‹ L'industrie et la morale considérées dans leurs rapports avec la libertéChapitre 16 sur 20 · OBJECTIONS ^T RÉPONSES. ^IJ · texte numérisé non relu

OBJECTIONS ^T RÉPONSES. ^IJ

Je n'ai qu'une réponse à faire à ces plaintes^ c'çst qu'on méconnaît la nature de l'industrie et de la civilisation qu'elle fait naître ; on se laisse abu ser par des ressemblances qui n'existent point; on <^QnfQnd.les nations civilisées avec des barbares amollis et dégradés.

Il y a eu deux sortes de sociétés dans le.monde : 4es guerrières et des laborieuses. Les premières, pleines de vigueur à leur origine, oat toujours fini par s'é^jierver ; les secoades, faibles en nais- ^n t^ tçndent par leur nature à acquérir toujours plus de force.

Le b^au temps des. spciété^ guerrières., c'est leur premier tempç. ^Elles se montrent nobles , ardentes, énergiques, tant qu'elles sont,pauvres çt miJiit^Q^teç.. Mais qua^d leur objet est atteint, quand elles ont cessé de lutter, quand ellçs, n'ont plus qu'à jouir des biens que leur a donnés la guerre, elles oul^lient les ..vertus^ de. la guerre sans apprendre celles de la paix. Elles perdent il est vrai la rudesse de leurs formes ,. elles deviennent élégantes, voluptueuses^ recherchées^ polies : on ne saurait dire véritablement qu'elles se civilisent. « Changez quelques noms, dit un historien, levez une légère écorce et vous trpi^*

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verez dans les iHarqQis de Louis XIY les compagnoiis de Brentius et de Bellovèze , si ce n^est que les petits barbares du dix«septîème siècle portent dei perruques , de Fambre et des dentelles*. M C'est aittsi que se dvilisent lés dominateurs de profession : guerriers farouches dans Torigine , ils deviennent avec le temps' des sibarites effémiités ; le changement qui se fait en eux ressettible rtioiûs à un progrès de la civilisation qu'à une dégiénérâtioù'd'e la barfiariè. Voilà, si ]e ne me trompe, Fespèce de culture épae lek Turcs ont trouvée autrefois dans le Bas-Empire^ toilà celle qu'ils sotit pàrYènUS à vsfincre et à éto^îffer. Je ne nie point qii^l n*y ait beaucoup de cèlle-là en Europe , et que cette civilisation , née de la barbarie, ne nous défende mal contre les barbares J taais ce n'est pas celle qti*engendrè l'industrie.

Là sotiété indUstHélle ^ eu ûtte destinée toute opposée à celle des peuplés guerriers. L'époque la plto rjapprôchée dé son origine a été son époq)ae la moins noble. Elle a passe sob enfance dans la servitudte, pauvre, faible', ig^norante, humi-

(i) M. Lémontey, Essai sur rétablissement monarchique de Louis kïf^.

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liée j accablée d'Àojujstîeés ^l cToutragea. On ne jleut rien iniérer contre elle dés triomphes qne 2a barbarie a obtenus antrefois sur les dcHnina** leurs énervés d'Athènes^ de Rome et de'fiyzance : ce n'est pas elle quia été vaincue y à peine alors existait* elle; elle était ^ je Tiens de le dire ^ dans Fesclavage et ravilxssemetit. Mais depuis elle a pris de# forces ; elle s-e&t s^rancbie ejt développée^ elle a couvert le solde l'Earope de popu^ laiions innonabrables »; riqfaes, intellig^entes ^ ac^ tives; et^ quoiqu'^llf^ n'ait ;en€Oa:*e acquis ^ sous tousleâ rapports et notamnient sous le rapport politique ^^^ qu'une faibU poptie^a de la ppiësancé qui lui e^ti destinée, si les botdes noKiades ou barbares de l!Asie vj^ujiaient'recomwiencer leurs anciennes in$uir$iops on Europe^ellesapprendraiecit bientôt 1a di0erei>ce /qu'il j.a.e&tre la civilisation de noire temps et celle qu'ils onrt âutrefoisTaid- .cue;i.^:atrie les peupil<€4 queïe tàravail a élevés et de$'pâiaplé$ q%e T^i^erciée de la domination avait avilis. Jle^l puérile ^de croiiteq^'on peut donnei) i des bairb^resJa force di'u». peuple indus trieof: en leur donnant sa tactique niiilitaire : oe- serait, peu d'iuslruire et de discipliner leurs, troupes y il faudrait leur donner, àusisi les.Haoy ens de les recru-

ter , de les nourrir , de les payer ; il faad|*ait leur donner rindùstrie qui crée , renouvelle et accroît vsans cesse toutes les ressources. Désormais les peuples barbares ne pourront se mettre en mesure de lutter contre les peuples civilisés qu'en prenant leur civilisation j et en prenant leur civilisation ils perdront Tenvie de leur faire la guerre : impuissans s'ils restent incultes, ils ne seront plus à craindre dès qu'ils voudront se civiliser. De ce que noûs^ ne sommes plus susceplibles de leur fanatisme sauvage, faut -il donc conclure que nous^ sommes incapables de conviction? est*il indispensable de croire au Coran pour être convaincu de la nécessité de la justice? Si quelques persuasions religieuses s ç sont affaiblies^ la plupart des idées morales se sont épurées et fortifiées. On apeut^tre moins de foi dans de certains miracles ; mai^ on sent plus vivénient de certaines 'iniquités, |^eaucopp d'incrédules croient très fermement à l'iiijifôitice^de la traite, de l'esclavage y des naK^nopoies , des privilèges, etc.j etquoiqu'on ne se passiôWne peut-être pas pour ces utiles croyances autant qu'on l'a fait tropsouvent pour des billevesées , il faut pourtant bien qu'elles ne soient pas sans force puisque tant

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d^hommes se croisenf contre elles d'un boiit à Fautré de TEurope , et que leur ligue formidable ne peut empêcher qu'elles se propagent et se trouve même entraînée à leur faire des concessions : le congrès de Vienne décrète rabolitioh de la traite; la Russie affranchit ses serfs; l'Angleterre reconnaît l'indépendance des colonies espagnoles; la monarchie française traite avec la république 'noire d'Haïti; le gouvernement Anglais réforme ses lois commerciales et abandonne le régime prohibitif; celui de la France se ' plie au joug de la liberté de la presse, etc., etc. Voilà quelques-uns des hommages qu'on a rendus depuis dix ans; aux croyances- morales de l'industrie : tout cela prouve-t-il que ces crojau" ces soient sans force? tout cela prouve-t-il que l'industrie nous ait amollis, désarmés^ abâtardis?

Encore une fois, n#us n'avons rien de commun avec les dominateurs dégénérés que vainquirent autrefois des barbares plus robustes; nous ne sommes pas de la même civilisation i ils s'étaient élevés par la guerre, nous nous sommes élevés par le travail ; c'était la domination qui les avait amollis, c'est le travail qui nous a

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fortifiés. Plus nous nous livrerons à l'îiiclustriey plus nous acquerrons les connaissances et les liabitudes qu^elle réclame, et plus, sous toijis les rapports y nous acquerrons de puissance et àe liberté.

Sbcondb OBJECTioir. D'autres personnes^ en reconnaissant que nos progrès de toute espèce se lient au développement de nos facultés productives^ ont mis en doute qu'il dépendît de nous de développer ces facultés. « Des gouvernemens qui voudraient abuser de leurs avantages n'auraient-ils pas, m'a-t-on demandé , le pouvoir de rendre impossibles tous les progrès honorables et profitables que voudraient faire les nations industrieuses? »

Je réponds que C€;s nations s'appartiennent; qu'elles ont l'initiative de leurs progrès; que ce sont elles qui font leurs goyvernemens et non . leurs gouvernemens qui^&s font; que leurs gouvernemens no sont que l'expression des idées et des habitudes politiques qui prédominent au milieu d^elIes; qu'en un mot les obstacles à leurs progrès qui paraissent venir des gouvernemens ne viennent que de leurs propres idées.

w Mais , poursuivent les mêmes personnes ,

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û'e^i-il pas aa pouvoir dû cea idées d'ôpap^ph^* que des idées meilleures ne deyiep»eQt pyédk)minantes , de maintenir lefïP autorité mv çps q»- \H>ns, et d'y. perpéNer les mêmes obstgeles? m > Je réponds que n<^D , et rexpQrieôce i'aU^$t0« A quelle époque en eflPet lés obs|;s^c]les à tput progrès oot^ils été plus forts qu^ dftnei la grQi^* sièreté de nQ§ ptremiers %esj et lorsque lesi pppulations de TEurojpe n'étaiei^t ençQté que des mmas de maîtres féroces Qt d'e^clayes abjepts? Cependant a-t-il été au pouvoir. de ravilissem^nt et de la )>arbarie qui gouvernaient ep ces teipp^ de nous empêcher de devenir ce qpo povi^ som^ mes? p'est-il par permis de çpqeevoir quelque espéi'anpe en voyant les serfs du moyen âge devenus les nations florissantes et pombrepses de rage présent? sommes-nous moins capables de progrès que nous ne TétiOQ^ à cette époque?

avons-nous plus d'obstecles à vaincre, ou moins de moyens de les surmonter? Je ne yen^ sûre-^ ment pas bier la puissance des erreurs et des vice? qui nous travaillent encore , et qui constituent tout ce qu'il y a d'excessif dans les dominations du temps; mais j'espère que ce^s travers

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ne sont pas iûdestructikles. Je crois fermement que le jésuitisme est destiné à être vaincu eh nous par l'esprit de morale ; que la manie honteuse des privilèges cédera tôt ou tard à l'esprit d'équité; que les idées favorables à Témancipation des colonies et à la liberté du commerce remplaceront enfin l'esprit de monopole et l'esprit colonial , etc. , etc. Quelle nation a été plus entêtée que la nation anglaise du système qui fonde la prospérité d'un pays sur l'appauvrissement de tous les autres ? cependant ne la voyons-nous pas embrasser aujourd'hui d'autres idées? Les nations reviennent donc de leurs méprises , cela n'est pas douteux ; ' et il est certain aussi qu'à mesure que des idées plus vraies deviennent franchement prédominantes , le sceptre passe tout naturellement dans leurs maios. .

Troisième objection. Enfin d'autres personnes, en reconnaissant la^possibilité de corriger un peuple de ses préjugés et de le faire passer sous l'empire d'idées nouvelles et meilleures, trouvent beaucoup trop lente cette manière d'opérer le bien. Ilfaut convenir, m'a-t-on dit, qu^une telle méthode n^a rien de bien offensif

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pour le pouvoir ^ et quHl doit peu s^ inquiéter des progrès qu'elle pourrait faire '.

Il ne s'agit ni d'offenser, ni de flatter le pouvoir; il s'agit de reconnaître comment on peut com- I>attre utilement le despotisme : faut -il faire la guerre aux vices sur lesquels il s'appiiie, ou seulement aux fripons qui les exploitent?

Je sens, comme un autre , tout ce que méri-r tent de haine les hommes qui profitent sciemment des travers d'une nation pour l'opprimer ; mais je sais aussi que lorsque ces hommes se sentent protégés par la corruption , l'ignorance ou la pusillanimité du grand nombre , ils se rient entre eux des haines isolées qu'ils inspirent et des attaques particulières dont ils sont l'objet. On se persuade qu'il est possible de détruire un abus avant d'avoir détruit le vice ou l'erreur populaire sur lesquels il est fondé, avant d'avoir rendu prédominantes les idées et les habitudes qui lui sont contraires : c'est une illusion déplorable et qui nous a énormément nui.

, Qu'ont fait contre la tyrannie de la censure toutes les révolutions politiques opérées parmi

(i) Revue encyclopédique , cah'Ser de janvier iBà&.

4a6 cKAPifâE Kl.

nou&vi^puîs près de quarante gobées? a-è^oo vu cette tyrannie disparaître avec les pouToir^ .k, Teiii^teDce desquels on la croyait liée ? nullement; et pourquoi cela? parce que sa force n'é-f tait pas seulement da^s le pouvoir ojais daoô noa préjugés ; parce que la censure pe répugnait pas

assez à la raison commune; p^rceqîe, dèslops. on pouvait la conserver où }a rétablir sans foire violence au sens commun ; parc$ que la nation ne sentait que faiblenpient encore Timportance de la liberté de la presse ; parce qu'on avait la simr plicité de croire que la discussion des affaires pqbliques ne regardait pas le public » ou lneî> que la liberté d'écrire u'iàtéréssait que les écrivaios, ou je /ne sais quelle autre bêtise encore. Pour-r tant la censure a fini par être réellement abolie ; et, tandis qu'aucune révolution n'avait pu ladé^truire , ilseoiblequ'aqcune contre-révolu tionjue saurait désprmais la rétablir , puisqu'elle est répudiée par la contre-révolution même. Sait*OD comment nous en sommes v^nus là? parle bér ^éfiçe du temps ; par l'efiet de la discusHon , qui est parvenue à ruiner dans les esprits les mau^ vaises raisons qui la soutenaient; parce qu'on sait beaucoup mieux à quel point elle est inique^

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insolente , efftotitée ; parce qu'on a va qu'elle ne respectait personne y pas f^u^ les grands que les petits , pas plu$ les princes que les sujets ; parce qu'enfin la libetté des débats pubHcs est bien près d'être devenue une nécessité publique^ et que personne n'est plus guère disposée sup» porter dans qui que ce soit l'insupportable prétention d'imposer silence à tout le monde;

Je passerais successivement eu revue tpus les genres d'oppressions qu'un peuple peut souf«* frir que je serais assuré d'en découvrir ain^ lès appuis dans des erreurs répandues, dans des vices accrédités. Bien loin de tirer leur force du des* potisme> c^est de ces vices et- de ces erreurs que le despotisme en général reçoit la sienne. Ce sont eux qui le constituent; qui le maintiennent^ qui le perpétuent; et l'on aurait beau le détruire sous une forme y ils ne cesseraient y tant qu'ils se* raient les plus forts , de le reproduire sous une autre.

Non - seulement on n'est pas èûp de corriger un abus en faisant la guerre au pouvoir qui le

rotège » mais pour le détruire, il ne suffirait pas même toujours d'avoir pour auxiliaire le pouvoir : il y a de cela millie preuves.

Louis IX ^ en ia6o, voulut abolir la sauvage coutumedes duels judiciaires ; les seigneurs ecclésiastiques et laïques le traitèrent èUmbécilley àe bigot f àe papelard y de béguin^ de tyran ^ àe parjure y etc. , etc. Ses ordonnances n'eurent point d'exécution, et trois siècles plus tard cet usage n'était pas encore entièrement abandonné'.

Le même roi, en 1266, voulut proscrire une coutume bien plus sauvage encore , le droit de prise ^ c'est-à-dire le droit que s'arrogeraient les gens de la cour , dans les voyages du roi , de prendre chez les particuliers tout ce qui était à leur convenance : il ne' fut point obéi. En i5i5, Louis-le-Hutin renouvela les mêmes prohibitions : il ne fut point obéi. Philippe de Valois les renouvela en i345 : il ne fut point obqi. Le roi Jean les renouvela en i35i, et il fut sans doute mal obéi; puisque , dans le courant de la même année, il fut obligé de réitérer les mêmes défenses. Charles V, en 1367, voulut au moins modifier cet odieux usage ; il laissa subsister le droit , de prendre en imposant seulement l'obligation de payer : on usa du droit et on laissa de côté

(i) Dulaure, Hist. phys. civ. et mov. de Paris, t. II, p» M'» de \sk prem. édît.

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l'obligation. Charles YI» en 1407^ décréta que le droit de prise serait suspendu pour quatre ans dans tout le royaume : on continuait donc toujours à en user. Il se maintint encore durant plu* sieurs règnes, dit Dulaure \

On 9 commencé , en 1776 , à décréter l'aboli^ tion de la traite des nègres "* : il y a de cela quarante-neuf ans , et la traite des nègres dure en- .core. Il a fallu , en Angleterre , seize ans de dé- .bats parlementaires ayant qu'on ait pu se résoudre à renoncer à cette infamie. Elle a été .proscrite en France en 1791, et elle y est encore ouvertement tolérée en i825> Les princes de l'Europe , qui font entre eux , suivant la remar^ que de Montessquieu / tant de conventions inu- .tiles , ont voulu , une fois , comme il le demandait , « en faire june générale en .faveur de la miséricorde et de. la pitié » : en i8i4^ un acte du Congrès de Vienne a aboli le commerce des esclaves :'cet acte j de la part de plusieurs peuples,

( I ) Ib. p. 373, 374 et 586 à Sgi . Voir la manidre dont s'exerçait le droit de prise dans une ordonnance de Charles V, rapportée p. 587 de ce volume. C'est une pièce fort curieuse.

(■î) L'exemple a été donné en Amérique par l'état de Virginie, f^a^. VHist. de l'abolit, de la Traite^ par Thomas Clarkson.

45o ghapitae: xt. •

û'ai?eçu ]M7esi(}u« a'iicuBe exécution» et il s'écoei'lera peut^^tre un quart de siècle avant qu^il soit franchement et généraleme&t exécuté.

Il serait bien aisé <de multiplier ies^^ es^emples. Je ne finirais point Si je voulais rapporter totitels les preuves qu'ion a de celte impuissance des lois à iaire exister ce qui n'est pas encore établi dam les espHts^ à donner de lalbrce à ce qui n'a pas acquis un appui suffisant dans les opinions et ddns les habitudes. A vrai. dira même, on ne (Uit pas les lois^ c'»t le teinp^ qui les fait. Il faut qu'une chose existe- en Téalité avant que l'on puisse concevoir là peBoae dé la coosaôrer en principe : le projet de vivre en société n'a pu njaître que de la société déjà formée ; l'idéède la propriété nTa pu venir que de l'habitude oùétaient depuis longtemps las hiDmmes^ de réspMiey mutuellement leurs possessions 5 il s'était certainement opéré bien des muiatLOn-s avant que des lois songeas- ,8ertt à san^^tionn^r lés échanges ; on recueillait depuis long-temps les biens de ses parens dé- -cédés avant qu'on eût érigé» en droit la transmission héréditaire des fortunes. Telle est la marche naturelle de l'esprit humain. Il ne feut pas croire qu'on ait fait des l<Ms d'abord , et qu'en-

suite oA'ait ugi'coiiformément à leur» préceptes. JHoù : on s'^est d'abord avise de quelque id^e mm«^ telle > qui '^pafÀ plus juste; plus utile/ plus raisonnable que 1^ ûi$ages établie; peu à peu t^ette idée s'est l'épandue, et lorsqu'elle a été p¥6poffdéi?attt«'leS plàs forts Poût côntei^tie eh le» '• * . , : .

• On toit dont irf^riibien pieu il suffit , potir opérer une réforme V^l'fefli'pêcèeT que le gouverneihent la contrarie; puisque, la plupart du temps, il ne suffit pas mênïe qu'il là favorise. En général, ce n^est pas le pouvoir qu'il importe de convertir à unéicrôyance nouvelle pour la faire véritablement prévaloir; c'est le public, c'est nousmêmes. Quand («ptibliè sàît bien ce qu'il veut et veutbieii'ce qull sait, le gouvernement finit toujours par le vouteir. Ge n'est -pas que pour fonder un nouvel ordre de choses le concours dû pouvoir ne fût en tout temps utile et ne devienne à la fin indispensable : il n'est pas douteux que l'industrie, pour établirson règne, nefùtheureuse

(i) On trouve à cet ëg&rd des réflexions ^oit judicieuses daas un ouvrage déjà ancien , intitulé : die Vhomme et de la société. Voyez le chapitre 54* Cet ouvrage, assez peu connu, est de M. Salarille.

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