‹ L'Industrie Du Veau De Boucherie Dans La CreuseChapitre 15 sur 27 · RER · texte numérisé non relu

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avoir une bonne conformation, ce qui est facteur de la

longueur du corps, du développement des masses muscu-

-laires et de la finesse des membres, car toutes ces qualités

ont certaines chances d’être retrouvées sur le produit lui-même.

Elle doit être également une bonne nourrice pour subvenir convenablement à l’entretien de son veau.

Il peut sembler sur ce point que nous soyons en pleine contradiction du fait que les femelles des races envisagées sont généralement peu laitières : elles peuvent cependant, pendant une période plus ou moins longue, suffire aux besoins de leurs veaux.

Nous nous bornerons à énoncer les caractères laitiers généraux des femelles de l’espèce bovine. Ils se divisent

en : caractères laitiers proprement dits et en caractères

beurriers.

Les premiers sont fonction de la bonne conformation de la mamelle, de son volume, ce qui cependant n’est pas toujours un caractère certain car les vendeurs ont la mauvaise habitude, quand ils conduisent à la foire une vache en lactation, de la laisser un et même plusieurs jours sans la traire au risque de provoquer des accidents ou des maladies. LE

La souplesse de la mamelle ainsi que la finesse de la peau sont des caractères plus constants ; la corne basse est également un caractère assez certain et assez constant.

Les caractères beurriers sont généralement beauccup

plus constants et certainement plus importants. Ils

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sont accusés par l’onctuosité de la peau et le furfur épidermique qui existe même sur des animaux bien pansés.

Une importante quantité de sebum dans le pavillon de l'oreille, au pourtour des paupières et quelquefois même des naseaux sont des caractères qui ne font jamais défaut.

Cette aptitude laitière est assez souvent susceptible d'amélioration par une modification du régime et une alimentation appropriée ; l’adjonction d’une forte proportion de racines ou de tubercules à la ration des vaches en lactation augmente souvent considérablement la production de lait.

Le son et les décoctions de tourteaux oléagineux augmentent la proportion de matière grasse du lait.

Pendant l'hiver l’administration de buvées tièdes ou de pâtée de pommes de terre cuites, vulgairement appelée « brenade » atténuent considérablement les méfaits de la température. |

Le choix des géniteurs mâles fut longtemps inexistant ; il y a peu d’années encore le taureau assurant la saillie dans une exploitation ne faisait l’objet d’aucune attention particulière ; il n’était, le plus souvent, que l’un des veaux mâles, né et élevé à la ferme en attendant qu'il soit castré vers 15 ou 18 mois pour être ensuite dressé comme bœuf de trait.

Ces animaux vivaient pendant la belle saison au pâturage avec les vaches dont ils assuraient la saillie

en semi-liberté. Cette façon de faire a, de nos jours,

po

presque complètement disparu et les jeunes mâles ainsi

conservés sont castrés assez jeunes vers l’âge de 10 ou 12 mois et sont engraissés pour la boucherie vers 18 mois ou 2 ans. |

Certains éleveurs, mieux avisés, entretiennent cependant depuis déjà de nombreuses années des animaux de race pure ou, au moins, améliorée, uniquement comme reproducteurs. Quoique peu nombreux au début, ceux-ci ont grandement contribué à l’amélioration de la population bovine creusoise.

Ces animaux de race pure furent vite préférés aux animaux indigènes et les résultats de cette initiative privée devinrent très encourageants.

C’est alors qu’eurent lieu un certain nombre d’achats officiels dans les régions d’origine par les soins de l’Office

Agricole Départemental ; ils furent malheureusement de courte durée faute de subvention de l'Etat.

L'achat des reproducteurs de race pure est donc à nouveau remis presque uniquement à l'initiative privée et s’ils sont parfois moins judicieux ils ont au moins

l'avantage du nombre,

Les éleveurs s’approvisionnent en reproducteurs mâles dans les foires et les marchés des régions voisines : Chateaumeillant et Culan dans le Cher, La Châtre dans l’Indre pour ceux de la race charolaise. Certains n’hésitent même pas à faire venir ces animaux par le train de la Nièvre ou du Cher. Ces animaux avaient atteint des

prix très élevés il y a quelques années, aussi les éleveurs

de ces régions avaient-ils développé leur production d’une façon intensive sans tenir compte absolument de la qualité. Depuis quelques années le commerce accapare ces animaux et il n’est pas rare à l’heure actuelle de voir exposer aux foires de Boussac des lots de taureaux de très belle qualité et à des prix abordables, ce qui facilite considérablement l'acheteur.

Les éleveurs de la race limousine s’approvisionnent aux foires de Nexon, Saint-Léonard, aux foires et foiresconcours de Limoges et, dans bien des cas, ils n’hésitent pas à faire le chemin à pied pour se procurer ces animaux.

Les géniteurs mâles sont généralement la propriété de gros éleveurrs mais aussi d’un assez grand nombre d’exploitants moyens. Il existe également, dans beaucoup de localités, un ou plusieurs taureaux appartenant au Syndicat d'élevage ; ils sont mis en dépôt chez l’un de ses membres.

Les géniteurs mâles font généralement l’objet de soins particuliers, gardés pour la plupart en stabulation permanente et abondamment nourris, ce qui entraîne des frais assez importants.

La première qualité recherchée est surtout une grande fécondité ; pendant longtemps l’opinion populaire considéra ceux des races améliorées comme moins féconds que les autochtones ; ce n’était certainement qu’un préjugé qui s'était accrédité du fait que les animaux effectuaient chaque jour un nombre de saillies considérable.

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Les Limousins sont généralement plus lascifs que les Charolais et, partant, ils sont peut-être un peu plus féconds.

L'âge intervient également et les animaux jeunes

sont généralement plus lascifs que les vieux.

Il importe cependant de ne pas faire assurer trop Îfréquemment la monte par des animaux très jeunes qui s’épuisent vite, se déforment par l’abus du cabrer qui lui fatigue les jarrets. Cette fatigue peut même devenir la source de douleurs ou de maladies des arti-

culations qui les poussent à refuser la saillie.

Les animaux trop âgés deviennent généralement lourds et indolents, mais, aussi, assez souvent, d’un caractère difficile surtout ceux de la race limousine. Ils deviennent de ce fait inutilisables pour la monte.

- Les principales qualités que doit présenter le taureau sont surtout une bonne santé et une bonne conformation. La bonne conformation est surtout le fait d’une bonne origine s’appuyant sur une longue hérédité et, si la plupart des reproducteurs mâles entretenus en Creuse présentent une bonne conformation, trop peu encore

trouveraient leur origine inscrite dans un Stud-Book.

Les imperfections sont souvent masquées ou dissimulées à l’occasion de la vente sous un état d’emborpoint exagéré. Les gros prix atteints par ces animaux ont souvent poussé les éleveurs à garder des animaux mâles

sans origine bien déterminée; les produits donnés par

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ces animaux sont quelquefois assez bons mais les résultats manquent le plus souvent de constance. as

En réalité ces animaux ne représentent qu’une valeur fictive mais ne sont pas, à proprement parler, des améliorateurs, c’est-à-dire : des raceurs.

Il faut signaler chez les animaux de race charolaise une conformation qui serait à rechercher dans la production du veau de boucherie : ils ont un développement prédominant du train postérieur sur l’antérieur. Le type exagéré de cette conformation dénommé vulgairement sous le terme de «veaux à croupe de poulain ».

Ces animaux encore appelés « culards » ont une grosse prédominance du système musculaire sur le système

osseux et sont donc le type parfait de l’animal de boucherie. ae

Ce caractère est généralement très fortement héréditaire, malheureusement il est peu recherché car, bien que les produits soient de conformation exceptionnelle, ils sont généralement peu vigoureux à la naissance. La mortalité est toujours importante et la parturition des mères est souvent laborieuse.

La fécondité de ces animaux fortement spécialisés est toujours atténuée.

En somme, cette conformation, malgré ses avantages multiples, laisse souvent pas mal de mécomptes et fait préférer des animaux moins parfaits mais plus rustiques.

La monte se fait en mains ou en semi-liberté suivant

la docilité des animaux. Par suite du poids considérable

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atteint par les taureaux vers la fin de leur carrière et souvent, en considération de la faiblesse des vaches présentées à la saillie, les propriétaires ont été obligés de construire des cadres, ou espèces de « travails » de fortune constitués généralement par quatre poteaux de bois réunis latéralement par des traverses qui permettent au mâle d’appuyer ses antérieurs pendant la saillie. Malgré les frais d’entretien assez élevés, le prix de la saillie reste généralement assez bas.

Le nombre des saillies est assez Ne surtout pendant la belle saison, pouvant quelquefois aller jusqu’à 6 ou 8 par jour. er

Les animaux sont utilisés pour la saillie depuis l’âge d’un an jusqu’à trois ans, rarement au delà. En effet, les Charolais deviennent lymphatiques, lourds, paresseux et manquent d’ardeur ; les Limousins deviennent au contraire d’un caractère difficile, ils sont générale-

ment réformés pour l’une ou l’autre de ces raisons.

Ils sont alors engraissés définitivement et, le plus

souvent, livrés à la boucherie sans être castrés.

Les propriétaires utilisent quelquefois des taureaux de deuxième génération qu’ils élèvent. Les résultats sont quelquefois assez bons mais manquent le plus souvent

de régularité dans les produits.

Ce mode de reproduction n’est pas à préconiser car les animaux vivant dans nos régions manquent encore

de fixité dans les caractères de leur race. Les animaux

Duplaix 6

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élevés dans la région grandissent fréquemment en os aux dépens du muscle. Les paysans leur attribuent une

fécondité plus grande qui n’est du reste pas prouvée.

B. Choix du produit

Les veaux de lait engraissés pour la boucherie sont les produits nés de vaches entretenues à la ferme et en surnombre de ceux destinés à l’élevage : soit en vue de remplacer les mères, soit pour être engraissés par la suite comme adultes. :

La région montagneuse constituant le plateau du sudest du département n’élève que très peu d’adultes : presque tous les veaux sont livrés à la boucherie et les propriétaires achètent même des veaux nouveaux-nés auxquels ils donnent souvent une ou deux nourrices ou | bien le lait de celles-ci et pratiquent une opération qu'ils dénomment : « repoussage ».

L'époque des naissances se répartit sur toute l’année mais il est un fait courant que les vaches mettent plutôt bas pendant la belle saison, du mois de mars au mois de septembre. Malheureusement, depuis un certain nombre d’années, la vaginite granuleuse et l’avortement infectieux ont rompu cette régularité dans-un grand nombre d’élevages.

Le poids des veaux à la naissance est assez variable : ceux de race limousine naissent plutôt petits, d’un poids moyen de 35 à 40 kgr., tandis que ceux de race charo-

laise pèsent couramment de 45 à 60 kgr. Exceptionnel-

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lement ils dépassent ce poids qui peut atteindre 70 kgr.

Quand le produit atteint ces poids énormes, sa vie est souvent compromise au cours de l’accouchement et bien souvent aussi celle de la mère.

Quand ils viennent à bien ils se développent toujours d’une façon rapide et sont de qualité exceptionnelle, ils donnent un gros rendement de viande.

Les vaches mettent bas à l’étable, rarement au pâturage. Elles font alors l’objet d’une surveillance assez active de la part de l’éleveur.

Dès que la vache s'apprête à mettre bas, ce qui-est annoncé par une montée du colostrum et un durcissement de la mamelle, elle est gardée à l'étable, avec souvent un souci exagéré qu'elle ne prenne froid ; la litière sous elle est tenue généralement assez propre.

Aussitôt après sa naissance et le cordon coupé (ou rompu par élongation) le veau est porté sous le nez de la mère qui le sèche en le léchant. Il ne tarde pas à se mettre debout.

La vache est encore surveillée jusqu’à ce qu’elle aït complètement rejeté les enveloppes fœtales, de crainte qu'elle ne les mange et surtout, précaution bien souvent inutile, hélas ! qu’elle ne renverse sa matrice.

Lorsqu'il s’agit de primipares, il faut souvent un cer- - tain temps pour habituer la vache à son petit ; quelquesunes refusent même de le lécher, il est alors quelquefois nécessaire de le leur retirer de crainte qu’elles lui causent

des blessures.

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. Au bout de 2 à 3 jours, le veau est retiré du voisinage de sa mère, souvent attaché dans une travée derrière elle et n’est plus lâché sous la mère qu’au moment de ses repas. ; 2 |

Il est assez rare de rencontrer dans ces régions une maternité pour loger les parturientes et, quand elle existe, ce n’est qu’un réduit souvent beaucoup plus insalubre que l’étable elle-même.

Il n’existe généralement pas de box sombre pour le logement des veaux à l’engrais mais l’étable est cependant souvent normalement sombre parce qu’elle est. basse et de conception ancienne.

Malgré ces déficiences et ces imperfections, les résultats sont généralement bons comme nous le montrerons plus loin. | |

Les caractères permettant de discerner les veaux qui auront une bonne venue sont loin d’être spécifiques car ils tiennent non seulement aux caractères propres du produit mais aussi — et surtout — à son alimentation. ;

Les produits nés de parents orientés vers la production de la viande, apportent en naissant cette faculté essentielle, mais il y a là un facteur individuel difficile à apprécier dès le jeune âge. La bonne santé est un des facteurs prépondérants ; les animaux présentant des suppurations du cordon ombilical ou de la bouche, des articulations tuméfiées, font toujours, quand ils ne

meurent pas, des animaux de boucherie médiocres.

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Le facteur poids a une importance très marquée comme nous le montrerons dans un autre chapitre. La préférence doit donc surtout aller aux animaux trapus, bien musclés, à la côte ronde, au corps allongé

avec un flanc petit, le ventre bien soutenu et les membres courts avec des canons fins. Ceux dont la raie dorso-

lombaire est fortement accusée et en dépression très

__ marquée sur les muscles des régions environnantes, sont

généralement excellents et se développent vite.

Lorsqu'ils présentent ces caractères, les animaux sont généralement précoces et peu exigeants pour la nourri-

ture.

‘Il ne faut pas perdre de vue que la principale qualité exigée d’un veau de boucherie c’est de présenter une chair rose pâle presque blanche. Il doït donc être, en quelque sorte, anémique : donc choisir les veaux qui ont un réseau veineux peu gorgé de sang ce qui s’observe en regardant les oreilles par transparence ; la conjonctive, les muqueuses buccales et anales doivent toujours

être extrêmement pales.

Les animaux les plus calmes avec le poil terne et une tendance naturelle à la frisure sont les meilleurs. Au repos, après les repas, ils ont souvent le poil moite, parfois franchement mouillé ; cette transpiration reflète presque toujours une grande activité des sécrétions et un travail de digestion très actif. Enfin, ils assimilent dans de fortes proportions.

Ceux ne présentant pas cet ensemble de caractères,

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s’ils sont convenablement alimentés, peuvent cependant parfois se développer assez vite, accuser un accroissement de poids assez rapide. Ils présentent toujours une qualité moindre et une viande de mauvais aspect. Les bouchers les désignent sous le terme de « broutards »

Cependant, si ces animaux cherchent à ingérer de la paille ou des aliments grossiers c’est qu'ils reçoivent une

alimentation lactée insuffisante.

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