II. Milieu démographique
Cest dans un centre populeux que s*est développée la branche d'industrie que nous étudions. Le canton de Hervé ne compte pas moins de 15,686 habitants, soit 255 habitants par kilomètre carré, dépassant ainsi au point de vue relatif le chiffre moyen en Belgique.
En 1902, les habitants étaient répartis comme suit dans
sommunes du es Hervé . . .
inton :
Battice . . .
Bolland . .
Chaineux . .
Charaeux . .
Thimister . .
Total .
Si la cordonnerie est répandue de façon générale dans le canton de Hervé, ce n'est qu'exceptionnellement que nous la retrouvons dans celui d'Aubel. Nous croyons préférable de ne pas faire intervenir ici des chiffres qui n'ont aucune place dans ce travail.
lU. Milieu économique.
L'activité industrielle de la banlieue liégeoise n'a pu pénétrer encore au pays de Hervé.
Ici tout change d'aspect ; on y découvre bien d'espace en espace la masse noirâtre d un charbonnage, mais à perte de vue, sur une étendue d'environ quatre lieues carrées, sur les coteaux et dans les vallons, ce ne sont que pâturages bien plantés d'arbres fruitiers. Ici peu ou point de terres ensemencées, c'est l'agriculture dans sa forme la plus primitive : c'est, dit Thomassin, un peuple pasteur qui cultive de beaux prés.
Villes et villages semblent n'avoir osé prendre que le minimum nécessaire d'un sol si riche et si productif; le grand nombre de petites et moyennes exploitations y attestent la valeur des terres (1).
Au point de vue de l'étendue :
Une petite exploitation comprend de 1 à 5 hect. de prairies Une moyenne — — de4à7 — —
Une grande — — de8àl4 — —
Les petites et moyennes exploitations sont les plus nombreuses dans le canton de Hervé, dans celui d'Aubel la proportion est moins forte comme l'indique le tableau suivant extrait du recensement agricole de 1902.
(1) La Monographie agricole du Pays de Hervé, publiée en 1900 par les soins du Ministère de rAgriculture, donne à ce sujet dlntéressants détails :
(( Beaucoup de cultivateurs sont propriétaires du bien qu'ils exploitent. Cela résulte de la grande division de la propriété qui a permis aux famiUes laborieuses et économes de devenir propriétaires.
» Actuellement, la valeur foncière des prairies est tellement élevée (de 5,000 à 10,000 francs Theetare) que c'est un fait exceptionnel de voir un cultivateur devenir acquéreur d'un bien. Le faire valoir indirect se praUque par fermage. Les biens sont généralement loués de la main a la main, excepté ceux qui appartiennent à des administrations publiques qui sont loués aux enchères.
)) Les fermes se louent pour 3, 6 et 9 ans, souvent du 15 mai au 15 mail Le prix du fermage est généralement calculé d'après le nombre de téies de bétail que Ton tient sur la ferme au moment de la location, soit de 150 à 300 francs rhectare. n