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également mis en évidence des gisements d’un minerai
contenant de fortes proportions d’antimoine, dans la petite commune de Blaudeix.
Le granit est lui-même l Ghiet d’une exploitation En active. Par suite de l’accroissement des transports routiers, on a vu naître un peu partout des carrières produisant de la pierre brute, des pavés, du ballast, du gravillon et du sable.
Pour être complet, nous citerons la station thermale d’Evaux-les-Bains où un assez grand nombre de rhumatisants viennent chaque année chercher un soulagement à leurs maux. Les propriétés thérapeutiques des eaux d’Evaux sont connues depuis fort longtemps ; les Celtes déjà les utilisaient et les Romains y construisirent des thermes somptueux dont il ne reste que des vestiges peu importants.
Les richesses du sous-sol n’ont cependant ù jamais donné lieu à aucun centre ou bassin industriel d’une importance quelconque. Nous verrons que c’est pour cette raison que la face des choses agricoles est restée ce qu’elle est et que, particulièrement, la question du lait
reste toujours d’actualité dans le département.
Hydrographie.
La Creuse est la principale rivière qui traverse ce département ; elle prend sa source au plateau de Millevaches et coule en direction Sud-Est-Nord-Ouest au fond d’une
vallée étroite et profonde. Son cours est rapide et ses
eaux claires et limpides se brisent sur des éperons rocheux qui lui font décrire de nombreux méandres. Elle arrose les villes importantes d’Aubusson et de Felletin, deux centres renommés de tapisserie. Les autres agglomérations situées sur son cours sont de moindre importance et ne présentent d'intérêt qu’au point de vue : pittoresque et touristique : Glenic, à 8 km. de Guréet, Fresselines, patrie du poète Maurice Rolinat, où elle reçoit son affluent, la Petite Creuse.
Cette rivière coule au fond d’une vallée beaucoup plus large et plus fertile allant en se resserrant à mesure qu’elle se rapproche de son confluent. Dans la partie suk périeure de son cours, Boussac, ancienne sous-préfecture, ne garde une certaine importance que comme marché agricole.
. L'autre affluent de la Creuse qui puisse être cité, La Gartempe, n’a que la partie supérieure de son cours dans ce département ; elle coule dans la direction Est-Ouest.
La Vienne prend. également sa source en Creuse. Son affluent, le Taurion, torrent plus que rivière y bondit de rocher en rocher formant cascades qui ne manquent pas d’un sauvage pittoresque.
Plus à l'Est, nous citerons le Cher avec ses deux affluents : la Tardes et la Voueize.
Ces rivières sont toutes de faible importance et aucune n’est navigable. Elles sont cependant en maints endroits d'immenses réservoirs d’énergie électrique depuis la
construction de nombreux barrages.
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Ceux du Châtelus-le-Marcheix, sur le Taurion, de
Glénic, sur la Creuse et surtout Fimportant barrage d'Eguzon, dans l’Indre, sont alimentés par les eaux
creusoises. Depuis quelques années la compagnie électri-
que « Loire et Centre » a également établi en Creuse
” deux barrages importants sur la Tarde et sur la Voueize.
Le climat
Le département de la Creuse, situé au centre d’un pays tempéré, devrait jouir d’un climat doux mais l'altitude générale fait que celui-ci est plutôt rude. Les variations de température y sont fréquentes. Les hivers, assez rigoureux, durent en moyenne 5 à 6 mois de l’année.
Les chutes de neige sont assez importantes mais les enneigements ne se répètent que 4 ou 5 fois dans l’année.
Le thermomètre accuse fréquemment —15° mais au cours de certains hivers particulièrement rigoureux il est descendu jusqu'à —240.
Le froid est plutôt sec.
L'été est court, sans jamais être très chaud, avec des écarts de température très marqués entre le jour et la
nuit.
L'automne est bien souvent la plus belle saison avec
des journées tièdes et bien ensoleillées, | Les gelées sont précoces. Elles apparaissent avec l’automne et quelquefois dès le début du mois de sep-
D LA PARLE * fe N 174
‘tembre. Elles se prolongent souvent jusqu’à une époque
avancée du printemps, même jusqu’au milieu du mois | de mai, ce qui a comme conséquence de retarder considérablement la végétation.
Il pleut en moyenne de 90 à 100 jours par an.
L'intensité des pluies augmente du Nord au SEd, c’est-à-dire de la plaine vers la montagne (hauteur d’eau tombée : 724 mm.; moyenne barométrique : 79%; . température moyenne : 109 à 130 soit à peu près celle de Paris).
La région est soumise à deux régimes des vents. Ceux ; soufflant de l'Ouest venant de l'Océan apportent la pluie ; ceux du Nord-Est — ou bise — soufflent surtout pendant l'hiver, annonciateurs de pluies et de neige.
La disposition et la profondeur des vallées font que le vent augmente considérablement sa puissance au point que ‘certaines régions, comme le plateau de Millevaches, ne portent qu’une végétation extrêmement pauvre et très rabougrie. | Les orages, le plus souvent accompagnés de forte chutes de grêle, commencent au début de l’été et sont surtout très violents aux mois de juin et de juillet. Ils sévissent ordinairement sur des zones peu étendues, saccageant les récoltes et semant bien souvent la ruine. Les régions les plus fréquemment éprouvées sont celles
de Gouzon et de Parsac.
ni PRE ee La population
La population, essentiellement rurale et surtout agricole, atteint en Creuse le chiffre de 207.882 habitants.
La fnatalité, sans être excessive et bien qu’allant décroissant, y est encore importante. |
Il faut cependant faire quelques réserves sur le chiffre de cette population car, en réalité, beaucoup de Creusois résident en dehors du département. L’émigration marchoise est, en effet, très ancienne, elle remonte à 1627 : et était encore générale au siècle dernier. |
Cet exode a cependant fortement diminué depuis la dernière guerre et, actuellement, seuls quelques cantons du sud du département fournissent chaque année un nombre imposant d’émigrants.
Ces départs étaient. saisonniers, organisés, périodiques et spécialisés ; les maçons de la Creuse, désignés pendant longtemps sous le terme imagé d’« hirondelles », partaient au printemps, souvent à pied, à destination des grandes villes : Orléans, Bourges, Paris, Bordeaux, Lyon … Ils revenaient chaque hiver dans leur foyer, rapportant leurs économies toujours péniblement acquises grâce aux privations durant la saison, « la campagne » comme ils disaient.
Ce pécule représentait pour eux et leurs proches un peu de bien-être et permettait quelquefois de régler une partie des dettes de la famille.
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Pendant leur absence la gérance du patrimoine et les soins de la culture étaient laissés à la femme et aux enfants trop jeunes pour partir. | | Lorsque l’exploitation agricole était plus importante elle était confiée à l’un des enfants, généralement l’aîné ou le cadet. |
. La plupart des émigrants actuels partent avec leur famille et quittent définitivement le pays alors que leurs aînés, profondément attachés au sol natal, n’avaient qu'un but : revenir pour accroître le patrimoine hérédi- ‘taire pour assurer la retraïte de leurs viéux jours.
Du point de vue ethnique, il n’y a pas de différence sensible entre les habitants des diverses régions ; les . caractères généraux sont sensiblement identiques dans toute l'étendue du département. Il faut cependant noter une différence assez marquée dans la linguistique.
La langue d’oil et la langue d’oc s’affrontent à peu près également suivant les deux régions que nous avons déjà signalées ; aussi les habitants du Sud du département, étant à proprement parler des Limousins, ont un tempérament plutôt méridional.
George Sand, dans un de ses romans champêtres, a peint le caractère du paysan creusois du siècle dernier en termes qui ne manquent pas d’un certain réalisme : « L’habitant de ces montagnes, attaché à ces pays arides, « est habitué à une sobriété parcimonieuse, est le plus « âpre au gain qui soit au monde ; il est actif, industrieux
« comme tous ceux qu’une nature marâtre dresse au joug
LES NSRUE
« de la nécessité. Il aime le sol ingrat qui ne le nourrit pas «et, quand il a fait la vie de maquignon ou de maçon « bohémien dans sa jeunesse, il revient mourir de la « fièvre sous ce toit de chaume en léguant à sa famille le
« prix de son travail et de son talent.
« Plus ouvert et plus civilisé que celui des heureuses « vallées limitrophes du Berry, il accueille mieux l’étran-- « ger et s’en méfie davantage ; il est, suivant l’expression « de Balzac, aimable comme tous les gens très corrompus. « Cependant il vaut mieux que sa réputation et quand il « se met d’être aimable, il ne l’est pas à demi. Il joint « alors la probité et le dévouement à l'esprit, au courage « et à la persévérance ».
Si les conditions générales d’existence se sont considérablement améliorées, les grands principes d’économie parcimonieuse et d’esprit industrieux sont restés la
devise du paysan creusois.
Les économies amassées jadis par les émigrants sont
venues s'ajouter au maigre produit du sol. Ils ont alors permis bien souvent l’acquisition de terrains, de
construire des bâtiments, c’est-à-dire de transformer un peu partout les conditions d’existence du milieu. Et beaucoup d’émigrants ont ainsi pu se fixer définitive-
ment au pays et se livrer à la cuiture.
de Voies de communications
Les voies de communications sont de création relativement récente ; elles datent pour la plupart du siècle dernier. :
Elles sont aujourd’hui assez nombreuses malgré les difficultés rencontrées : obstacles naturels, accès pénible du plateau et vallées étroites mais profondes. Il existe actuellement un bon réseau routier, bien entre-
tenu grâce au granit bleu très dur exploité dans la
région et permettant un revêtement de choix pour les chaussées dont la plupart sont bitumées ou goudronnées.
Malheureusement les routes fort pittoresques du fait de la configuration tourmentée du terrain présentent
de ce fait de nombreux et brusques virages qui les ren- dent alors difficiles et même dangereuses.
Les principales routes nationales partent du chef-lieu du département, Guéret, en direction de Paris, de Poitiers, de Limoges, de Montluçon, de Clermond-Ferrand, c’est-à-dire qu’elles rayonnent vers les plaines environnantes.
Pour la circulation intérieure un grand nombre de chemins d'intérêt commun ont été aménagés pour un trafic qui devient plus intense de jour en jour. Pour
desservir les hameaux isolés, de nombreux chemins
SSD ANR
ruraux ont été construits ou sont en voie de réalisation ; en rendant l’accès partout plus facile ils sont un facteur de pénétration du progrès très important. = Un réseau d’éléctrification très développé distribue la lumière et la force jusque dans les groupes les plus
reculés.
Voies ferrées.
= Une seule grande ligne traverse le département et seulement dans sa partie ouest : c’est la ligne Paris- Toulouse qui touche la Creuse à la Souterraine. La grande ligne Bordeaux-Genève la traverse également de l'Ouest à l'Est dans sa partie comprise entre Saint-Sulpice, Laurière et Montluçon.
Les autres lignes : la Châtre-Guéret, Guéret-Saint- Sébastien, Vieillevile-Bourganeuf, ne font qu'un trafic très réduit. Elles ont cependant considérablement servi au développement économique des régions desservies et ont contribué à l’accroissement des richesses agricoles du département.
De tout temps il y eut une attraction très nette vers les plaines environnantes, du Berry, au Nord; de la Limagne, à l'Est et même des Charentes et de la région bordelaise mais, fait assez Ur noter, une immigration d'habitants du Py-de-Dôme et du Cantal, venus la plupart en qualité de colporteurs, les a fixés surtout
comme artisans ou commerçants.
PNR
Mode de tenue de la propriété
La propriété se trouve divisée à l’extrême ; ceci tient d’abord à la nature accidentée du sol mais surtout aux partages des immenses biens communaux entre tous les riverains et qui eurent lieu au siècle dernier.
Ces morcellements furent ensuite remaniés à chaque
génération pour les partages familiaux et ehaque parcelle fut à son tour bien souvent divisée entre tous les héritiers.
Les grandes propriétés tendent de plus en plus à disparaître parce qu’elles entraînent à des frais d’exploitation considérables, à des mises de fonds importantes sur le cheptel et, presque toujours, pour réaliser un maigre bénéfice.
Les propriétaires sont contraints à les vendre parce que ces terres ne payent plus les charges considérables qu’ils ont à supporter.
Aussi les petits épargnants les acquièrent-ils à plusieurs, les partagent entre eux suivant leurs moyens et, bien souvent, divisent également les bâtiments, d’où source d’incommodité et parfois d'insuffisance.
Les propriétés au-dessus de 50 hectares ne représentent plus que 20 % du nombre total en Creuse. La petite et la moyenne propriété dominent donc; celles de 5 à 15 hectares étant de beaucoup les plus nombreuses.
Malgré les inconvénients et les imperfections de ce Duplaix = 3
ES OM TS ROUES Re aq
morcellement (il existe souvent des parcelles éloignées et d’autres enclavées dans celles des voisins) le rendement général est assez bon et reste en faveur de cette petite propriété. |
Le remembrement de la propriété permettrait cepen-— dant un aménagement meilleur de l’exploitation, il ferait disparaître un grand nombre d’incommodités et augmenterait certainement le rendement global. Il consisterait surtout dans l’échange des parcelles en vue du regroupement autour des bâtiments d'exploitation.
L'opération, bien que n'étant pas impossible, est délicate car elle nécessiterait une révision du cadastre, une estimation de chaque parcelle et l'établissement d’un barème d’indemnités à concéder en vue de l’échange. La chose est en réalité beaucoup moins simple du fait de la variabilité du taux des indemnités à concéder selon la plus grande valeur de parcelles situées dans des vallées particulièrement bien exposées et bien cultivées. En effet, suivant leur exposition, des parcelles même très rapprochées l’une de l’autre sont de qualité bien diffé-
rente.
Modes d'exploitation
Le plus courant est la mise en valeur par le propriétaire lui-même avec l’aide de sa famille et se dispensant
le plus bossible de la main d'œuvre étrangère.
Ses moyens sont limités, son outillage réduit et c’est par une grosse dépense d'énergie qu'il obtient un rendement satisfaisant et arrive à réaliser quelque bénéfice.
Le fermage est un autre mode d’exploitation très courant et présentant les mêmes inconvénients. Le , fermier exploite la propriété*pour son compte, en touche les revenus mais paye chaque année au propriétaire une redevance fixée d’après la valeur locative de la région et l’étendue de la propriété.
Cette combinaison étant bien définie est intéressante pour les parties contractantes. Elle est avantageuse pour le fermier qui a seulement une mise de fonds sur le cheptel et l’outillage, mais n’immobilise pas une partie importante de son avoir.
Le métayage (ou culture à moïtié bénéfice) est pratiqué plus généralement pour les exploitations de grande étendue. Le propriétaire fournit le bien à exploiter et souvent le cheptel. Le métayer ou colon apporte ses instruments et donne son travail. Mais le rendement est généralement moins bon.
Ce procédé est d’ailleurs de moins en moins utilisé car il exige un personnel nombreux et une mise de fonds appréciable alors que les résultats, les bénéfices ne sont pas toujours immédiats.
Les travaux des champs furent, à tort, souvent considérés comme une besogne inférieure et traduisant une situation médiocre ; la main-d'œuvre est ainsi devenue
assez rare par suite du développement de l'artisanat et
= 2% — t'RESES
de l'exode vers les villes de la jeunesse à la recherche d’un bien-être plus grand, attirée par les hauts salaires
pratiqués par l’industrie des gros centres.
Principaux groupe ments agricoles
La Fédération Départementale des Syndicats Agri- coles groupe les syndicats communaux pour la défense des intérêts agricoles. Il existe également une Coopérative Agricole pour la vente des produits du sol. :
Pour l'élevage, il faut signaler l'Office Agricole Dépar-
temental de la Creuse dont les efforts financiers ont permis ces dernières années l’achat puis la rétrocession -— souvent à perte — aux syndicats communaux d'un certain nombre de reproducteurs bovins de race pure inscrits au Herd Book.
Cet office octroie également des primes pour la conservation des meilleurs sujets. Ces efforts quoique louables sont encore bien insuffisants pour atteindre la perfection.
Il existe enfin des Comices Agricoles, départementaux, d’arrondissements et cantonaux qui organisent chaque année des Concours et distribuent des primes.
Ressources
a. Végétales.
Il y a une cinquantaine d’années seulement le dépar-
tement de la Creuse était une immense lande entre-
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coupée de bois, de taillis, de futaies. De loin en loin | quelques vallées plus fertiles étaient seules sommairement cultivées. -
L'aspect de cette lande s’est conservé intact sur quel- ques sommets ou croupes arides et impropres à la culture. Elle est constituée par une végétation sauvage très active pendant la belle saison. La flore assez variée est celle qui caractérise les terrains de formation granitique ; les principales espèces sont l’ajonc, la bruyère rose, la fougère aigle, le genêt à balais et quelques graminées dures comme les fétuques, les dactyles, les brômes et, dans les endroits marécageux, les joncs et les carex.
Cette végétation d’un vert intense durant l’été, com-
. mence à jaunir avec l’automne, prend des teintes feuille- morte extrêmement changeantes qui font que l’on a rarement deux jours de suite le même paysage dans le même ton.
La lande, à peu près inutilisée, est parfois fauchée pendant l’hiver et procure ainsi de la litière aux animaux. En maints endroits on a songé à transformer ces régions impropres à la culture en taillis et en bois ; les futaies
y étaient encore très importantes avant la dernière guerre, mais elles ont aujourd'hui à peu près complètement disparu par suite des besoins croissants de bois pour la construction, le tannage et aussi devant le développement de la culture.
Les principales essences rencontrées en Creuse sont :
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le chêne, le hêtre, le charme, le bouleau, le sapin et la plupart des résineux qui s’acclimatent fort bien.
Une place spéciale doit être faite aux châtaigneraies.
Le châtaignier poussait très bien en Creuse et ses fruits furent durant des siècles la base de l'alimentation hivernale des habitants, des porcs et des animaux de bassecour.
Bien des châtaigneraies ont cependant disparu elles aussi, soit devant l’emprise des espaces par la culture, soit décimées par une maladie de l'écorce appelée « maladie de l'encre ». Beaucoup de châtaigniers majestueux, plusieurs fois séculaires ont ainsi succombé à la maladie et celle-ci rend impossible le développement des jeunes plantations.
Les arbres fruitiers poussent très bien ; ce sont surtout le pommier, le poirier, le cerisier et le prunier. Mais, jusqu'alors, leurs fruits n’ont pas fait l’objet d’un commerce important ; ils sont le plus souvent consommés sur
place et les pommes et poires transformées en cidre.
La vigne aussi vient très bien et trouverait en maints endroits un sol suffisamment riche mais les fortes gelées empêchent le raisin de mûrir et rendent cette culture impossible. |
La société Les amis de l’arbre qui a son siège à Guéret, se propose la propagande en vue du reboisement et la création de vergers. Elle a créé pour cela d'importantes
pépinières pour fournir les plants aux propriétaires ; elle
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s'engage même dans certains cas, à assumer les frais de plantation. à |
C’est là un travail qui demandera un grand nombre d'années, mais nous pensons que ce pays est appelé à redevenir aussi boisé que par le passé et que des terrains
impropres à aucune culture seront ainsi utilisés.
Les céréales. — Les surfaces consacrées à la culture des
céréales s'élèvent à 151.690 hectares. Depuis 1914 cette superficie est constamment en diminution. Cette diminution atteint jusqu’à 18 % par suite de la crise de la main-d'œuvre et aussi de l’accroissement du cheptel et de la plus-value prise par celui-ci durant ces dernières années.
Le seigle fut pendant longtemps seul cultivé sur toute l'étendue du département ; en maiïnts endroits il reste encore la seule céréale panifiable qu’il soit possible de cultiver. |
Dans les régions les plus favorables la culture du froment s’est substituée à celle du seigle. Le froment et l’avoine sont les seuls grains livrés au commerce ; les autres céréales, orge, escourgeon et sarrazin sont consommés sur place par les animaux de la ferme; les pailles sont utilisées pour leur alimentation et la litière.
Les grains sont donnés en nature ou en farine.
Plantes sarclées. — La pomme de terre est cultivée
dans tout le département mais n’est livrée au commerce
que dans la partie ouest. Dans les autres régions elle sert à l'alimentation et à l’engraissement du bétail et, plus particulièrement, du porc.
Le topinambour est également cultivé dans tout le département. Très avantageux et supérieur pour l’engraissement des bovins il a la faculté de pouvoir rester en terre pendant l’hiver et il ne craint guère la gelée.
La betterave qui vient bien dans le nord du département est un excellent appoint en fourrage pendant l'hiver pour l’entretien des vaches en lactation et des jeunes bovins. Donnée crue aux animaux elle apporte les vitamines nécessaires à leur développement et, par les sels de potasse et les autres produits aqueux elle atténue les effets d’une longue alimentation en fourrages secs durant l'hiver.
Dans la partie sud et ouest du département où le sol est plus pauvre on cultive surtout la rave et le rutabaga ou chou-rave qui sont aussi rafraîchissants mais moins
nutritifs que la betterave.
Les prairies. — Elles occupent en Creuse une superficie de 125.000 ha. dont 85.000 pour les prairies naturelles. Depuis ces dernières années il y a cependant un accroissement de 15 % qui va de pair avec l’augmentation du cheptel. D'autre part la réduction de la maind'œuvre pousse également le cultivateur à développer ses surfaces herbagées au détriment de la culture pro-
prement dite.
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Les prairies, moins précoces par suite des gelées
tardives sont certes de bonne qualité mais moins riches cependant que celles des régions limitrophes : Indre, Allier, Cher. Les naturelles sont surtout situées dans les vallées, au bord des cours d’eau ; elles présentent alors des fonds marécageux où poussent l’ajonc et le carex et demandent alors de gros travaux de drainage et d'irrigation.
x Tout comme les champs, elles sont bien souvent entourées de haies vives plantées d’arbres ou de murs en pierre sèche au travers desquelles se joue la lumière et que, pour cette raison on a baptisés du nom imagé de « murs en dentelle ».
Les prairies sont fauchées aux mois de juin et juillet ; Je foin, sec ou demi-sec et salé, est conservé dans les greniers pour l'hiver. Très rarement il est ensilé.
Les prairies artificielles et temporaires font partie de l’assollement ; elles succèdent aux plantes sarclées et sont constituées par des semis de légumineuses ; trèfle, luzerne, minette associées à du ray-grass. Elles réussissent particulièrement bien dans le nord du département là où le sol présente naturellement le calcaire suffisant ou bien lorsque celui-ci est apporté en grande quantité sous forme d’amendement.
Fauchées au mois de juin, elles fournissent un gros rendement en fourrage conservé pour être donné à sec en hiver, mais composé de plantes très aqueuses, 1l perd
considérablement de son poids par dessication; aussi
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