CHAPITRE V
Habitation. — Hygiène et sécurité.
\t n'y a pas de remarque spéciale à faire au sujet de Tliabitation des bonnetières à domicile. L'habitation de ces ouvrières n a rien qui la distingue de celle de la classe ouvrière dans nos petites villes et dans nos campagnes des Flandres (i).
Comme dans toutes industries à domicile, l'exercice du métier dans des maisons exiguës où la place disponible est à peine suffisante pour abriter la famille, entraine des inconvénients sérieux au point de vue de l'hygiène. Ils sont trop connus pour qu il faille y insister. Nous remarquerons, toutefois, que dans Tindustrie que nous considérons, la machine à ' tricoter, qui est Toutillage principal, étant de dimensions très restreintes (60 à 80 centimètres en moyenne) est peu encombrante et n'exige qu'une place relativement peu importante. Il y a rarement plus de 2 ou 5 machines chez les ouvrières à domicile proprement dites.
La situation est plus mauvaise dans les ateliers et surtout dans les petits ateliers, où l'on entasse trop facilement 4 à 10 machines avec les ouvrières qui les desservent, dans des conditions de ventilation et de salubrité souvent déplorables. L'attention de l'autorité compétente doit être attirée une fois de plus sur cette situation. Le gouvernement est, nous parait-
(1) Les habitations des ouvrières à domicile, que nous avons visitées dans les campagnes des environs de Leuze, nous ont laissé une impression généraement plus favorable que celles de la région flamande.
il, sulFisamment armé, s'il le voulait, par la loi dti 2 juillet i899, pour tenter de réaliser d utiles améliorations sous ce rapport. Mais on peut se demander si le législateur, trop soucieux de faire respecter le principe de Tinviolabilité du domicile, n a pas été mal inspiré en exceptant du domaine de cette loi les ateliers familiaux^ aussi, si pas plus pernicieux que d'autres pour la santé de ceux qui s'y emploient.
L'industrie du tricot ne donne lieu à la manipulation d'aucunes matières nocives. Le maniement de la machine à tricoter n'a rien de dangereux non plus, ni de particulièrement fatiguant. Pour l'actionner, l'ouvrière est debout et manoeuvre un levier de droite à gauche. Ce mouvement, s'il était continu, deviendrait fatiguant à la longue. Mais il est interrompu par de fréquents repos, qui sont imposés notamment à l'ouvrière par les « diminutions » qui s'exécutent à la muin au moyeu d'un poinçon. Le travail debout peut nuire à la santé de certaines ouvrières, les femmes mariées, par exemple, quand elles sont enceintes.