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seizième siècle. Mais à partir de ce moment, les archives de la ville de Castres sont assez riches pour nous permettre de décrire rapidement ce que fut l’industrie lainière de la ville et de la région, antérieurement et postérieurement aux Ordonnances de Colbert du 10 avril 1770.
Au dix-septième siècle, période où la prospérité de l’industrie castraise est à son comble, la fabrication des tissus n’était pas comme aujourd'hui concentrée dans de grands ateliers ; elle était, au contraire, divisée en plusieurs opérations successives effectuées chacune par un ouvrier spécialiste travaillant chez lui.
Les premiers ouvriers employés au « laniffice » étaient les tondeurs de peaux, qui cueillaient la laine sur le dos des moutons; la laine passait ensuite entre les mains des blanchisseurs qui la lavaient. Elle était achetée par le marchand « facturier », qui dirigeait toute la fabrication, sans cependant en accomplir lui-même aucune des opérations, et qui était le propriétaire de l’étoffe (1).
Les femmes, de préférence les femmes des tisserands, filaient la laine au rouet ; elles donnaient le fil aux tisserands, qui fabriquaient l’étoffe, et la marquaient au moyen d’une marque personnelle à chacun d’entre eux, et qui devait avoir été visi-
‘1, Archiv. municip. Castres. BB 19, BB 21, HH 5.
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tée par le greffier de la ville. Le tisserand était tenu de mettre en œuvre, «tant à la chaîne qu’à la trame », le nombre de filets prescrits par les règlements (1). Quand la pièce était terminée, il la portait aux «surposés de la Bouille» qui la marqualent.
L’étoffe passait ensuite entre les mains du teinturier, car, à cette époque, c'était la pièce et non la laine, que l’on teignait. Si la pièce était « de bonne laine fine » (2), elle était teinte par le teinturier du « grand teint », si elle était de laine grossière elle était confiée au teinturier « du petit teint » qui pouvait employer des produits tinctoriaux de qualité inférieure. La dernière opération était faite par le pareur ou cardeur, qui apprêtait le drap au moyen de chardons. Enfin, les étoffes étaient marquées une seconde fois par les «surposés de la Bouille », et elles revenaient entre les mains du « facturier » qui allait les vendre dans les grandes foires du Languedoc.
Les étoffes fabriquées étaient surtout le « cordelat » et la « bavette ».
La première était une étoffe de bonne laine fort épaisse, de couleur blanche, grise ou bleue. Cha-
que pièce devait avoir jusqu’en 1670, quinze ou
(1) Archiv. municip Castres. BB 16, BB 19.
(2) Archiv. municip. Castres. BB 25.