‹ L'Industrie Du Veau De Boucherie Dans La CreuseChapitre 25 sur 27 · NS PR RP ENTER · texte numérisé non relu

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e ront par la suite des débouchés plus avantageux dans Je commerce.

En résumé, les améliorations sont donc les suivantes :

1° amélioration des produits,

20 amélioration des géniteurs.

Un effort considérable a été fait pendant ces vingt dernières années par l’éleveur pour améliorer la qualité générale de la population bovine creusoise du point de vue de la conformation et du poids. Si la conformation des animaux n’est pas encore parfaite et homogène, elle est manifestement en progrès.

La production du veau de boucherie a suivi elle-même cette évolution et les animaux produits à l’heure actuelle Sont d’un poids bien supérieur à ceux d’avant-guerre qui

ne dépassaient pas souvent 75 à 80 kgr.

Cette production et sa préparation sont parfaites dans ‘toute la partie ouest du département, mais ces résultats pourraient être généralisés dans toute la Creuse (les conditions étant sensiblement identiques partout) sans un manque de décision des éleveurs à s'engager dans cette voie. | |

Les moyens susceptibles d’apporter une amélioration: à cette industrie consistent surtout à agir sur les conditions générales tenant au milieu : amélioration du sol et de ses produits, de l’aptitude laitière des races exploitées, tout en conservant leur bonne conformation et

leur particularité à mettre de la viande. La sélection et

SRE 132 - ces

une uithe aussi bien comprise qu’ ‘abondante sont CS

les facteurs essentiels.

Le taux butyreux du lait est constant pour une vache à déterminée mais la qualité de cette matière grasse est

dans une large mesure indépendante de l alimentation. = &

Les farineux, le son de blé et les légumineuses sont, | peut-être capables d'améliorer la qualité et la saveur du lait. On ne peut être fixé sur les possibilités et les qualités

de bonne nourrice que par l’épreuve. C’est seulement au

cours de l’allaitement que l’on peut se rendre compte de

son aptitude laitière d’autant plus marquée que son veau

se développera plus rapidement. Des pesées assez fré-

quentes du jeune peuvent seules permettre de juger de

son accroissement.

Amélioration du sol et de ses produits

On peut modifier le sol de différentes façons, en agissant soit sur la nature physique, soit sur la composition chimique de celui-ci.

Nous envisagerons d’abord ces moyens physiques et chimiques sur les prairies.

Les premiers sont de deux ordres : ce sont les HT tions et les drainages.

Les irrigations sont généralement faciles et bien com-

prises puisqu'il existe en Creuse des sources vives et des

cours d’eau nombreux et la conformation vallonnée du

rs — 138 —

sol permet la répartition de l’eau sur de vastes surfaces. Les drainages pourraient rendre en maints endroits de grands services car il existe de nombreuses vallées dont le fond en cuvette et le sous-sol argileux retiennent l’eau. Ces lieux marécageux ont le plus souvent une végé-— ns tation acide constituée par des joncs, des carex et des panais fournissant un HEURE long et dur de mauvaise qualité. = ee - Des drainages y seraient 4 plus souvent faciles à établir. HT :

Ces lieux pourraient alors devenir d'excellentes prai- | | riesà gros rendement, ou d'excellents pacages ne redou- = tant pas la sécheresse pendant l'été. £ L'exposition des prairies pourrait, dans certains cas, être avantageusement modifiée. Certaines d’entre elles sont souvent situées au fond de vallées profondes et se trouvent environnées de bois qui leur masquent les

rayons du soleil. Cet ombrage constant contribue gran-

dement à entretenir une humidité néfaste à la bonne

qualité du fourrage. - Le remède à cet état de chose est souvent malaisé

du fait que prairies et bois appartiennent souvent à des

propriétaires différents ; seul le remembrement de la

propriété permettrait dans ce cas un bon aménagement. Les prairies artificielles et temporaires qui prennent

de plus en plus d’importance, doivent être renouvelées

assez souvent car le sol se tasse, les plantes s’épuisent,

la densité de celles-ci diminue assez vite du fait du déra-

Le séjour prolongé des animaux sur un pacage ae

la belle saison améliore considérablement le sol du fait des déjections ; mais faut-il encore pour qu'il soit possible, que la résistance du sol soit suffisante et certains endroits humides ne le permettent pas toujours. L'amélioration peut encore se faire en modifiant la nature du sol, en agissant sur sa composition chimique. Elle se fait de deux façons sous forme d’apport : ce sont les amendements et les engrais.

Les amendements consistent à apporter au sol les éléments constituant les plus déficients. L'élément qui fait le plus défaut au sol creusois essentiellement granitique est surtout le calcaire. Déjà en 1892, Boudeau,

vétérinaire dans un chef-lieu de canton de l’Indre, limi-

trophe du département de la Creuse, où l'élevage payait

chaque année un lourd tribut à l’hématurie essentielle, conseillait comme moyen prophylactique de cette redoutable maladie, des chaulages intenses et répétés du sol. L'expérience ne fut malheureusement pas tentée partout où sévit cette maladie, mais l’observation courante montre que, dans les régions qui ont chaulé abondamment, la culture s’est considérablement développée et la maladie a presque complètement disparu ; dans d’autres régions moins bien favorisées les pertes ont grandement diminué. Ainsi les animaux présentant un meilleur état d'entretien, peuvent être livrés à la boucherie

pour un prix convenable avant qu'ils n’aient atteint le

du squelette des animaux.

A os

dernier degré de la cachexie et de la dégénérescence

qualificative entraînant l’hydrohémie de la viande. L'apport de calcaire généralement fait sous forme de

chaux éteinte ou de cendre de chaux ou de scories, favo-

rise grandement la culture des racines et celle consécutive

des prairies artificielles, trèfle ou luzerne.

Ces légumineuses se développent rapidement ee n 'ab-

- sorbent pas moins de 450 à 500 kgr. de calcium par hectare et par an. Leurs jeunes pousses, très aqueuses,

sont très nourrissantes, elles portent une grande quantité

de calcium circulant ou vivant qui est la seule forme où

il soit vraiment assimilable.

Ces jeunes pousses sont également riches en vitamines

qui sont un des facteurs les plus importants de l’assimi-

lation du calcaire nécessaire à l’édification et à l’entretien

Elles sont donc en même temps qu’un appoint four-

rager considérable, un excellent aliment qui favorise

la croissance osseuse des jeunes. Elles sont indifférem-

- ment utilisées comme fourrages secs ou verts; c’est du

reste sous cette dernière forme qu’elles sont le plus profitables ; elles augmentent conspéebIenent la pogichon laitière et la qualité du lait fourni.

. Les engrais sont un apport de substances qui ont pour but d'augmenter la fertilité du sol ; ils sont naturels ou artificiels. L’engrais naturel le plus répandu et le plus anciennement utilisé est le fumier mélangé aux excré-

ments d'animaux en décomposition. -

C’est l’engrais le plus complet, il restitue une : Î

proportion d’azote au sol mais il s est révélé insuffisant

pour obtenir de gros rendements et cela à mesure que 142%

culture est devenue plus intensive. Le cultivateur à été amené à employer des engrais FRE 1 malheureu-

sement coûtent fort cher. é:

Les plus souvent employés sont les scories de déphos- x

phoration, les superphosphates de chaux, les nitrates de soude et de chaux, le sulfate d’ammoniaque et la cyanamide calcique. &

Le sulfate de fer, préconisé depuis quelques années comme excellent antiparasitaire, agissant sur les larves

de douve et les œufs de strongles, est encore peu employé.

Il trouverait cependant son indication dans beaucoup

de prairies humides.

Les scories modifient toujours avantageusement la

flore acide des lieux humides.

Les modifications culturales dépendent surtout des

améliorations du sol qui favorisent grandement le déve-

loppement des prairies artificielles. Les amendements

apportés au sol permettent, dans bien des régions, ER

culture des tubercules et des racines : la pomme de terre est le plus souvent réservée à l’engraissement des porcs et le topinambour à celui des bovins. |

Dans la partie nord du département la culture de la

betterave fourragère et celle de la rave dans l’autre partie

sont les seuls aliments verts qui peuvent être distribués

crus aux jeunes animaux pendant l’hiver ; leur grande

richesse en sels minéraux atténue les méfaits d’une alimentation par trop sèche donc déprimante pour les

jeunes organismes.

Le développement de la hate des céréales, fournis- Sant de gros rendements en grain, une partie est utilisée à l’alimentation du bétail et les pailles de meilleure

qualité sont facilement acceptées par les animaux ; elles

servent d’aliment de lest.

. Ces pailles servent également à faire des litières qui sont d’autant moins parcimonieuses que l’abondance est plus grande.

La culture des ie entraîne des frais de maind'œuvre considérables et le blé, dépuis quelques années, se vend difficilement. Aussi, le cultivateur cherche bien souvent à augmenter ses pâturages aux dépens de la

culture du blé, ceci dans le but de diminuer les frais

| généraux de l'exploitation.

L'augmentation et l’amélioration des ressources fourragères permettent de mieux entretenir les animaux mais cette amélioration ne peut se faire que par un choix

judicieux des géniteurs, base de la production. Amélioration des géniteurs

L'amélioration des géniteurs consiste à choisir les mieux doués,les plus aptes, c’est-à-dire de procéder à

une sélection.

Duplaix . 10

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ap

La sélection des mâles est de beaucoup prépondérante sur celle des femelles, car un taureau peut féconder nor-

malement trois ou quatre vaches dans une journée et

même souvent plus. PE RS

Les animaux possédés par les collectivités : Syndicats

Agricoles, Syndicats d’Elevage, sont généralement

achetés par le Comice agricole départemental ; ils sont

généralement de bonne conformation. Nous ne leur reprocherons qu’une seule chose : d’être encore en nombre trop peu important et bien souvent d’être livrés à la

monte sans une surveillance sérieuse ; ce qui est d'autant

plus préjudiciable que ces animaux sont une propriété

collective.

Ceux qui sont achetés par les particuliers ou le plus

souvent, l'initiative privée intervient seule, sont très

souvent, de bonne qualité; mais ils sont aussi quelque-

fois l’expression des disponibilités d’argent de l’éleveur.

La qualité est souvent moins parfaite, mais elle est alors, compensée par le nombre.

Le prix des saillies reste assez bas et les frais d’entretien élevés : cependant l’éleveur récupère assez souvent le prix d’achat du taureau pendant les deux ou trois années qu’il effectue la saillie ; son prix de vente ensuite pour la boucherie, lui reste comme bénéfice, ce qui fait que l’opération n’est pas par trop onéreuse et se développe de plus en plus.

L'éleveur de nos régions demande surtout que les

veaux à la naissance aient un poids élevé et que ceux-ci

ris A

soient de bonne conformation et ne un développement rapide. Il importe donc de choisir des géniteurs bien conformés, capables de se reproduire avec une | grande constance, donc choisir de préférence des animaux inscrits aux Herd-books et des racers.

L'élevage des reproducteurs mâles est-il possible ? ? Le observation nous montre qu’une sélection raisonnée pourrait : nous donner des résultats très satisfaisants et les derniers concours régionaux ont montré que les reproducteurs de belle qualité, tant dans la race limousine que charolaise, atteignent des poids vifs considérables et d’une bonne conformation. Le nombre est encore insuffisant et c’est donc encore par l’achat des géniteurs mâles en dehors du département que nous pouvons compter

sur l'amélioration.

Il faut cependant reconnaître que les animaux de race limousine élevés en Creuse, ont des caractères de fixité plus constants que les Charolais et les reproduc-

teurs limousins creusois ont déjà pu être honorablement ; primés dans les concours et pourraient être mis à la

à . base de bonnes familles bovines ; mais leur nombre est encore peu important.

Il arrive que des veaux de bonne conformation sont quelquefois sacrifiés pour la boucherie alors qu’ils

seraient susceptibles de devenir de bons reproducteurs.

L'éleveur procède souvent ainsi dans la crainte de ne

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pouvoir les vendre ensuite à un juste prix. [l faudrait

pt

que des échanges soient favorisés entre les éleveurs de

5 side FRE

ae

façon à pouvoir conserver ces animaux ; seules les collec-

tivités peuvent dans ce cas, jouer un rôle important.

La sélection des femelles est généralement favorisée

par le fait que le propriétaire élève ses génisses pour

remplacer les mères; malheureusement il vend souvent les meilleures parce qu’elles font plus d’argent, c’est un principe à combattre. Le choix des génisses est souvent

fait d’après une seule considération : aptitude laitière ou

au travail, ce qui fait conserver des animaux de confor-

mation moins bonne. Il y a donc là une question d’éducation des propriétaires ; ces derniers devront donc surtout choisir pour l’élevage, les génisses les plus aptes ;

celles qui proviennent de vaches adultes bonnes nourrices

dont l’aptitude laitière est suffisamment marquée de

façon à profiter de l’hérédité acquise. Mais ils ne pourront vraiment se rendre compte de l’existence de ces qualités que par l’épreuve ; ces aptitudes ne se manifestent pleinement qu’au deuxième ou troisième veau seulement. Cette sélection quoique lente est susceptible à la

longue de donner des résultats certains.

Les divers encouragements

Les concours sont institués dans le but de faire

connaître les animaux de valeur. Ils sont un facteur de réclame important, en faisant mieux apprécier la qualité

des animaux. Ces concours sont organisés par des collec-

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