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inconvénient que les farines et demande, pour être administrée, une préparation culinaire assez longue et compliquée. |
Les poudres de viande sont peu employées ; d’un prix assez élevé, elles s’émulsionnent difficilement.
Le rix cuit ou cru est assez souvent distribué soit en nature, soit en bouillies. Il a les mêmes inconvénients que les farines.
Les bouillies de pain sont quelquefois utilisées car elles ont un avantage : la cuisson détruit assez souvent une partie des ferments.
Les œufs aussi sont quelquefois donnés, en nature ou battus. Ils excellents, malheureusement le procédé est coûteux.
L’allaitement artificiel, sauf dans les cas de lait complet, ne peut être utilisé qu’assez tard et seulement pendant le 2€ mois de l’existence du jeune. Il n’est intéressant que dans les régions où la vache est utilisée industriellement ou par les propriétaires qui vendent le lait
frais au litre dans les villes.
Allaitement mixte. — L’allaitement mixte, généralement combinaison de l’allaitement maternel, avec l’allaitement artificiel, est quelquefois employé dans ces régions pendant les dernières semaines de l’engraisse- . ment. Lorsque le veau ne trouve pas suffisamment de lait dans le pis de la mère et qu’il ne peut être mis sous une nourrice, soit que celle-ci ne veuille pas l’accepter ou
qu’elle soit avancée de gestation.
* Le veau tête d’abord sa mère, ensuite l’éleveur lui distribue une ration de complément. | | Les aliments de complément le plus fréquemment employés sont ceux déjà cités pour l'allaitement artificiel, mais dans tous les cas où la ration peut être complétée par du lait de vache, le rendement est toujours meilleur, les jeunes se développent régulièrement comme s’ils recevaient de la mère seule la quantité totale de lait. Le veau faisant l’objet de l’observation n° IV recevait, dès le début du 2® mois, 2 litres de laït par jour après avoir tété sa mère : il garda un développement régulier et un accroissement de poids journalier constant jusqu’à sa destination pour la boucherie. Il présente une augmentation de poids de 60 kgr. en 54 jours pour une consommation totale de 532 kgr. de lait.
Ill. Résultats
Les veaux ainsi élevés jusqu’à l’âge de deux mois à deux mois et demi, ont donc une destination différente
suivant les nécessités.
A. Débouchés
Un certain nombre est conservé pour l’élevage car il faut songer à renouveler les mères qui vieillissent et dont la durée économique ne va guère au delà d’une douzaine d’années. |
EST EEE au EN PAR ET A
29 D’autres sont destinées, suivant les régions, à devenir des animaux de travail ou à être engraissés comme adultes.
Le nombre des jeunes destinés à l’élevage varie avec les ressources fourragères de l’exploitation. Dans les propriétés de faible importance il est encore souvent limité par le défaut de logement quand la propriété s’est accrue au’delà des bâtiments nécessaires à l’exploitation.
Il est surtout important dans les vallées plus larges et plus riches de la Petite Creuse et les vallées de la Gartempe et de la Tarde.
Ces régions vendent peu de veaux pour la boucherie, la plupart étant gardés pour être engraissés adultes au pâturage ou à l’étable.
Dans bien des cas, les jeunes destinés à l’élevage ne sont pas spécialement choisis mais ce sont souvent des animaux osseux qui ne feraient que peu d’argent pour la boucherie. Dans beaucoup de cantons, ils sont encore choisis parmi les moins bien en chair sous prétexte qu’ils seront plus vigoureux et feront de meilleurs animaux de travail.
Beaucoup-de veaux femelles sont gardés du fait d’une aptitude laitière plus marquée de la mère, sans souci de la bonne conformation de celle-ci. Ce choix devrait être mieux orienté de façon à avoir des animaux plus parfaits et les éleveurs y trouveraient alors leur compte en les vendant maigres aux emboucheurs des régions voisines.
Ces animaux continuent à téter leur mère jusque
vers 4 où 5 mois, mais souvent, ils à ne men qu “une Fe
alimentation insuffisante vu la faible quantité de lait sécrétée par celle-ci et ils subissent un sevrage progressif, Aussi, dans ce cas, convient-il de n’élever que les veaux nés au printemps qui sont fortement nourris pendant l'été quand les mères vont au pâturage. Ils peuvent ensuite être mis dans les prés à la saison des regains qui sont encore tendres, de façon que les réservoirs gastri- É ques soient préparés à subir une alimentation sèche et déprimante pendant l’hiver. ;
3° Enfin, les animaux qui font excédent à l'élevage sont livrés à la boucherie assez jeunes pour les raisons que nous avons déjà exposées. Les cantons les plus montagneux fournissent le plus grand nombre et les meilleurs
veaux de boucherie.
B. Commerce des veaux de boucherie.
Les propriétaires, surtout depuis ces dix dernières années, vendent leurs animaux dans leurs étables à des marchands des localités les plus voisines. Ce mode de vente s'explique par une diminution des frais généraux ; de transport, droits de place et parce que les animaux présentés paraissent souvent meilleurs car ils viennent de prendre leur repas.
Ce sont, cependant, autant de considérations que les marchands ne manquent jamais de faire valoir dans leur prix et ils ont grandement favorisé cette manière de faire parce qu’ils y trouvent certainement leur compte.
En ent
Les propriétaires, eux-mêmes, la préfèrent bien souvent parce que la vente se passe dans le secret le plus
complet et sans longs débats comme cela a lieu sur la foire. Ne 7 = Dans quelques régions du sud du département, les veaux sont encore exposés sur les foires et il faut citer, parmi les mieux approvisionnées, celles de Bourganeuf, = Bénévent l'Abbaye, le Grand Bourg, Fursac. Il y a peu d’années encore, Boussac, Chénerailles, Jarnages,
Châtelus-Malvaleix et Bonnat possédaient également des marchés où le commerce des veaux ne manquait pas d'activité.
Bien que ces dernières régions produisent une marchandise de bonne qualité, il semble difficile, à l’heure actuelle, de rendre l’ancienne activité de leurs foires, ce qui demanderaït de gros efforts d'encouragement qui,
sans doute, ne sont pas impossibles.
Marchands et producteurs y trouveraient leur compte par un Choix d’animaux qui, exposés côte à côte, pourraient être plus facilement comparés entre eux et ainsi, jouerait la libre concurrence.
Les marchands s’approvisionnent également dans les départements limitrophes, aux foires de Laurière et de
- Châteauponsac en Haute-Vienne, à Giat, dans le Puyde-Dôme, dans certaines localités de l’Indre et du Cher.
Les veaux sont livrés à la boucherie assez jeunes, vers
deux mois ou deux mois 1/2; exclusivement nourris
Duplaix 8
avec du lait, ils présentent un maximum de rendement en viande d’une sapidité extrême. |
Dans les cantons du sud du département et dans ceux | qui sont limitrophes de la Haute-Vienne, les veaux sont souvent gardés jusqu’à 3 mois avant d’être vendus pour la boucherie; généralement plus petits, ils sont moins exigeants en nourriture et c’est bien à cet âge que la vente est avantageuse et économique car la plupart des. vaches arrivent à elles seules à entretenir convenablement leurs produits jusqu’à cette époque.
Au delà, les animaux deviennent coûteux à entretenir et, à un âge plus avancé, ils grandissent aux dépens de leurs réserves de graisse accumulée et perdent ainsi de leur qualité. |
Les veaux pesant de 110 à 120 kgr. ont la préférence des marchands mais il n’est pas rare d’en rencontrer ayant un poids brut qui dépasse 150 kgr.
Le poids brut n’est intéressant que s’il est lié à une bonne qualité, sinon le prix au kilo est toujours inférieur quand la qualité est médiocre. De plus, la vente des animaux médiocres est toujours beaucoup plus difficile.
Le prix se débat soit sur le prix du kilo (plus fréquemment du demi-kilo) de poids vif, suivant la qualité de l’animal, soit sur la valeur globale du veau; cette der- . nière façon désignée par les éleveurs sous le terme de « vente à la poignée ».
Les cours des veaux de boucherie sont influencés par
ceux de la viande morte sur le marché des Halles Cen-
A ltrRe teer
trales, à Paris. Ils sont plus élevés au printemps et à l'automne alors que la production est moins intense, mais par rapport à ceux des autres animaux, ils sont assez constants. ET
Après avoir atteint, il y a quelques années, les chiffres très élevés de 1.000 à 2.000 francs, ils sont actuellement stabilisés autour de 1.000 francs. |
Le marchand apprécie généralement le poids du veau au coup d’œil : c’est une affaire d’habitude des évaluations, d'éducation professionnelle et, surtout de certaines prédispositions individuelles.
C’est le poids net qu’envisage tout d’abord le boucher. Connaissant celui-ci et le rendement, il remonte au poids vif sur lequel il paiera l’animal. Avec l’habitude, il arrive à évaluer le poids d’un veau à 1 kgr. ou 1 kgr. 1 /2
près.
Appréciation de la qualité. — La qualité la plus recherchée pour la viande du veau de boucherie est surtout la chair rose pâle et même complètement blanche : en somme un veau de bonne qualité doit présenter une viande anémique. Il se reconnaît surtout à l’examen de l’œil, la conjonctive présente un réseau veineux peu gorgé de sang et est d’un blanc porcelaine. Egalement, les muqueuses buccales, anales et périnales sont en général très pâles.
Le marchand procède donc à l’examen de l’animal par
un coup d’œil d’ensemble, appréciant la conformation
et le développement des masses musculaires; puis il # bouche l'animal, examinant en même temps l’œil, en. 234
regardant la fermeté des gencives et le développement SEE
des cornes qui doit être à peine marqué; il procède
ensuite à l'examen des maniements dont les plus souvent 5 consultés sont le dessous de la langue, le travers qui e x renseigne sur l'épaisseur des muscles lombaires, rend "1424 ‘compte également de la grandeur du flanc et fixe enfin : sur le rendement ; ensuite il palpe les abords de l’entre-
fesson.
L'examen se termine par le soulèvement de la queue be 4 et en tirant sur une toufie de poils entre le pouce et "0 l'index : un poil terne et s’arrachant sans effort traduit toujours un animal fin gras. | “4
La marque a lieu au ciseau soit sur la croupe seule,
soit sur la croupe et l’épaule.
Principaux centres d’abatage. — Ces centres sont très disséminés en Creuse. Les veaux sont abattus dans 16 abattoirs publics : Aubusson, Auzances, Bellegarde, Bénévent, Bonnat, Bourganeuf, Boussac, Chénerailles Chambon, La Courtine, Dun-le-Palleteau, Evaux, Fel- : letin, Guéret, Gouzon, La Souterraine.
Pour les années de 1927 à 1932, leur nombre s’est élevé à 20.848 provenant d’abattoirs publics et à 41114
provenant de 203 abattoirs privés, soit un total de 61.962 animaux. ù
PE it ee NC Eee Ltée US DT pa K
ace Principaux débouchés. — Sur ce total de 61.962 veaux
abattus, 29.542 ont été consommés dans le département
et le reste 32.420, soit un peu plus de la moitié, ont été livrés au commerce, c’est-à-dire expédiés pour être
débités dans les grandes agglomérations.
Paris en reçoit la plus grande partie mais quelques
envois sont faits à destination des villes industrielles du
nord de la France : Lille, Roubaix, Tourcoing et de
l’est : Villerupt (Meurthe-et-Moselle).
ci En somme, la consommation locale est un débouché
certain qui absorbe un peu moins de la moitié de la
__ production, le reste étant mis sur le marché en dehors
LE du département et, le plus souvent, aux Halles Centrales,
à Paris qui réglent généralement le prix de la production.
Rendement. — On appelle rendement d’un animal de boucherie, le rapport entre son poids vif et le poids de viande net. ;
Fe poids net est celui des quatre quartiers de viande
“de l'animal habillé et refroidi.
Le poids vif est celui de l’animal sur pied, au moment de l’abatage. Il s’exprime par le rapport du nombre de kilogrammes de viande nette pour 100 kgr. de poids D
Le veau faisant l’objet de l’observation n° IV fut abattu le 6 juin 1934 pesant 105 kgr. et donna 68 kgr. de viande nette, soit un rendement de 65 %. .
li :
Les autres éléments constituant le 5° quartier pesaient | | ë
respectivement :
Tête RS kilogrammes Pieds re Cuir | Has Fressure 7 —
il restait donc, sang et déchets : 15 kilogrammes.
Tous ces éléments, tête, cuir, pieds, sont assez constants comme poids.
Si le veau limousin a le cuir plus épais, plus plissé que le veau charolais, il a l’os plus fin et, par conséquent, tête et pieds moins lourds, ce qui fait que dans les deux races les rendements sont sensiblement égaux.
Par contre, la fressure, les déchets et la quantité de sang sont variables avec l’âge et font que les animaux âgés et sous-alimentés ont un rendement moins élevé que les jeunes de 6 à 8 semaines par exemple.
De même, le veau abattu alors que les réservoirs digestifs sont encore pleins, ne porte pas moins de 5 à 6 kilogrammes de lait, ce qui diminue considérablement son rendement.
Le poids net moyen des veaux abattus en Creuse est de 75 kgr. mais il peut atteindre 95 à 98 kpr.
La moyenne de rendement est comprise entre 60 et 65 % avec minimum de 55 %. Certains animaux exceptionnels ayant généralement une forte prédominance des masses musculaires du train postérieur, atteignént le rendement formidable de 68 et même 70 %,. On les
rencontre en Creuse dans la proportion de 5 à 8 %. Produite avec une alimentation exclusivement lactée, la viande du veau creusois est de première qualité, toujours très blanche et d’une sapidité exceptionnelle, Outre sa blancheur, elle est caractérisée sur la côte et sur la longe par une couche graisseuse qui, sur ces animaux habillés après soufflage a une apparence neigeuse. Sur la carcasse ouverte, le rein est noyé dans une énorme masse de graisse. Le mésentère, accroché au diaphragme, - donne le degré de graisse.
Les principaux centres d'’expéditions, avec chiffre
moyen des veaux expédiés par chacun d’eux, sont :
Saint-Etienne de Fursac 2.800 Bourganeuf 1.700 Saint-Sébastien 1.300 Felletin 1.200 Saint-Vaury 1.200 Auzances 1.150 Bussière-Dunoise 1.100 Guéret 1.050 Sainte-Feyre 950 Fresselines 940 Montaigut-le-Blanc 910 La Souterraine 902 :
Saint-Sulpice-le-Dunois 900 Marsac 860 Mourioux-Vieilleville 850 Dun-le-Palleteau 820 Châtelus-Malvaleix 810 Aubusson 800 Saint-Maurice 800 Soumans 780 Boussac 752 Saint-Pierre-de-Fursac 720 Crocq 700 La Courtine 700 Saint-Sulpice-le-Guérétois 675 Châtelus-le-Marcheix 650 Crozant | : 640 La Celle-Dunoise 630 Azérables 610 Chénerailles 600
Saint-Marien 580
er ee 2 2001: RACE
Mérinchal » UE: 500
Anzême S L'ART *: 22 #480:
Pontarion 400
Bosmoreau SALES LE
Saint-Dizier-Leyrennes SRE RNEES 250 SE
Saint-Hilaire-le-Château AN 250 VA etc... etc...
Le poids total de viande nette expédiée s’élève à 2.400.000 kilogrammes. |
Le marché de cette viande abattue se passe aux Halles
Centrales, à Paris, comme nous l'avons Vu, loin du lieu de production d’où nécessairement, un transport long et coûteux. Sen
Moyens de transports. — Les centres d’abatage se
trouvant très disséminés, dans le département, l’expédi-
tion de la viande morte était, il y a peu d’années encore,
une chose compliquée, une difficulté encore accrue du fait que certains abattoirs se trouvent éloignés de plus de 20 km. de toute gare. : |
Pendant longtemps il fallait compter avec l’ it
de la viande, or celle du veau, soufflée très blanche, se :
souille vite au contact des linges plus ou moins propres. C’est elle qui, certainement, supporte le moins les manipulations successives.
La mise en circulation sur les réseaux de wagons isothermes permettant le transport de la viande à nu, fut une considérable amélioration dans l’expédition, mais elle ne facilitait que les centres d’abatage directement desservis par le chemin de fer. |
— HSE
Des entrepreneurs de transports none donc de procéder au ramassage de la viande dans les différents abattoirs et d’en assurer directement par la route le transport, du lieu de production au lieu de vente, mais, en raison des grandes distances à parcourir, ils eurent pas mal de déboires et durent renoncer à assurer un service régulier. Eee
L'idée du ramassage de la viande avait cependant fait son chemin, mais au lieu de la transporter directement par la route, la viande, une fois ramassée, est embarquée dans un centre, actuellement La Souterraine, à destination de Paris.
La Société des cadres réfrigérés, rail el route, 26 rue des Champs-Elysées à Paris, a équipé des camions de ramassage et la Compagnie Paris-Orléans a mis en service des « cadres » ou « containers » qui sont des caisses en métal ou en bois permettant le transport des xmarchandises sans transbordement par fer et par eau.
Ces caisses, à parois isolantes de manière à assurer une isothermie parfaite du contenant, sont appelées à transporter à température convenable des carcasses entières ou fragmentées. Elles permettent d’effectuer, par simple changement de véhicule, des liaisons rapides entre le lieu de la production et celui de la vente, empruntant à la route sa souplesse et au rail sa rapidité.
La viande est suspendue à des crochets; il suffit de quelques secondes pour passer du camion au wagon et
vice-versa, sans la toucher.
L'isolation est obtenue avec des plaques de varech.
Ce nouveau matériel mis en service en Creuse depuis peu de temps présente en outre un puissant dispositif d’aération. Les services sanitaires de la Ville de Paris ont reconnu, après enquête, une parfaite tenue à l’arrivée aux Halles des viandes transportées, particulièrement pendant la période des chaleurs grâce à l’emploi de glace sèche carbonique qui maintient les viandes arrivant sur le marché à une température de + 100 à + 15°.
Ces moyens de transport, réduisant ainsi les pertes et les avaries, favorisent grandement l’expédition de la viande abattue et plus particulièrement celle du veau. De plus les compagnies chargées de ramassage se rendent responsables des pertes.
Malheureusement les frais de transport sont très élevés et font que le consommateur paye la viande chère cependant que le prix à la production est très abordable. Le boucher lui-même est bien obligé de tenir compte de ces frais généraux élevés.
Les veaux sont quelquefois expédiés vivants dans les grands centres, mais c’est une exception pour les animaux de qualité médiocre qui, expédiés vivants, ont meilleur aspect que s'ils l’étaient abattus.
La production du veau de boucherie est surtout très active l’été, pendant les fortes chaleurs, lorsque la conservation de la viande est difficile. Les veaux, malgré que leur viande ait une moindre tenue et soit plus périssable,
sont plus demandés que les adultes, par les bouchers,
parce que, moins volumineux, ils sont plus faciles à débiter.
IV. Difficultés rencontrées dans la production des veaux de boucherie
Les difficultés le plus souvent rencontrées par l’éleveur dans la production du veau de boucherie, tiennent quelquefois au manque de lait, pour assurer l’engraissement complet des jeunes veaux.
Ce manque de laït tient, le plus souvent, au nombre trop peu important des mères, ou à ce qu’elles mettent bas pendant la mauvaise saison.
Dans ce dernier cas l’éleveur doit stimuler cette fonction par une alimentation appropriée : adjoindre des farineux ou des tourteaux à la ration.
Dans les explottations agricoles d’une certaine importance, l’éleveur doit s’arranger à échelonner les naissances de façon que chaque vache soit la nourrice du veau qui naîtra ensuite. Quand ce n’est pas possible il est obligé d’avoir recours aux aliments succédanés du lait ou aux aliments concentrés comme les œufs et les farines lactées. Mais, si les résultats sont quelquefois assez bons, les profits sont moins grands.
Les principales difficultés que l’éleveur rencontre sont les accidents et les maladies, soit des géniteurs,
soit des produits.
te # £ 6 Le £: : Fa ne a ee :
A. Les maladies des géniteurs -
Parmi les accidents nous mentionnerons d’abord ceux des géniteurs et, particulièrement, ceux survenant
aux mères qui vivent pendant la belle saison en POUR
dans des prairies accidentées. . = "DE
Les plus graves accidents sont : les coups de cornes,
les chutes et les glissades entraînant assez souvent des
fractures des membres ou des lésions moins graves, d’entorses, d’arthrites ou d’autres moins sérieuses encore comme la torsion de matrice et l’avortement accidentel.
Mais les plus communs sont ceux de parturition, beau-
coup plus fréquents surtout dans les régions où l’on élève du Charolais et occasionnés le plus souvent par des fruits
présentant un excès de volume.
L'embryotomie.permet, dans un grand nombre decas | de sauver la mère aux dépens du produit ; elle est très, souvent nécessaire et regrettable car pratiquée sur des RE produits exceptionnels qui feraient d’excellents veaux de boucherie.
Les maladies des géniteurs nuisent à la production des jeunes et très souvent la rendent même complètement impossible, tout au moins pendant un certain temps.
La vaginite granuleuse contagieuse sévit sur un grand nombre d'animaux dans tout le département, causant la stérilité momentanée ou totale d’un assez grand nombre de sujets. Elle cause un préjudice considérable à
l'élevage creusois.
Re te
C'est une maladie où les symptômes sont surtout ap-
parents chez les femelles qui présentent des granula-
tions: rouges de la vulve et surtout plus marquées autour du clitoris, s ‘accompagnant de sécrétions acides qui
“empêchent la fécondation.
Les mâles sont assez souvent atteints, présentant
quelquefois une balanite plus ou moins aiguë. Très
souvent infectés sans manifestations apparentes, ils
sont presque toujours les vecteurs de la maladie qu'ils disséminent au cours des saillies successives.
- Malgré son caractère contagieux cette maladie est
ee souvent curable mais demande un traitement
toujours assez long, durant souvent plusieurs mois, qui retarde et diminue la production des veaux.
L’avortement épizootique existe associé à la vaginite granuleuse ou seul. C’est une maladie infectieuse contagieuse due à Brucella abortus, revêtant le plus souvent la forme d’enzootie d’étable.
Le symptôme le plus apparent est l’avortement en
série et souvent répété des vaches d’une même étable
au cours des premiers mois de la gestation. Le plus
souvent cet accident survient dans la période de la gestation comprise entre le deuxième et le huitième mois; il cause des préjudices considérables dans un grand nombre d’étables et empêche souvent la production d’ une façon complète pendant une ou plusieurs années.
Il ne met généralement pas la vie des mères en 1 danger
mais il entraîne assez souvent des complications de non
mie
délivrance, 2e métrites, d’ arthrites qui font considérablement maigrir les sujets atteints. Il entraîne assez souvent la stérilité et nécessite la réforme pour la boucherie des vaches qui ne répondent plus à à leur fonction reproductive. i
Les principes sanitaires d'isolement et d’hygiène ont permis dans bien des cas graves, d’arrêter l’évolution de la maladie. La prémunition par injection d’émulsions de bacille de Bang permet dans bien des cas d’atténuer les méfaits de l’avortement en les HPDOMQNE ou
en faisant diminuer le nombre des cas.
Ce traitement est coûteux et les animaux prémunis restent dangereux pour les animaux sains et surtout pour les vaches nouvellement introduites dans l’étable. Nous avons, en effet, assez souvent constaté des cas d’avortement se produisant à la suite de l’introduction
dans une étable saine, de vaches nouvelles prémunies.
Cette maladie qui atteint également les mâles passe généralement inaperçue mais ces animaux sont sans doute des porte-germes qui favorisent sa dissémination.
L’hématurie essentielle, vulgairement dénommée en Creuse sous le terme de « pissement de sang », cause avec ses complications, l’hydronéphrose et les pyélonéphrites,
des ravages considérables dans l’espèce bovine.
Maladie à étiologie énigmatique, elle se présente sous la forme d’enzootie d’étable dont le caractère contagieux
est aujourd’hui fort discuté. Il semble que ce soit une
maladie tellurique affectant surtout les régicns élevées et pauvres en calcaire.
De connaissance relativement récente, l’imagination populaire fait coïncider son apparition avec l’introduction de la race parthenaise en Creuse, mais la véritable cause restera sans doute longtemps ignorée.
Les symptômes sont tantôt alarmants, tantôt fugaces, se traduisant par des émissions de sang en même temps que l'urine avec anémie consécutive.
La maladie est rarement guérissable et sujette à récidives. Elle frappe plus particulièrement les animaux de 3 à 5 ans et nécessite souvent le sacrifice pour la boucherie de vaches excellentes nourrices, compromet bien souvent la gestation et le développement intrautérin du jeune, fait baisser considérablement la lactation. Il est un fait assez constant : les veaux de vaches atteintes d’hématurie sont toujours peu exigeants comme nourriture et sont presque toujours d’une blancheur parfaite. | Les bovins de race blanche sont aussi souvent frappés. que les Limousins et les animaux de l’ancienne race marchoiïse n’en étaient pas exempts. Elle est cependant plus répandue dans les cantons plus pauvres et plus montagneux du Limousin.
La maladie a disparu ou a considérablement diminué dans les régions qui chaulent abondamment les terrains et depuis de nombreuses années. Les éleveurs et les
vétérinaires resteront sans doute encore longtemps.
désarmés contre cette redoutable maladie, Dore que des re
causes n’en seront pas parfaitement connues.
B. Les maladies des produits
Entraînant toujours une mortalité importante, les maladies causent aux éleveurs des pertes considérables. & La plus grave de toutes est la septicémie des veaux nou- = veaux-nés, maladie infectieuse ayant un caractère enzootique et contagieux ; c’est une affection vraisemblablement polymicrobienne où le coli-bacille et le streptocoque sont les microbes prédominants. |
L’infection a lieu pendant les premiers jours de la naissance, souvent par la voie ombilicale, mais peu‘-être par voie buccale quand ce n’est pas par voie intra-utérine comme l’a prétendu le Docteur Paris, vétérinaire.
Les symptômes sont toujours graves, les localisations diverses et nombreuses allant du simple phlegmon, ou abcès du cordon et passant par la phlébite suppurée et la péritonite avec symptômes généraux et hyperthermie.
On rencontre assez souvent des formes pulmonaires, mais la plus fréquente est bien la diarrhée des nouveauxnés et les polyarthrites infectieuses des jeunes. |
La maladie entraîne fréquemment la mort et, s’il ne meurt pas, le sujet reste le plus souvent débile avec un appétit capricieux et un développement lent et il représente trop souvent une véritable non valeur.
Le traitement prophylactique par l’injection de sérums
ou de vaccins plus ou moins spécifiques, ont donné de
Re
bons résultats dans de nombreux cas, mais ont complè-
tement échoué dans d’autres où les jeunes naissent in-
fectés au cours de leur vie intra-utérine. Dans ces
derniers cas, la prophylaxie n’a pu être efficace qu’en observant une désinfection rigoureuse des étables. Il
semble que ce moyen se soit toujours montré le plus
efficace.
Certaines étables ont dû être dépavées et repavées,
les enduits des murs abattus et ceux-ci lavés à l’eau de Javel, recrépis et badigeonnés au laït de chaux. Malheureusement il existe encore trop d’étables basses, de cons-
truction ancienne où toute désinfection reste inefficace.
Nous passerons volontiers sous silence certaines affections entraînant une mortalité moins importante telles que les indigestions laïiteuses ; ces troubles sont généralement occasionnés par la gourmandise des jeunes et entraînent assez souvent une gastro-entérite d’un
caractère assez passager.
Le laït des vaches qui travaillent est assez souvent
mis en cause, mais, en réalité, la mauvaise hygiène, les
litières malpropres et les mamelles souillées sont bien
souvent les seules responsables de cette gastro-entérite.
Ces symptômes sont généralement peu inquiétants et
-ne s’observent que lorsque la diarrhée s’est installée. La simple diète pendant un ou deux jours consécutifs - suffit, dans la plupart des cas, à tout faire rentrer dans
l’ordre.
Duplaix 9
Ces accidents sont facilement évitables par une hygiène bien comprise. MA Nous citerons une autre maladie assez fréquente quoique peu meurtrière, qui sévit assez fréquemment ; dans ces régions et qui n’a pas, jusqu'ici, attiré l’attention des auteurs. Les praticiens de ces pays la désignent sous le nom de « dégénérescence » sous entendue : graisseuse. vent 28
Cette maladie ou plutôt cet ensemble de symptômes a surtout un intérêt parce qu’elle sévit le plus souvent sur des animaux de bonne qualité et se développant vite, qui sont frappés assez jeunes, le plus souvent vers l’âge de 3 semaines à un mois, rarement au-delà.
Les éleveurs attribuent cet accident à un manque de sang parce que les veaux atteints présentent toujours une extrême pâleur des muqueuses. =
Les symptômes apparaissent parfois brusquement et l’animal est trouvé mort sans avoir présenté ni prodromes, ni maladie. Quelquefois ils sont moins précipités, le jeune se développe d’une façon exceptionnelle pendant les premières semaines, il prend un développement exagéré du cou et du train antérieur, ses épaules s’écartent comme décollées du corps puis un jour, brusquement, sans cause apparente, il s’arrête de téter, se couvre de sueur au cou et au flanc avec un essoufflement très intense et un tirage respiratoire anormal présentant une véritable crise asphyxique.
Si on laisse l’animal au repos, il se calme quelquefois
assez vite, mais ne croît plus que difficilement ; dans d’autres cas il meurt dans une crise.
L’autopsie pratiquée sur un certain nombre d’animaux morts dans ces conditions, nous a montré des lésions peu caractéristiques mais toujours assez identiques. Les grandes séreuses, péritoine, plèvre et péricarde sont toujours remplies d’un transsudat liquide | séreux citrin, le rein et le cœur sont toujours noyés dans un amas important de graisse.
Nous n’avons généralement noté aucune lésion des
autres organes.
La rapidité et la brièveté de la maladie portent à croire que la mort survient par inhibition du cœur, l’excès * de graisse entraînant vraisemblablement une dégénérescence du nerf pneumo-gastrique amenant la paralysie du cœur. AN Nous pensons qu’il s’agit d’une avitaminose car nous avons toujours obtenu la guérison ou l’amélioration des animaux présentant une forme lente de la maladie, par l'emploi des huiles de foie de morue ou des produits irradiés : ergostérine, irrastérine etc,
Certains de nos clients, gros soigneurs, utibsent avec avantage ces produits à titre préventif. |
L'intérêt de cette affection réside surtout du fait de la soudaineté de son apparition et qu’elle frappe toujours.
d'excellents animaux de boucherie.