‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 3 sur 84 · RATS · texte numérisé non relu

RATS

Le département du Tarn appartient par sa position géographique à ce qu’on est convenu d’appeler la zone tempérée chaude. Mais par suite des différences d'altitude, le climat n’est pas le même dans toutes ses parties. La partie orientale qui qui est la plus élevée appartient au climat auvergnat ou limousin, la partie occidentale appartient au climat girondin qui est un climat tempéré et constant : La température moyenne annuelle à Albi est de 13 degrés, soit 2 degrés et 4 dixièmes de plus que la moyenne de Paris.

Le département du Tarn se compose de quatre arrondissements ayant pour chef-lieu: Albi, Castres, Lavaur et Gaillac.

Les deux premiers renferment plus des deux tiers de la population totale du département qui est 330 993 habitants. Les villes les plus importantes du département sont : Castres (28.272 habitant) ; Albi (23.303 habitants); Mazamet (14.936 habitants); Carmaux (10.891 habitants); Graulhet (8.377 habitants) ; Gaillac (7.635 habitants) ; Lavaur (6.388 habitants).

La population est plutôt en décroissance ; il y a excédent de décès sur les naissances; en 1908, par exemple, il y a eu 6.775 décès et seulement 6.188 naissances ; cela vient, non pas de ce qu’il y a beaucoup de décès, mais de ce que la natalité est très faible. L'état sanitaire est bon. Il y a une

légère tendance à l’émigration vers les villes.

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L'agriculture est développée dans le Tarn, surtout dans la partie occidentale. Les 575.000 hectares du département se répartissent en 315.000 hectares de terres labourables, 45.000 hectares de prés, 30.000 hectares de vignes, 75.000 hectares de bois et 55.000 hectares de landes. Les principales céréales cultivées sont le froment, le seigle, l’avoine, l’orge et le maïs. Les prairies naturelles des régions de Mazamet et de Brassac, nourrissent de considérables troupeaux de bêtes à cornes. Les dépaissances de la partie montagneuse sont parcourues par des troupeaux de brebis, dont le lait sert à faire des fromages, que l’on envoie à Roquefort. Les 30.000 hectares de vignes, qui se trouvent surtout dans l’arrondissement de Gaillac, produisent de 700.000 à un million d’hectolitres par an.

Contrairement à la plupart des départements du midi de la France, le Tarn a un sous-sol assez riche en houille et en minerais divers: La production de la houille dans le Tarn a été en 1906 de 747.290 tonnes. Les deux importantes sociétés qui ont la concession du bassin houiller de Carmaux et du bassin houiller d'Albi occupent : la première, 3.183 ouvriers ; la seconde, 1.229,

Les mines d’Alban et du Fraysse, qui sont exploitées par la Société des haut-fourneaux,

forges et aciéries du Saut-du-Tarn, ont fourni

fo en 1906, 13.642 tonnes de minerai de fer. La même année, il a été extrait de la mine de Peyrebrune, près Réalmont, 1.268 tonnes de galène marchande, qui traitées par l’usine annexée à la mine, ont produit 493 tonnes de plomb marchand et 1.696 kilogrammes d’argent.

Le Tarn est bien pourvu de voies de communication, sauf de voies fluviales, le Tarn seul étant navigable et encore sur 70 kilomètres seulement. Le Tarn est sillonné par un excellent réseau de routes, et par un réseau de chemins de fer comprenant au total 435 kilomètres dont 311 à voie normale et 124 à voie étroite.

L'industrie la plus développée dans le Tarn est l’industrie lainière, qui, en y comprenant la mégisserie, occupe environ douze mille ouvriers. Les usines qui travaillent la peau de mouton et la laine, se trouvent toutes dans l’arrondissement de Castres, à l'exception des mégisseries, qui sont surtout à Graulhet, dans l'arrondissement de Lavaur. Dans l’arrondissement de Castres, il y a encore des fonderies, des ateliers de construction de machines, où l’on fait des turbines, des pompes, des métiers à tisser, etc, de très importantes fabriques de meubles, objets tournés et ornements en bois, des minoteries, une fabrique d’extrait de châtaignier dépendant de la Société de produits

chimiques de Saint-Chamond, des briqueteries.

Dans l’arrondissement d'Albi, l’industrie métallurgique est représentée par la Société des hautfourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tarn, qui a produit en 1906, 12.217 tonnes de fonte, 6.381 tonnes de fer et acier trempé, 5.962 tonnes d'acier fondu; cette Société est une des plusimportantes de France pour la fabrication du petit outillage (limes, scies, haches, faulx et faucilles, etc.) ; il y a encore dans l’arrondissement d'Albi, deux verreries, dont la Verrerie Ouvrière, des minoteries, des fabriques de pâtes alimentaires, des briqueteries. Dans l'arrondissement de Lavaur et de Gaillac, l’industrie est peu développée ; le centre industriel le plus important de ces deux arrondissements est Graulhet, dont nous avons déjà parlé.

Le but spécial de notre étude est l’une de ces industries, l’industrie lainière, dans laquelle nous faisons rentrer la mégisserie, complément nécessaire de l’industrie du délainage.

Dans notre première partie, nous étudierons l'histoire de l’industrie lainière dans le Tarn, depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours ; la seconde partie comprendra, tout d’abord quelques notions sur la production de la laine dans le monde, et sur l’industrie lainière dans les principaux pays, puis l'étude économique de l’industrie lainière

tarnaise; dans la troisième partie, nous exami-

nerons son organisation commerciale; dans la quatrième, l’organisation du travail.

En terminant cette introduction, nous voudrions adresser nos remerciements les plus sincères à tous ceux qui nous ont facilité l’accomplissement de notre tâche : aux patrons, qui, au cours de nos enquêtes, nous ont toujours réservé le meilleur accueil, aux Chambres de Commerce de Castres et de Mazamet, qui ont mis à notre entière -disposition les ressources de leurs archives, aux professeurs de l'Ecole Pratique de Mazamet et à M. l'Inspecteur départemental du travail qui, sur des points très importants, nous ont fourni les indications les plus précieuses. Que tous veuillent recevoir ici l'expression de notre bien sincère

gratitude.

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