‹ L'industrie et le commerce de l'EspagneChapitre 49 sur 70 · pièces d'argent · texte numérisé non relu

pièces d'argent

« Et, en outre, une livre d'argent à chaque soldat de son armée.

« En réunissant ces contributions de guerre, on trouve qu'elles s'élèvent approximativement aux valeurs intrinsèques exprimées ci-après :

Lingots d'argent. . '353.462 livres romaines. . . 30.110.000 ïr.

Lingots d'or 3.565 *~ ... 4.149.000

Argent monnayé 954.000

Valeur totale 35.213.000 fr.

Cette richesse est loin d'égaler sans doute celle dont on gratine ordinairement ces temps éloignés. Mais cependant il faut remarquer qu'il ne s'agit ici que de la part du fisc romain dans les contributions imposées aux anciens habitants de l'Espagne, ou réservée pour lui dans le pillage de leurs cités. On voit, par l'exemple de Caton, que l'armée recevait officiellement une part aussi grande, indépendamment de ce que les généraux et les soldats s'appropriaient clandestinement. Il est probable que les chiffres ci-dessus ne constituent qu'une dîme militaire prélevée sur les richesses ravies aux vaincus.

On peut déduire de ce qui précède que l'Espagne avait, lors de sa conquête par les Romains, une quantité d'or et d'argent presque égale à celle qu'elle possédait en 1782, dix-huit siècles plus tard; mais il faut faire remarquer que les richesses d'or et d'argent, soit en numéraire ou en bijoux et lingots, qu'elle renfermait à cette époque reculée, provenaient de ses sables aurifères ou des filons de ses mines, tandis qu'à la fin du dernier siècle toute sa fortune en métaux précieux lui avait été fournie par le Nouveau-Monde.

L'exploitation des mines, qui fut d'ailleurs très active sous la domination romaine, cessa complètement lors de la chute de l'empire et des invasions des Goths; elle fut reprise partiellement par les Maures, mais abandonnée après leur départ.

Quelques tentatives furent faites dans les detix derniers siècles pour retrouver et mettre en valeur les anciennes mines romaines, mais les événements publics, l'incurie du gouvernement, l'ignorance des entrepreneurs firent échouer tous les projets.

Aujourd'hui, plus on travaille dans les mines d'Andalousie et plus on retrouve des traces des exploitations romaines, voire môme jusqu'à des galeries encore conservées.

Dès le siècle dernier, on constatait cependant un certain réveil de l'industrie minière en Espagne. Marcheux rapporte qu'au commencement du dernier siècle, le Guipuzcoa avait 94 usines* fournissant 100.000 quintaux de fer et la Biscaye 180 usines donnant 80.000 quintaux. Pedro de Molina assure que, de son temps, ces deux provinces contenaient 300 usines produisant . 1.000 quintaux chacune, ce qui semble exagéré.

D'après Bosolès, Larruga, Hoppensack, Haussemann, les principaux gisements miniers de l'Espagne étaient divisés comme ci- dessous :

Arsenic et cobalt. — Vallée de Gistan, Pyrénées- Orientales.

Antimoine. — Santa -Cru z de Mudela, monts de la Manche, Santiago.

Zinc. — Cazalla, près Cordoue, en Andalousie.

Fer. — Mondragon, dans le Guipuzcoa, la Biscaye, la Catalogne, etc., etc.

Etain. — Giervos, près de Monterey, en Galice.

Plomb. — Çaujagar, province de Jaè'n, Alpujaras.

Cuivre. ~ Rio-Tinto, sur la frontière du Portugal.

Mercure. — Almaden, dans la, Manche.

Argent. — Guadalcanal, en Andalousie, Sierra- Morena.

Or. — On supposait que les mines, dont les Romains tiraient 30.000 marcs d'or, étaient situées en Galice et dans les Asturies.

Hoppensack, qui explora, en 1780, les mines de l'Espagne, a donné l'aperçu suivant de leur production, dans un ouvrage publié en 1796 à Weimar ; Moreau de Jonnès y joint la valeur des métaux à cette époque :

Mercure

Plomb

Fer

Cuivre

ilogr.

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