RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
exercée sur le vaincu pour l'obliger au travail, et ,de celle que le vaincu a exercée survie vainqueur pour se dérober à sa puissance , et tâcher même, s'il le pouvait ,' de le subjuguer à son tour. Considérées dans leur objet, cette action et cette réaction ont rarement été morales; mais en-
visagées dans leur résultat, elles ont été éminemment utiles. Telle est la paresse naturelle de l'homme et surtout de l'homme barbare, qu'il ne 50 fût jamais décidé au travail s'il n'y avait été contraint par lavictoire ; et d'une autre part tel est son penchant à la domination que tout progrès du travail eût été impossible si l'injustice et l'insolence du vainqueur n'avaient été contenues.' Tout ce qui a eu pour efFet d'assujettir rhomme à l'iodùstrie a servi la civilisation; mais tout ce qui a tendu a mettre des bornes à la violence ne lui a pas été moins avantageux. L'action de la Sainte-Alliance a sans ddute son bon côté ; mais l'action contre la Sainte-Alliance a bien aussi son côté favorable ; et si je me réjouis de voir la révolution contrainte de tourner son activité vers l'industrie , je me réjouirais bien davantage encore de voir la société industrielle arrivée à l'époque où, dégagée de toute pensée
ambitieuse y eile sera en même tempsiissez puissante pdur renvoyer aqsc occupations utiles cette cohue tumultueuse d'intrigans et d'ambitieux qui la dépouillent et qui Toppriment.
De ce double efFort que n'ont cessé de fisiire^ depuis l'origine de la société^ une partie des hommes pour contraindre les autres au travail^ et ceûx<i pour restreindre la puissance de ceuxlà^ sont nés dans la marche de la civilisation deux mouvemens distincts y Fun d'ascension de l'esprit d'industrie , l'autre de décadence de l'esprit de domination ; l'un d'accroissement des classes laborieuses , l'autre de décrbissement des classes dominatrices.
Dans le commencement les classes domina-trices étaient tou* , et les classes laborieuses rien ; à la fin ^ les classes dominatrices ne seront rien, du moins comme dominatrices , et les classes la* borieuses seront tout, la société sera constituée pour le travail. Dans la vie sauvage, la classe laborieuse n'existe point ou existe à peine : elle se compose seulement des femmes; dans la vie nomade, il s'y joint un petit nombre de captifs, qui sont préposés à la garde des troupeaux ; d?ins la vie sédentaire, elle s'accroît d'un nombre