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est-il bien souvent distribué en grande partie alors qu'il est encore vert. j La deuxième année de leur existence, les prairies ne
sont pas fauchées mais pacagées par les animaux.
b. Ressources animales.
La Creuse fut de tout temps une région où l'élevage
a prédominé sur la culture qui demeure cependant son
but principal. Tous les animaux de la ferme sont élevés -
avec une importance variable suivant les époques et les
contrées.
Le cheval. — L'élevage du cheval et particulièrement du cheval de sang fut très prospère au siècle dernier. Gayot qualifiait les demi-sang marchois : « d'excellents « troupiers, durs à la fatigue, résistants, moins parfaits « que ceux du Limousin mais d’une qualité plus mar-
« chande ».
La suppression du dépôt de remonte de Guéret a porté |
un coup fatal à l’élevage du cheval de sang en Creuse ; le développement de l’automobile lui a porté le coup de grâce. La disparition de cet animal a suivi celle d’une aristocratie riche et désœuvrée mais que la nécessité a
forcée à abandonner la vie des châteaux pour aller chercher dans les villes des moyens d’existence plus rémunérateurs. |
Les éleveurs ont donc à peu près complètement cessé
de produire un animal coûteux ne trouvant que de plus
en plus difficilement un débouché pour J’armée et ne répondant plus aux besoins de la culture.
Les étalons de sang, pur-sang, demi-sang anglo-arabes qui n'étaient plus demandés ont été remplacés dans les stations de monte par des animaux plus lourds : percherons, bretons, ardennais. : |
Les résultats furent durant de longues années des plus médiocres et ces insuccès étaient surtout imputables à un métissage mal compris : des juments de mauvaise origine et trop faibles étaient livrées à la saillie selon le hasard à des étalons de ces races lymphatiques. Il en est né souvent des sujets décousus, trop grands, aux membres longs et grèles, avec des sabots trop forts, des aplombs défectueux et un manque de développement des masses musculaires.
L'introduction de quelques poulinières venant du Perche ou du Nivernais permettent désormais d'obtenir de bons produits.
Il faut cependant reconnaître que le sol de cette région, généralement pauvre en calcaire, convient moins bien au développement plus rapide des animaux des grosses races qu’à celles de demi-sang. L’ostéomalacie frappe un assez grand nombre de sujets, ieur laissant, avant leur développement complet, des traces indélébiles pour le reste de leur existence.
La production d’un bon cheval de trait n’est pas impossible en Creuse. Le breton, genre postier est
l’une des races qui réussit le mieux mais le percheron
donne également d’assez bons résultats dans le nord du département et d’autant mieux que l’on s’adresse à des animaux moins lourds. ; É :
La population chevaline actuelle du département est de 40 % supérieure à celle de 1914 maïs il faut reconnaftre qu’elle lui est bien inférieure en qualité. Elle n’a du reste augmenté que dans le nord du département pour disparaître à peu près complètement dans le sud et dans l’ouest où les travaux des champs sont exclusivement réservé aux bovins. | | ; Les frais sont ainsi moins élevés mais dans les pays où l’on utilise le cheval ils se répartissent sur un plus grand nombre d’années d'utilisation avec cependant une
consommation moindre de nourriture.
Les ovins. — Les ovins étaient très nombreux en Creuse il y a quelques années mais le troupeau s’est réduit d'environ la moitié et ne Que guère que 150.000 têtes actuellement. = :
Le partage des biens communaux, leur mise en valeur ont considérablement diminué les parcours à moutons ; la concurrence étrangère a grandement contribué à la réduction du nombre de têtes.
La distomatose, au cours de l’année 1910 a fait disparaître un nombre important de bergeries qui ne se sont jamais reconstituées.
Le mouton creusois était généralement plus petit que le berrichon mais cependant assez précoce. Depuis quel-
ques années des projets sont à l’étude pour intensifier
l'élevage du mouton de race limousine sur le Plateau de Millevaches mais cet élevage est en contradiction
avec les travaux de reboisement de ces mêmes régions.
Porcins. — Le département de la Creuse fournit chaque année 100.000 pores sur le marché et ce nombre va croissant chaque année avec la mévente de la pomme de terre. Ces animaux engraissés uniquement aux tubercules et aux farines donnent une viande de première qualité et les gros prix atteints par leur vente rendaient cet engraissement rémunérateur, malheureusement depuis quelques années les variations des cours font un tort considérable à ce commerce.
Les principales races exploitées sont les craonnais, les limousins, les animaux des races blanches, anglaises
et leurs croisements.
Espèce bovine. — L'élevage des bovins fut de tous temps et reste de beaucoup prépondérant sur celui des autres productions animales et, dans toute cette région il est l’objet de soins constants. |
Son importance va chaque année s’accroissant : une statistique officielle de 1882 dénombrait 141.675 bovidés élevés en Creuse. Aujourd’hui ce nombre dépasse 250.000 têtes ce qui représente une valeur de plus d’un demi milliard de francs.
La vache rend en effet les services les plus variés au cultivateur de notre région. Outre sa valeur viande
souvent importante, elle lui donne assez régulièrement
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chaque année un veau vendu très cher, et, ensuite, une quantité de lait, assez faible, il est vrai, qui sert à l’entretien du ménage. Dans beaucoup de régions la vache est assez fréquemment utilisée comme animal de trait aux travaux des champs. La plus petite exploitation agricole exige au moins une paire de vaches pour effectuer les labours et assurer la rentrée des récoltes.
La population bovine creusoise actuelle appartient aux races charolaises et limousines très répandues dans le département aux dépens d’une troisième race : la race marchoise cependant beaucoup plus ancienne et qui fut pendant de longues années très estimée.
Nous décrirons les caractères généraux des animaux de ces diverses races, leur origine, leur mode d’expansion, leur cantonnement, leurs exigences et, enfin, les qualités et les imperfections propres à chacune d'elles.
Dans cette description nous adopterons l’ordre chro-"
nologique de l’apparition de chaque race en Creuse.
Race marchoise. — La description de cette race brune présente un intérêt surtout du fait qu’elle fut la plus anciennement et longtemps seule élevée dans tout le département.
Sa disparition complète est encore de date récente, son . importance numérique à l'heure actuelle est nulle: cependant le chercheur avisé trouverait peut-être encore dans la région guérétoise ou dunoise quelques unités
conservées comme laitières, pour la plupart impures
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et issues du croisement avec des animaux de races voisines comme pelage : parthenaise, schwitz et limousine.
La race marchoise, de création très ancienne est considérée par les auteurs comme une autochtone dont le cantonnement ou, plutôt, le dernier retranchement serait probablement son véritable berceau.
Celui-ci est constitué par l’étroit couloir situé entre ia rive gauche de la Creuse et la ligne de crêtes qui !a domine entre Lavaveix et Dun.
Il y a cinquante ans à peine, cette race était abondamment représentée dans tout le département, bien au delà même, dans ceux limitrophes du Berry et, jusqu’en Poitou, son rayonnement était donc très grand.
Cette race ne disparut pas sans que quelques tentatives fussent faites pour essayer de la sauver. En 1912, création d’un syndicat départemental d'élevage de la race marchoise qui se proposait comme but sa régénération dans la région guérétoise et de favoriser son expansion dans tout le département et dans les départements voisins.
Les moyens étaient les suivants : apport de sarg parthenais par deux géniteurs mâles pour régénérer la race; création d’un Herd-Book où l’inseription des produits fut régulièrement faite jusqu’en 1914.
Malheureusement les deux taureaux furent vendus en 1915 et ne furent jamais remplacés.
En 1925 un dernier essai fut tenté sans succès dans
la région dunoise par un laitier et quelques-uns de ses