‹ L'industrie et la morale considérées dans leurs rapports avec la libertéChapitre 17 sur 20 · GHAPITBE XX · texte numérisé non relu

GHAPITBE XX

d'avoir dansles pouvoirs établis deshômtDes qui la comprissent et qui voulussent là seconder. Mais c'est encore à elle, qu'il appartient de forjner de tels hommes et de les porter à la' tête des affaires: c'est le public qui fait les bons ministres comipe c'est lui qui fait les.bonnes Ipis. On V(çsuï toi^jûws rapporter au cabinet anglais la gloire des réfoçmes q^ui s'opèrent en ce moment en Angleterre: il faut d'abord en faire hc|Queur à la nation anglaise. Ce n'est, pas M. Canning qui fait l'Angler terre; c'est l'Angleterre qui a,,fait.M. Canning. Le grand mérite, de ce ministre c'est d'être rhomme de son temps , et d'obéir. à des idées qui, dans son pays, sont devenues dominantes. ;L^éprivaiûs politiques qui attribuent à des noms propres le? maux que souffre le public, en croj^ant le servir le trompent, et en voulant le j^iat^er l'outragent. Quoi de plus injurieux en effet à adresser à utie nation que de lui dire qu'elle ne peut rien pour elle-même; que sa destinée dépend de tel de ses membres qu'on lui représente comme un sotoxi comme un fripon; qu'elle n'est ignorante ou éclairée , heureuse ou misérable que parce qu'il plaît à tel ministre qu'elle soit cela ou Cela? Coinbien ne la servirait-on pas mieux et ne l'hono-

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reraijt-ôa pas davantage en lui montrant que c'est elle qui fait sa bonne et sa mauvaise fortune ; que c'est elle-même qui se gouverne; qu'elle ne peut pas ne pas se gouverner; que, voulût-elle ne pas s^occuper de son sort , elle en déciderait encore ; que lorsqu'elle ne se gouverne pas par sa raison, son activité , son courage , elle se gouverne par son imprudence , son apathie , sa pusillanimité ; qu'il ne dépend pas d'elle, en un mot, de se dérober à sa propre influence; qu'elle est sa maltresse malgré qu'elle en ait, et qu'en aucun temps elle ne peut accuser qu'elle-même de ce qu'elle éprouve d'oppressions et de misères.

Pour moi, je l'avoue, je ne puis voir les excès du pouvoir sans songer avec amertume aux travers publics qui les rendent possibles* Je sens très bien que si leâ injustices dans lesquelles il tombe étaient mieux comprises et plus universellement ou plus fermement réprouvées, elles ne se commettraient pas. C*est donc au public que je suis toujours tenté d'en attribuer le blâme; c'est à lui que je voudrais réserver les reproches, les sarcasmes, les traits amers qu'on adresse uni. quement à ses minist|es. Ou plutôt je sens qu'en

évitant de peçdre son temps à faire la guerre aux

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dépositaires iufidèles ou malhabiles de sa puissance^ il faut éviter aussi de lui adresser à luimême des paroles envenimées. Il est sans doute la principale cause du mal; mais il en est aussi la première victime; il est plutôt abusé que corrompu y et il est sensible qu'on ne le guérirait pas de son erreur par des invectives. Il n'y a vraiment qu'une chose qui serve , c'est de l'éclairer, c'est de lui donner de la nature des choses des idées si simples , si vraies y si fortes , si propres à saisir sa raison et sa conscience, qu'il devienne comme impossible de faire le mal sans le blesser dans sa conscience et d^ns sa raison. En un mot, de quoi s'agit-il? de faire prévaloir une croyance, un système, n'est-ce point? de substituer aux idées qui gouvernent un ordre d'idées qu'on juge plus dignes de gouverner? Eh bien, je dis qu'à moins d'un miracle il est impossible d'établir solidement un nouvel ordre d'idées dans les lois , avant de l'avoir fait^asser réellement dans les esprits : il faut conquérir l'assentiment éclairé du grand nombre. '

(i) Je dis l'assentiment éclairé, parce qu*il n'y a que celuilà qui puisse conduire au but. La nature ne se départ pas plus

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