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II. — Milieu démographique

Si l'on envisagé au point de vue démographique, la période de 1846 à 1900, on constate que les arrondissements de Thieit et d'Ath sont les seuls arrondissements du pays qui aient, entre ces deux dates, perdu une partie de leur population. Pour Thieit, la déperdition a été de 1 p. c; pour Ath, de 2 p. c. {1846: 93.666 habitants; iOOO ; 91,830) (2).

(i) Cf. Vol. 11 : L'industrie du tissage du lin dans les Flandres; L'industrie de la cordonnerie en pays flamand. — Vol. lil : Vindustrie de la ganterie, — Vol. V et Yi : La denUUe et la broderie sur tulle.

(2) Annuaire statistique de Belgique, 1901, p. Xll.

Pendant la dernière période décennale, la population a diminué, dans Tarrondissement d'Ath, dans la proportion de 0.70 p. c; de 1880 à 1890, la population y a décru à peu près dans la même proportion (1).

De 1846 à 1900, la population s'est accrue, dans Tarron-* dissement de Tournai, dans la proportion de 5 p. c. seulement {i846 : 149, 567; i900 ; 154, 959). C'est, si l'on excepte les arrondissements d'Audenaerde etdeVirton (2 p.c), la plus faible augmentation constatée dans le pays (2).

Nous n'entreprendrons pas de rechercher ici les causes multiples et complexes de cet état de choses, mais il convient d'en signaler une qui. dans cette région agricole, bien pourvue de moyens de communications et voisine de centres industriels importants qui l'entourent de toute part, se manifeste spécialement : c'est l'exode rural.

Dans un livre très documenté, M. Ém. Vandervelde, étudiant l'émigration permanente, l'émigration quotidienne et l'émigration saisonnière, qui sont les formes diverses de l'exode niral, expose que, presque toujours, ces trois formes coexistent dans une même région.

Il prend pour exemple le canton de Péruwelz, qui nous intéresse tout spécialement comme centre important de l'industrie bonnetière, et en fait la description suivante, au point de vue de l'exode rural (3) :

« Pour montrer, dit-il, par quelques faits précis, toute la diversité des modes de déplacement que l'on peut rencontrer dans le cercle étroit d'une circonscription administrative, prenons au hasard, parmi cent autres exemples, le canton de Péruwelz, célèbre dans les fastes politiques du Tournaisis,

(1-2) Annuaire ilatisUquê de la Belgique, 1901, p. xii. (3) Em. Vandbryeldg, U exode rural el le retour aux champe, Paris, Âlcan, 1903, pp. 170-172.

iO LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE

par Tappoint formidable qu'il apportait jadis aux listes libérales.

» Le chef-lieu de ce canton est une petite ville d'environ 9,000 habitants, qui renferme un assez grand nombre d établissements industriels : filatures, ateliers de bonneterie, tanneries, fabriques de chaussures. Par contre, dans les communes rurales d'alentour — Blaton seul excepté — il n'existe absolument aucune industrie.

» Prise dans son ensemble, la population du canton de Péruwelz accuse une augmentation légère {au 31 décembre 1890:^^,6^; au 31 décembre 1900 : 23,660), soit 52 habitants en plus, pour le canton. Seulement, cette augmentation provient exclusivement des deux communes industrielles [Pérutvelz -^ 588; Blaton -h 46). Dans tous les villages, au contraire, le nombre des habitants diminue dans des proportions fort sensibles.

« Les uns s'établissent à Péruwelz, ou dans d'autres localités du pays; d'autres passent la frontière et se fixent dans le nord de la France.

» Mais, indépendamment de cette émigration permanente — qui constitue la caractéristique de la région, au point de vue de l'exode rural — nous trouvons également, dans les mêmes communes, les formes typiques de l'émigration temporaire.

» Certains ouvriers, tout d'abord, vont, chaque année, faire la moisson en France, bien que leur nombre tende à diminuer, par suite de l'extension du machinisme.

» Quant aux déplacements quotidiens, les fils et les « demoiselles » de beaucoup de fermiers des environs immédiats de Péruwelz s'en vont à pied travailler dans les filatures et les bonneteries.

»> D'autres campagnards, ainsi que nombre d'habitants de Péruwelz même, sont occupés dans les ateliers de cordonnerie

l'industrie de la bonneterie i \

ou de métallurgie de Vieux-Condé (France), et, surtout, dans les charbonnages, dépendant de la Compagnie d'Anzin, qui se trouvent situés à cinq kilomètres de distance.

)> Il existe un chemin de fer, exploité par la même Compagnie, reliant Péruwelz à ces charbonnages, mais il n'y a pas d abonnements ouvriers, et les tarifs ordinaires sont trop élevés pour que les charbonniers venant de Belgique en fassent usage. Aussi, la plupart d entre eux se rendent à la fosse, soit à bicyclette, soit encore dans de petites charrettes, traînées par un ou deux chiens.

» Bref, la série est complète, depuis Témigration journalière, et à courtes distances, jusqu à Témigration définitive dans une autre commune, une autre province ou un autre pays. )>

A part Tournai, Péruwelz et Leuze. il n'existe pas, dans la région considérée de centre urbain de plus de 5,000 habitants.

Dans ces villes mêmes, la population reste stationnaire ou ne se développe que faiblement.

Tournai comptait en 1856 : 50,824 habitants; en i866, 29,981 et, au 31 décembre 1900, 55.004.

Péruwelz : en 1856, 7,556; au 31 décembre 1900, 8,860. A Leuze, on constate que la population a diminué, dans les vingt dernières années, de près de 500 habitants. En 1856, cette ville comptait 5,779 habitants; en 1866, 6,204; en 1880, 6,257; en 1890, 5,857; en 1900, 5,795.

Cette diminution s'explique, en grande partie, par une transformation profonde qui s'est opérée dans la bonneterie et qui a eu pour résultat le remplacement de la main-d'œuvre masculine par la main-d'œuvre féminine, dont nous parlerons dans la suite. Comme la bonneterie est, avec la filature de laine peignée, la seule industrie qui s'exerce à Leuze, les hommes ne trouvent plus à s'employer en bonneterie et ne pouvant d'autre part travailler dans une autre branche indus-

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trielle, ont émigré soit temporairement, soit définitivement, avec femme et enfants.

A Péru^elz, au contraire, où la bonneterie a subi la même transformation, d'importantes tanneries et fabriques de chaussures utilisent largement la main-d'œuvre masculine et la population générale de la ville augmente.

La densité de la population étant de 227 par kilomètre carré pour le Royaume et de 307 pour la province de Hainaut, elle est de 186 pour l'arrondissement d'Ath et de 258 pour l'arrondissement de Tournai, mais exagérée pour ce dernier, à cause du chef-lieu.

Dans le canton de milice de Leuze, la densité est de 191 ; dans celui de Quevaucamps, de 226 et dans le canton de Péruwelz, de 292 par kilomètre carré.

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