‹ L'industrie et la morale considérées dans leurs rapports avec la libertéChapitre 8 sur 20 · INFLUENCE DB VA. RAGS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DB VA. RAGS

lement sur les pl^ptes et sur les animaux ^ qui agit surtout dans l'état dç domesticité, et aveô une force d'autant plus grande qu'on est dans un état plus avancé dé culture et île rivilisation *?

ces causes , mais il prouve qu^elle s^arréte aux individus et n'affecte jamais les races. L'explication qja il donne de la différence des races semble beaucoup plus vraie.

(i) W. Lawrence parait être le premier zoologiste qui ait donné cette explication de la diversité des râpes humaines. On pe peut suivant lui assigner qu'une cause raisonnable à cette diversité : la survenance occasionnelle, accidentelle d'eafai^ . nés avec des caractères par ticUlier^ et jusqu'fdprs inconnus , qui en font une variété nouvelle, et la perpétuation de cette variété par la génération. (Koy. l'ouvrage cité^ p, 3oo, 44^» Sio et 5i5.) M. Lav^rence avoue que> dans Tétat actuel de la adeBce, on n'a aucun moyen d'expliquer ces sviryenances inattendues de nouvelles races; mais rexpérience démontre, dit-il^ qu'elles sont possibles, et il en cite de nombreux exemples. Il rap* porte , entre autres, celui d'un homme appelé Edouard Lam*^ berg , né dans le comté de Sufiblk , à qui Ton avait donné le sobriquet de Porc-Épic , parce qu'il avait tout le corps , moins la face , la tête , la plante des pieds et Tiiittérieur des mains , tout couvert d'excroissances assee analogue à celles dont le pocc-épic est revêtu. C'était comme une sorte de verrues noires , d'une, substance cori^ée, longues d'environ un pouce, serréea les unes contre les autres, roides, élastiques et. réspnnantes. Cet homme fut présenté en 1731 .à la société Voyale de Jiondres. Il se maria et eut six enfans, tous porcs-épics de naisaaace , comme lui. Un seul de ces enfans vécut H S^ maria à son tour, et transmit h ses descendans le trait caractéristique de sa race. On a vu, en Allemagne, les deux enfans qu'il eut, John et Édouai-d Lamberg : ils avaient Fun et l'autre la peau recou-.

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Touii^s ^es .q,ue$ti6tis> plus au moûis Glorieuses ^ plu6 oq mmn&ii)j;pQr.tanteâ> sont du dDmain^.d^ la zoologie ^ et je a'ai poiut à nxon occuper dw& cet ouTJ^ag^. Mais ce dont j.e peux. et dois m'occupa iici, c'est de savoir si des différences aussi sensibles , aussi perwan eûtes entre les variétés-, n'eu dcHvent entraîner aucune dans le degré da culture, etpar s^itedans le degré de liberté dont eUefi'sont susceptibles.

4- .il »*^3t ï>»s possibte de douter qiu'elles n'en entraînent de considérables. On sait à quel point Tâgë, les infirmités, les p^ssiofij^ in|Li;i,en.t ^r l'usage que l'homme est capable de faire de ses fojrce3 : cQi»mept la différence de co<\£Qrmation

verte des mêmes çxciH>issances que le\^ père et leur aïeul. — Or, supposons maintenant, dit Lawrence, que, par Teffet de circonstances qutflconqoes , cette famille se fut oibuvée reléguée dans une île déserte , et s'y fût perpétuée par ^^énération : elle aurait formé dans Fespèce une variété bien plus différente de nous que ne Je sont les nègres ; et si , plus tard, cette île avait été découverte, on n'aurait pas manqué de dire que c'étaient Tair, le sol , le climat qu^ en avaient ainsi défiguré les habitans ; ou bien on animait soutenu que c'était une espèce- qui a'ayait pu provôiit' d'aûcii^e autre^ une espèce origipcurçment différente , et nul de nous sans doute n'aurait voulu reconnaître pour parente une race d'hommes porcS'épics, ( Ibi'd^ 44^^ ^

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serait-elle à cet ég'ard sans iûfluence? On reconnaît que cette diâPerence en peut mettre une grande entre la capacité de deux individus :

comment n'en mettrait-elle aucune entre la ca* pacité de deux races? On avoue que, hors du genre humain et dans les autres espèces 3'animaux, toutes les variétés ne sont pas suscep- ^ tibles d'une éducation uniforme; que, par exemple, il n'est pas possible de donner au cheval flamand la vitesse du cheval anglais ou limousin , de procurer au dogue^l'agilité dli lévrier, de donner au lévrier l'odorat du chien de chasse, de communiqji^er au mâtin l'intelligence du barbet et du chien de berger : comment donc serait*il plus facile de tirer un même parti de toutes les races d'hommes? Existe-t-il entre un Boschismen et un naturel d'Europe , entre un Caraïbe et un Caucasien moins de différence qu'entre un mâtin et un chien de chasse, qu'entre un coursier arabe et le cheval pesant que nous employons aux charrois? - ^

Je suis loin de prétendre que certaines variétés de notre espèce né sont susceptibles d'aucune culture; je crois qu'une qualité commune à toutes c'est d« pouvoir se perfectionner par

l'éducation ;' mais il ne payait pas possible d'ad-* mettre qu^elles sont toutes également perfectibles%

5. Etd'abo^'d^ comment admettre que l'Ëski*^ mau pourrait par la culture devenir aussi grand que le Patagon? que les Holtentots pourraient acquérir autant de force qbe les Cafres ? que les Lapons , les Groenlendais et les autres peuples pygmées de fa variété mcwigole parviendraient à^ tirer de leurs facultés physiques le même parti que les races lés plus belles et les plus robuistes de la variété caucasienne ? Quand les Espagnols envahirent r Amérique, dit Herréra, ils trouverent en général les Indiens plus faibles qu'eux, et ce fut même cette faiblesse des Indiens qui donna lieu à l'introduetion des esclaves d'Afrique y beaucoup plus capables de soutenir les rudes travaux des mines'. Volnej remarque que,' dans leurs combats soit de troupe à troupe^ loit d'homiueà homme, les habitans Européens de la Virginie et du Ken^tuckj ont toujours déployé plus de vigueur physique que les indigènes de

(1) Dec. I , lib. 9, cap. 5.

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rAmérique septeDlrjonale'. Plusieurs autres voyageurs ont trouvé, sur divers points de FAïaé* rique du nord , la même infériorité de force nius» culaire aux naturels du pays* 11 est sensible enfin que, par cela même qne certaiàes variétés diffèrent par la taille et les justes proportions du corps, elles doivent différer aussi par la vigueur physique, et que, sous ce rapport, elles iie peuvent se développer et devenir libres qu'à des de- ^grés très inégaux.

6. Au reste la force que les^liommes possèdent dans leurs bras est toujours si petite en comparaison dé celle qu'ils peuvent se procurer par leur intelligence qu^elle niérite à peiue d'être comptée; et, quelque différence qu'on puisse remarquer en Ire leurs muselée, je n'hésiterais pas à (lire qu'ils sont susceptibles de la même liberté, s'ils l'étaient d'ailleurs du même degré dé^ulture intellectuelle et morale* Mais la diversité de leur conformation physiquie li'en doit*eUê entraîner aucune dans leurs pouvoirs moraux ? Peut-on admettre que les sauvages tribus de la

(i) Tableau des Etals-Unis, t. I, p. 447*

Terre-de-Feu ou de la Nouvelle-Hollande seraient capables y dans des situations d'ailleurs égales j d'apprendre à faire* de leurs facultés intellectuelles un usage aussi étendu et aussi raisonnable que les nations de TEurope les plus heureusement organisées? ^ '

J'ai déjà fait remarquer la différence que les, principales variétés de l'espèce offrent dans la conformation de la tête. Cette différence est l'une de celles qui les distinguent le plus fortement; et un Nègre ^ un Calmouck^ un Européen ne sont certainement pas plus séparés par la couleur de la peau que par la forme du crâne, Pense-t-on qu'une pareille différence dans les organes intellectuels n'en doive produire aucune dans les fonctions de l'intelligence? et, voulût-on ne voir dans l'homme qu'un pur esprit servi par des organes , serait-il possible d'admettre que cet esprit est également puissant, quels que soient les organes . qui le servent?

Nous n'avons, je le sais, aucun moyen de connaître commenta cet égard le physique influe sur le moral; mais il est d'observation constante en zoologie que plus la tête des animaux s'approche de certaines formes, et moins est

imparfait Tusage qu'ils peuvent faire de leurs facultés intellectuelles. C'est par là, que certains animaux se montrent supérieurs à d'autres. C'est par là surtout que l'homme s^ distingue de la brute : pourquoi Ja même cause ne distingueraitelle pas l'homme de l'homme?

7. Si les phénomènes de l'intelligence ne dépendaient en rien de l'orguniâation physique, on ne remarquerait aucune, co^ïncidence entre les lumières des peuples et le mode de leur conformation. On rencontrerait indistinctement? dans toutes les races , un même mélange d'habileté et d'impéritie , de prospérité et de misère ; les beaux caractères et les grands talens se montreraient en même nombre, toute proportion d'^^illeurs gai^ dée, dans les meilleures conformations et dans les organisations les plus imparfaites ; l'Ethyopien , le Mongol, l'Européen seraient au ntême point civilisés. Mais il s'en faut qu'il en soit ainsi. Il se trouve au contraire que la supériorité de civilisation coïncide généralement avec la supériorité d'organisation physique, et que les races les mieux faites sont aussi les plus civilisées. Le Calmouck , à la face larjje , au front écrasé , ne

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s'est pas en général beancoup élevé au dessus de la vie nomade; le nègre, au crâne étroit et allongé, a toujours croupi dans un état voisin de la ptire barbarie ; tandis que le Caucasien y dont le front est très développé, et la figure presque verticale, est parvenu à diverses époques, et surtout dans les temps modernes, à un degré comparativement très élevé de civilisation. De tous les animaux de notre espèce, le plus susceplible de culture, c'est sans contredit l'homme de couleur blanche , c'est l'animal que Linnée appelle homo sapiens europeus.

Je ne dis pas qu'un certain nombre d'individus dans les races obscures ne puissent s'élever aussi haut et plus haut peut-être que le commun des hommes de la race blanche : je sers^is certainement démenti par les faits* Je sais qu'on peut citer des exemples de nègres qui se sont plus ou moins distingués dans les arts , dans les lettres, zuéme dans les sciences '• Mais ces exceptions, quoique nombreuses, ne le sont pas assez pour

( i) Voir les exemples rapportés par Blumenbabh, degen. hum, 'var^ nat. , et ceux qu'ajoute Lawi'ence , <p. 4^4 ^^ 49^ ^^ l^ouvrage déjà cité. Voir aussi Tlntéressant ouvrage de M. Grégoire 5ur la littérature des nègres.

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