je préfère prendre un exemple, en réunissant tous les renseignements que nous possédons pour Athènes. Cet exemple sera décisif, puisque nous nous placerons dans le centre le plus considérable de l'industrie et du commerce en Grèce. Je groupe par catégories les objets^ fabriqués en dehors de cette ville et qui y ont été introduits ou qui y étaient connus au V* siècle et surtout au IV* (*). On remarquera que la plupart de nos renseignements proviennent des poètes de la comédie. Cette circonstance les rend particulièrement précieux, car les poètes ne font allusion qu'à des

(') Mayr Lehrbuch 7.

(*) Cependant, par-ci i>ar-là, le désir d'être complet m'a obligé de sortir de ce cadre.

objets bien connus de leur public, répandus en Grèce, et qui, suivant toutes les apparences, ont pénétré à Athènes (').

Les pièces d'Aristophane constituent une mine d'une richesse toute spéciale. Ce grand ami de la paix a eu de fréquentes occasions d'en vanter les bienfaits : il rappelle, à maintes reprises, tous les avantages dont ses concitoyens se privent en fermant les frontières à leurs voisins.

Les Acharnions contiennent une scène intéressante : Dicéopolis a ouvert un marché où il sera permis aux Péloponésiens, aux Béotiens et aux Mégariens de venir vendre leurs produits. Arrive un Mégarien qui offre à Dicéopolis des porcelets. Celui-ci lui demande s'il a apporté du sel, àXaç, de l'ail, Txdpooa. Suit un Béotien : la liste des produits qu'il apporte est fort longue et contient toutes sortes de choses disparates, des oiseaux, comme des geais, des roitelets, des francolins, des poules d'ean, puis des lièvres, des renards, des fouines, puis encore des oies, des canards, des herbes, vAaxw, ÔpuaXXiSaç, des anguilles du lac Copaïs, etc. (*).

D'autre part, il rapportera aux Béotiens tout ce qui leur manque. Des anguilles de Phalère et des poteries? interroge Dicéopolis. — Non, car il en a chez lui. — Quoi donc ? — Qu'il emporte alors un sycophante !

(') C^eât ce qui nous permet de puiser parfois nos renseignements même chez des auteurs qui oui pu écrira en dehors d'Athènes.

(*) 870. ''A)^' eî Ti ^oûXsi irpîaao, T(îiv iyùi (pépu) | twv opTaXt^wv, îj TÛv TETpaicTspuXXt'owv. 874 : opi^avov, yX^yw, ^^idéOco;, ôpuaXXtoaCt vaffffa;, xoXowix;, i-TTay^î, cpaXapî^a;, TpoyiXax;, xoXofjLJ3(i>c. 878 : •A7.\ (xàv ^épco yâ^^oL^n X^yw;, àXoiirsxa;, | îy.aXo7:a;, syivto;, aUXo'jpOi;, riXTtoa;, I IxTiSa;, svjop'.a;, iy/iXii; KtoTTifoa;.

Et dans la Paix (') : " Fais que des denrées excellentes affluent sur notre marché ; belles têtes d'ail, concombres précoces, pommes, grenades et petits manteaux pour les esclaves. Qu'on y apporte de la Béotie^ oies, canards, pigeons, roitelets, alouettes, et du Copaîs, des corbeilles d'anguilles „.

Athénée I 27D énumère, d'après les poètes^ les spécialités de chaque pays. Tout le passage est d'un grand intérêt poar l'histoire économique et les données en sont utilisées dans ce chapitre. Je ne crois pas inutile de les grouper ici, comme elles le sont dans le texte.

D'après Antiphanes : Elide : cuisinier ; Argos : bassin XépT,;; Phlionte : vin; Corinthe : couvertures drpwfJiaTa ; Sicyone : poissons ; iEgion : joueuses de flûte ; Sicile : fromages ; Athènes : parfums ; Béotie : anguilles.

D'après Hermippos : Cyrène : silphium xauXo; et les peaux de bœuf ; Hellespont : maquereaux et tout le poisson salé ; Italie : gruau et côtes de bœuf fumées ; Syracuse : porcs et fromages ; Egypte : voiles et papier Ta xpepiaTrà {(rzioL xal j3ûpXou<; ; Syrie : encens; Crète : cyprès ; Lybie : ivoire ; Rhodes : raisins secs, figues sèches ; Eubée : poires et pommes ; Phrygie : esclaves ; Arcadiè : soldats mercenaires ; Pagasae : esclaves ; Paphlagonie : noix et amandes ; Phénicie : fruits de palmiers ; Carthage : fleurs de farine de froment <Te[jLt5aXi<;, tapis et voiles.

D'après Pindare : Lacédémone : chiens de chasse ; Scyros : chèvres ; Argos : armes ; Thèbes : char àp(jLa ; Sicile : char GyriikOL,

D'après Critias : Sicile : le jeu de cottabes, char ôyoç ; Thessalie : fauteuil Opovoç ; Milet : lit ; Chios : lit ; Étrurie : coupe d'or j^puo-oTUTto; cpiàXïi et tous les objets en airain ; Phénicie : l'alphabet ; Thèbes : char oi(ppo(; ;

Carie : vaisseaux de transport ; Athènes : la céramique; et en réalité, ajoute Athénée, la poterie athénienne est célèbre et il cite :

D'après Eubule : Cnide : xepàixia, poteries; Sicile : paTdvia, plats; Mégare : iriOaxvia, petites coupes.

Enfin d'après Antiphanes : Cypre : moutarde et le jus de la scammonée; Miîet: cresson; Samothrace : oignons; Cartbage : choux et silphium ; Hymette : thym ; Ténédos : origan.

Evidemment, ces énumérations sont remplies d'intentions satyriques, mais elles répondent à la réalité. Les produits industriels figurent au tout dernier rang.

Je vais à mon tour dresser l'inventaire des objets étrangers, importés ou connus à Athènes : ils ne sont pas bien nombreux.

Tissus : j'ai dit plus haut, des produits de l'industrie corinthienne, tout ce qui était nécessaire. Aristophane (') fait allusion à des vêtements d'un tissu fort léger^qui étaient dits d'Amorgos. Ce tissai était végétal ; on ignore la plante d'où il provenait : le lin ou leByssus ; maïs la matière première seule venait d'Amorgos (*); les femmes, comme le montre Aristophane, tissaient les étoflFes ('*). Antiphanes fait encore allusion aux vêtements amorgiens (*). Eschine parle d'une esclave habile à travailler le tissu d'Amorgos et qui vendait " ces ouvrages légers „ au marché (^). Ces étoffes étaient d'un

(M Aristoph. Lys. 150 : xàv to*?; y.Twvîo'.ari toi; 'AiJLopyîvoiç y^P-''** ratpioijxev.

{-) Blûmner 94 n. 5. Buchsenschiitz 69 n. 3. {^) Aristoph. Lys. ^'ôô,

{*) Poil. VII 57 : 'AvTioavT,; os «pTjJiv iv MTjosiqt • ^v yiTwv 'A{xdp- Y'.vo;.

(5) Esch. c. Timarque § 97.

grand prix, comme le prouve leur mention dans les inscriptions (*).

Aristophane citait les tapis de Cypre (*) : c'étaient là des œuvres artistiques, car à Delphes, on montrait tm tapis signé par Hélicon, fils d'Acésas (^).

Cos produisait la soie, mais, chose curieuse, on ne trouve qu'une seule allusion qui la concerne, avant Je I*' siècle av. J.-C; c'est chez Aristote (*).

Aristophane (') parle d'un vêtement crétois et l'archonte Basileus en portait un pareil H- Il est possible que la matière première seule venait de Crète.

Mégare avait la spécialité d'étoffes assez grossières dont on faisait des vêtements pour les esclaves : Aristophane les cite, à plusieurs reprises, et Xénophon dit que la grande majorité des Mégariens vivaient de cette industrie 0).

Milet produisait une laine célèbre par sa finesse. Dans Lysistrata, une femme se plaint d'être empêchée de travailler à tissët* la laine de Milet qu'elle a chez elle (^). Tout aussi renommées étaient, pour leur douceur, les couverbures de lit fabriquées sans doute à Milet ' et importées à Athènes. Elles sont citées par Aristophane

(1) Inventaires d'Arterais Brauronia CIA II 754, 758 = Ch. Michel 319, 820.

(*) Aristoph, Poil. X 32 : Ttapair^xao'iJt.a xô Kuirpiov tô 7:oixt7ov.

(5) Ath. II 48 B.

(*) Hist. des Anim. V 19, 551 B.

(5) Thesm. 730 : (jù $è t6 Kpîixixèv àTcoôuôt xa^^ux;.

(6) Poil. VII 77.

(') Aristoph. Ach. 519 : sTJxocpâvxst Me^apsov xà yXavtaxia. Paix

1002 : XTjv àyopàv t)[xÏv àyaôiôv ÊfXTtXTiuOTjvai, ex MsYapwv Œxopoôpwv...

I ooûXoio'i yXaviayiotiov [xixpcov. Xén. Mem. II 7, 6 : Meyapéwv ô' o\

'îTXetffxoi dcTtè £$to|xioo7roia; ôiaxpéçovxai,.. ouxot jasv vàp à)vou{X£vot

Potp^àpouç àvôpwTrou<; è'^ouffiv.

(*) Aristoph. Lys. 724 : oVxoi yàp £^'-v epia |xoi MiXiiata.

et par Critias ('). Celui-ci cite en même temps les couvertures de Chio. Milet fabriquait aussi des tapisseries dont on se servait pour orner les murailles (Amphis) (*). Enfin, Milet produisait des étoffes dont on faisait des vêtements riches et précieux Les œuvres de l'industrie milésienne trouvèrent de bonne Heure un débouché en Italie, particulièrement à Sybaris (^) : Hérodote parle du grand deuil des Milésiens, quand ils apprirent la destruction de Sybaris et les lois de Zaleucus auraient porté défense aux hommes de s'habiller à la mode milésienne (^).

Les comiques parlent aussi d'étoffes siciliennes, de couleurs mélangées Celles dont fait mention Eubule étaient sans doute de laine ('). On mentionne aussi les toiles de lin (^), spécialement celles de Tarente (J),

0) Âristoph. Ran. 542: £v Trpwixaaiv MiXi^crtot;. Schol. : sxeT yàp Èv MiXiitoi xocXti f, Twv TrptiijJLGtTwv IpyoLaiT, ' xai là MiXiiffia orpcop-axa roixiXa xat àiraXà yiveTat xal oia^opx. Critias, Ath. I 28 B : £ovatou os Xs'yo'j^ e^oya xdc)Xo; lyet | MiXtjTOç te Xi'o; t' evaXoç irdXtç Otvo7rta>vo<;.

(*) Ath. XV 691 A : Èpîotcn xoù< Totyouc xuxXcjj MiXT)(7iot^.

(') Aristoph. Ban 542 Schol : tU xpu^v^v ol MiXr|Crtoi oia^dtXXovTai xaci el; xô tcoXtî^ tcoXutsXs; • £^f,xé<; x' svxaûôa xaxsaxsuàÇovxo TcoixtXot xal xanTjXSs. Ath. XII 519 B : Èçdpo'jv oè oi Supaplxat xai Ijidéxia

MtXTiJttUV ipUtiV TTSTCOlTiJJLéva.

(*) Hérod. XVI 21. Diod. XII 2' .

(S) Eubule, Ath. II 59 F : S'.xsXtxà TrpoTTrscpaXaia. Philemon, Ibid. XV 658 B : lp.axia TroixîXa SixsXtxà.

(•) Platon Lettres 13 363 A : yixwv.a xpia l7rxa7rT,yYi, fjiTi xtov roX'JxeXiov xôiv 'A|jLOpYtva)v, àXXà xôiv SixsXixtOv xwv Xivwv. Poil. VII 77 : S'.xeXtxô^ /-'wv.

(7) Poil. IV 104 : Ôtaipav^ Tapavxtvtôia, cf. VII 76. Dans l'inventaire béotien BCH V 1881 265 = CIGS I 2421 : TapavxKvov et dans ceux d'Ar ternis Braaronia, cités p. 152.

Théophraste raconte que les jeunes Athéniens qui exécutaient, à certaines fêtes, des danses religieuses autour du temple de Délos, portaient des vêtements de Théra. L'étofie en était d'un dessin colorié, semé de figures d'animaux (').

Objets en métal. Les mentions relatives à des objets en métal importés à Athènes, d'atttre3 cités grecques, n'abondent pas. Chez Aristophane, les clefs laooniennes (^') et les vases de Chalcis ;j(aXxi8t.xov 7coTT.p'.ov (*). Les inscriptions nomment ces mêmes vases, en ajoutant qu'ils sont d'argent (*), des cratères d'Argos ('), des clous d'argent et un bouclier d'or de Lesbos (*). Elles nomment aussi les boucliers et les cratères de Laconie (^). Enfin, les vases à boire de Bhodes, 'PoStaxàv, 'PoSti; (").

Céramique. Plus fréquentes sont les mentions des produits de la céramique. De Thasos (^), les jarres dans

(*) Ath. X424 F. Cf. Biichsenschûtz Hanptstâtten 70.

(*) Aristoph. Theem. 421 : xXs'.ota... Aaxtovt-/ àtTa, 'zpti^ eyovra

(») Aristoph. Equ. 237.

(*) CIA I 129 10 ; Ibid. 1 170 18 : iroTTipia XaXxioixà ipyupa.

(••) CIA II 678 B. 1. 24 : y.paT7)p£; WpyoXixai. Antiphanes. Ath. I 27 D cite le X£j3t,ç d'Arg08.

(«) CIA I 170 J9,21 — Hedylos (200 avant J.-C), Ath. XI 486 B parle de vases que Blûmner Gew. Thatigk. 45 croit être en métal et non en verre : xîiTai ropoupéTjç Aéaptov, sÇ usXou. Blûmner Technologie 379.

C) CIA II 678 B 62 : à(n:i8e; AaTcwvixat; 72: xpaT^ps; Aaxwvixai.

(*) Phot. : *Po8iaxôv xal *Po8ia; • sToo^ lx7ra»[xaTo;, outu); AiçpiXo;. CiaS I 2498 Inventaire d*Oropos : Tooiax^i tepà, Tooiaxov jjlîxo'v. Cf. Ath. XI 497 F.

('•^) Lysistr. 196 : |X7jX(w<payouŒai Bâotov oivou Tcajiviov, et la Scolie. Ekklez. 1119 : là Si<ji à|jLoopsfôia.

lesquelles on expédie le vin renommé de Tile. Aristophane les désigne sous le nom qu'on leur donnait d'ordinaire à Athènes : r:a|jLvia. Des restes de ces amphores ont été trouvés en maint endroit, notamment à Athènes (')•

A Rhodes, encore les amphores dans lesquelles on expédiait le vin (*) et les poteries parfumées (').

De Mégare, de petites fioles (Eubule) 0) et des vases à boire (Philétas) (»).

De la Laconie, nous connaissons, d'après Critias (°), le xcoOcov, vase dont se servaient les soldats pour boire et pour puiser de l'eau. Eubule (^) cite les vases fabriqués à Cnide Kvioia xepà|jiia.

Des produits de Corinthe, Diphile nous cite les urnes xàoot (*) et il en parle comme d'objets de luxe, ornant

{*) Et aussi à Odessa, Oibîa, Niconium, CIG III praef. XVII. P. Becker, lahrb. f. Philol. suppl. IV. 3. 1862 468 et 501. Cf. infra, Livre [II, Ch. I.

(*) On en a troavé à Athènes, Alexandrie, en Sicile (en grand nombre) dans la Rassie du Nord, à Pergame.

(') Arist. Ath. XI 464 C : 'Pootixal yuTp^o-;. Blûmner Gew. Thàtigk. 51.

(*) Ath. £ 28 G : Msvapixà îriÔâxvia.

{"') Ath. XI 467 0 : y^joXoii.

(Cj Ath. XI 484 F.

{/) Ath. I 286. 177 anses d'amphores portant des inscriptions ont été publiées CIG II p. XIV, Franz. Philol. VI 278. Elles proviennent d'Athènes, de Sicile et -d'Alexandrie. Cf. infra. Livre III, Ch. L

i») Ath. VI 263 B. Buchaenschûtz Hauptstàtten 17. Cf. infra, Livre ir, Ch. VII : importation de poteries corinthiennes pour les travaux publics. Pollnx X 182 : sv ToTt; AT);x'.07rpàtT0i(; xai xépajxov 'ATTixàv xal xsp«|xov Kopiv6:ov xal xspa[xî8« oè, 0ouxu5t§ou eiTTOv-ro;

une maison riche. On connaît encore les cruches uSpiai (*).

Chio fabriquait de grandes jarres destinées au transport du vin. Aristophane en fait mention (*). Hermippos cite les vases à boire fabriqués à Chio Xia xuXii (^).

De PËubée, on connaît la vaisselle ordinaire qui semble surtout avoir été fabriquée à Carystos, XoTràSe; (^), xdbcxapo; {*).

Les produits de la céramique béotienne, on l'a vu par la scène des Acharniens, étaient connus à Athènes (*).

Objets en bois. Je relève, dans Athénée, les citations suivantes de Critias : ime table fabriquée à Bhénée Ç) (îlot voisin de Délos), les sièges de Chio ("), les lits et les sièges de Milet C'^), les chars fabriqués à Thèbes (*^) ;

£v T^ nXaTaïxfi 7roXiopxiq[, et 157 : xxl \Â.vzà toO x£pat|JLOu sv zoi^ AT^IJLioTrpdcTOt;, xaXuTCT^ps; Kopivôio'jpyet;. Ta OT,{jLio7rpâTa ^ objets mis en vente par le fisc.

(«) Ath. XI 488 D.

(*) Poil. X 72 : oVvou -:* Xîou T:dt[xvov.

(') Ath. XI 480 E : Xta oè xuXi$ u^j/oO xp*|xaT«i -spl •7:a<jaaXooiv. Ibid. I 3 F.

(*) Ath. IV 136 E : auxàp oltz^ Ëu^oiac XoTuaoe; Touat sTciydwvro.

(^) Antiphanes, Ibid. 169 E parle d'un vase, xocxxa^oc, fabriqué À Carys tos et la suite du passage d'Athénée montre l'identité de Xoitdé; et de xàxxse^ot;.

(^} Bltimner Gew. Thâtigk. 59.

(') Ath. XI 486 E : tpàTreÇot Ttiveiospyt,;. Ibid. : xXiVtj XtoupyTj;.

(*) CIA 1 167 : 1. 9 : xXïva». Xioup^stç, xXTvat MtXTjcrioupYstç et dans les antres inventaires du Parthénon et dans CIA IV 1, 271^ p. 178. Cf. Poil. X 35.

(^) Ath. 486 E : Kpitta; o' èv ttJ AaxeSatfxovtwv 7roX'Tet(y • xXtvr, MiXT4jto'jpY"»in xal oîcppo^ MtXtiaioupYiî;.

(*®) Ath. I 28 A : Biipr^ o' àpfxaTosvTa 8î<ppov (rjve7rr,ÇaT0 irptôiT).

les sièges de Thessalie, oi^ppoi cités par Eupolis (^),(lp(>voç, cité par Critias et par une inscription (') ; les sièges de Sicile, cités par Ëubule ('); les bois et les portes de Styra en Eubée ('); le bois de Macédoine ('\

Je crois inutile de m'arrêter à des produits tout à fait secondaires, comme les parfums. Les Athéniens faisaient une grande consommation de parfums étrangers; Aristophane nomme les parfums de Bhodes f/').

On pourrait citer aussi les chaussures, mais il est probable que c'était la forme seule qui avait une origine étrangère.

Je devrais, pour être complet, placer maintenant, à côté du tableau des importations athéniennes, le tableau des exportations : il me suffit de renvoyer aux chapitres précédents. Si on rassemble les détails qui y sont dissiminés, on verra combien, d'après les témoignages des anciens, étaient rares les produits industriels que les Athéniens vendaient au dehors : on peut citer les vases, mais il ne faut pas exagérer l'importance du commerce dont ils étaient l'objet, les armes, car de grandes fabriques, comme celles de Lysias et de Pasion, travaillaient sans doute pour l'étranger. Ce n'est que pour une faible partie, par l'industrie, qu'Athènes forme la contre-

(*) Poil. X, 47 : cîcppot BetTaXixoi, lo; sv AutoXôxc}) EûttûXicoc,

(*) CIA n 676 fr. a. 1. 20.

(») Ath. II 47 F : xXîvai SixeXtxai.

(«) Dem. c. Midas 167,

(^) Dem. c. Timoth. 26. Cf. Boechh Staatsh 1 126 et CIA II 834i> col. 1, 1. 66.

(*) Lys. 944 : t6 'Pd8iov (x-jpov. Sar le commerce des parfams, cf. Blûmner et Biicheeuschûtz 1. c. Dans les comptes de Délos, en 279, Ch. Michel 838 I. 93 : {lupov ToStvov.

valeur de ses importations, et, dans celles-ci. les objets fabriqués ne figurent pas pour une somme considérable.

Il y a une industrie en Grèce; mais où est cette production en masse (Massen-production), cette production par la fabrique (Fabrikm&ssig) dont tant d'auteurs modernes nous parlent ?

Je ne méconnais pas l'imperfection de ces essais de statistique : les moyens de les établir sont rares et je n'ose garantir que je n'en ai laissé échapper aucun. J'en ai suffisamment réuni pour laisser, à défaut de chiffres précis, l'impression que l'industrie grecque n'a guère dépassé la première enfance.

Elle n'a pris quelque développement que dans ces branches peu nombreuses où elle s'associe à l'art. L'on pourrait même dire qu'en fait d'industrie, la Grèce n'a connu que l'art industriel. La raison en est facile à comprendre: les seuls produits qui s*exportentsont ceux qui possèdent une certaine valeur : pour les produits communs, chaque cité se suffit, en général, à elle-même. Leur prix ne couvrirait pas les frais de transport. U faut que l'art ait touché la matière pour lui communiquer sa beauté et son prix. L'industrie grecque a eu cette chance heureuse, pour la postérité du moins, d'être condamnée à ne fabriquer que de belles choses {*).

(*) L'Apocalypse de S. Jean fournit un témoignage important sur la natnre da commerce dans l'antiquité romaine : Oh. XVIII (Trad. Gaume) :

11. Et les marchands de la terre pleureront et gémiront sur elle, parce que personne désormais n'achètera plus leurs marchandises ;

12. Marchandises d'or, et d'argent, et de perles, et de fin lin,

et de pourpre, et de soie, et d^écarlate (et tont bois odoriférant, et toas vases d'ivoire, et tous vases de pierre précieuse^ et d'airain, et de fer, et de marbre) ;

13. Et le cianamone), et de senteurs, et de parfums, et d'encens, et de vin, et d'huile, et de fleor de farine, et de blé, et de bétes de charge, et de brebis, et de chevaux, et de chariots, et d'esclaves, et d'âmes d'hommes.

. 14. Et les fruits, désir de ton âme, se sont éloignés de toi, ot

toutes les choses succulentes et splendides sont perdues pour toi, et on ne les trouvera plus jamais ;

15. Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis, se tiendront loin d'elle, dans l'effroi de ses tourments; ils pleureront et gémiront.

Au moment de donner le bon à tirer, je m'<) perçois que j'aurais pu citer, à la page 151 et 158 et plus haut, 77 et suiv., l'inscription de Tanagra publiée par M. Th. Reinach Rev. Et. Grecq. 1899 53. Elle contient B une liste de vêtements consacrés à Démèter et à Corè. On y lit 1. 7 : àixopyivov xt6[c;ij]va xoptxo[v],

cf. 1. 23 et 1. 45; 1. 9 : Xtvivov [x']6((J5]va 7ro[pooup]iov, cf. 1. 44; cf. 1. 44: 1. 37 : TapavTÏvov ^axtvov; 1. 43 : -/iTtova oapivov; 1. 46 : TapavTtvivav.

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