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C. Alimentation du veau

La base de l’alimentation du veau étant constituée par le lait naturel ou par celui d’une nourrice ou bien encore par des dérivés ou des succédanés du lait, cette opération est dénommée allaitement.

Nous l’envisagerons sous ses trois modalités :

1° Allaitement naturel,

20 Allaitement artificiel,

39 Allaitement mixte.

Allaitement naturel. — Il est le mode le plus général. Le petit s’abreuve directement au pis de la mère (allaitement maternel) ou à celui d'une nourrice (allaitement mercenaire).

Ce dernier est assez rarement pratiqué, sauf dans quelques cas pendant la période d’engraissement, comme alimentation de complément à l'allaitement maternel,

dans le but d'augmenter la ration du jeune veau.

Il est aussi, parfois, exceptionnellement, pratiqué dans le cas où la mère est utilisée industriellement, ce qui est: rare dans ces régions, ou quand la mère est atteinte d’agalaxie. se

Les marchands, et, quelquefois aussi, les propriétaires adjoignent à une vache en lactation le veau d’une vache de moindre valeur, ceci, la plupart du temps, dans le but de la vente, de façon à augmenter sa valeur.

allaitement maternel présente lui-même deux formes:

L’allaitement libre qui n’est généralement pas pratiqué <ar il ne serait possible que pendant la belle saison, quand les animaux vont au pacage. Bien que rationnel, il ne convient cependant pas pour l’engraissement parce qu’il est impossible à contrôler. Il fatigue à la fois le jeune et la mère qui n’ont jamais de repos.

L’allaitement maternel réglé est le mode le plus général et le plus souvent pratiqué. C’est une opération qui a lieu sous la direction et le contrôle de l’éleveur qui en règle le rythme.

Il est d’ailleurs le seul à peu près exclusivement utilisé dans ces régions pendant que dure l’engraissement du jeune veau pour la boucherie, tout au moins pendant tout le temps que la mère peut suffire à l'entretien convenable de son produit. |

Dans ce mode d’allaitement les veaux sont tenus éloignés des mères bien que, le plus souvent, logés dans le même local que celles-ci, souvent dans un coin retiré

de l’étable ou dans une travée située derrière elles.

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Nous l’avons déjà dit, dans beaucoup d’étables cette travée est beaucoup trop étroite et en marge d’une hygiène bien comprise, surtout dans la partie montagneuse du département où les bâtiments sont de construction ancienne. : G

Les animaux sont lâchés sous les mères plusieurs fois par jour pour prendre leurs repas.

Le nombre des repas, ou tétées, varie Sn les localités et les coutumes du pays. Généralement ce nombre est réduit à deux ou trois, rarement quatre repas par jour. Le nombre des repas ne semble pas avoir une grande importance sur le développement du jeune. Un certain nombre d’observations que nous avons faites sur des veaux ne tétant que deux fois par jour, nous ont donné des résultats très satisfaisants. La régularité des repas a, par contre, une importance beaucoup plus marquée ; il est un fait certain, c’est qu’il s’établit vite un rythme dans la fonction d’absorption et de digestion, de même que dans celui de la sécrétion lactée chez la vache. |

Il est un fait d’observation courante que les mères demandent régulièrement leurs veaux aux heures auxquelles elles ont été habituées, ceci souvent avec une fixité d’horaire étonnante. De même, si l’heure est retardée, le veau tire sur sa longe, tâche de se libérer de ses attaches, s’agite, se débat, dépense donc de l'énergie aux dépens de sa ration ; libéré, il se précipite gloutonne-

ment sous la mère, tête plus vite, avec force coups de

At

tête, insalive moins bien la quantité de lait qu’il prend dans un temps beaucoup plus court. :

En général, après avoir tété, 1l restera beaucoup plus longtemps debout, incommodé par cette masse de lait.

Le premier repas, celui du matin, a lieu avant celui de la mère, vers six ou sept heures et celui du soir dans les mêmes conditions vers dix sept ou dix huit heures. - La durée du repas varie avec Ja force du veau entre 20 et 25 minutes.

| L'activité de la tétée se ralentissant progressivement à mesure que l’estomac se remplit, et bien souvent lorsque l’animal est repu, il se retire de lui-même, s’il ne trouve plus dans la mamelle qu’une nourriture insuffisante il s’acharne à téter sans amener de lait ou cherche auprès des autres vaches.

. Ce rythme dans l’alimentation a certainement une grande influence sur le développement des jeunes, entrainant une véritablegymnastique fonctionnelle des organes.

Les réservoirs digestifs, même chez les jeunes, ont une élasticité considérable permettant d’emmagasiner une quantité considérable de nourriture.

Par contre, le travail de digestion et d’assimilation qui s'effectue dans la caillette et l'intestin est lent, complexe et grandement favorisé par un long repos.

Le nombre des tétées pourrait être augmenté dans le but d’augmenter la sécrétion lactée de la mère, comme l'ont prétendu certains auteurs. Nous ne croyons pas

qu’il y ait un grand avantage de ce côté, car l’aptitude

laitière tient surtout à la race, à l'alimentation et surtout à un facteur individuel. | Il ne faut pas perdre de vue que la mamelle est une

glande à sécrétion holocrine et que les éléments de cette

sécrétion, une fois excrétés, demandent un repos assez

long pour se reconstituer.

Le rationnement, c’est-à-dire la quantité de lait que le

veau doit absorber chaque jour pour se développer nor-

malement jusqu’à sa destination pour la boucherie, est assez difficile à contrôler par ce mode d’allaitement.

Le but le plus souvent poursuivi étant l’engraissement en vue de la boucherie, l'alimentation doit être poussée au maximum ou tendre à s’en rapprocher. Elle

est limitée dans la pratique par la capacité digestive du

jeune animal, et plus souvent, par la quantité d’ali-

ment à lui fournir bien souvent par l’aptitude laitière de la mère. $

Nous avons cherché à déterminer ce rationnement par barymétrie ; nous avons fait peser un certain nombre de veaux, avant et après la tétée,

Pour cela nous avons utilisé une cage à claire-voie sur le plateau d’une bascule et nous avons été surpris par la docilité des animaux qui se prétaient vite sans difficulté à ces opérations.

Is faisaient deux repas à heure fixe, un le matin vers 7 heures et l’autre le soir, vers dix sépt heures. La différence de poids après et avant la tétée nous donne ainsi

la quantité de lait ingérée à chaque repas.

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