CHAPITRE VII
Institutions créées en faveur des ouvriers
Les Caisses d'épargne reçoivent les économies des ouvriers de l’industrie lainière tarnaise. En sus de la Caisse d'épargne postale, il y a une Caisse d'épargne dans chacun des trois centres de cette industrie: Castres, Mazamet et Graulhet.
Les Sociétés de secours mutuels sont nombreuses dans le Tarn ; elles procurent à leurs membres, moyennant une faible cotisation, 6 francs par an en moyenne, les avantages suivants: gratuité des soins du médecins et des remèdes, indemnité journalière pendant la maladie et quelquefois pendant la convalescence.
Quelques-unes de ces sociétés s'occupent de constituer des retraites à leurs membres. A ce point de vue, il y a à Mazamet une institution très intéressante: la Caisse mutuelle des retraites ouvrières, approuvée par décret ministériel en date du 3 février 1906.
Elle a pour but:
1° De constituer à ses sociétaires une pension viagère à l’aide du livret individuel de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse.
2° De faire bénéficier ses sociétaires d'allocations annuelles renouvelables, majorant la pension viagère et payables par trimestres échus.
3° de développer parmi ses membres l'esprit d'épargne et de prévoyance.
La Caisse se compose de membres participants et de membres honoraires.
Chaque membre participant recoit, dès son admission, un livret de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse donnant droit à une pension de retraite garantie à l’âge fixé sur le livret par le titulaire lui même, cet âge ne pouvant être inférieur à cinquante ans. Chaque année, le trésorier de la Société verse, sur chacun de ceslivrets, le produit intégral des cotisations versées mensuellement par le sociétaire, moins 0 fr. 50 réservés pour les frais de gestion, soit 5 fr. 50, et les versements volontaires que le sociétaire effectue éventuellement pour accroître sa pension.
Après quinze années au mois de sociétariat, la Caisse mutuelle accordera aux membres touchant leur pension, une allocation annuelle renouvelable, dont le taux sera fixé chaque année par l’As-
semblée générale et qui sera proportionnelle au
nombre de cotisations statutaires versées par le sociélaire et aux ressources disponibles de la Caisse. |
Une caisse spéciale pour la période transitoire, a été organisée: elle comprend les ouvriers et ouvrières qui se sont fait inscrire pendant six mcis, à dater de l’Assemblée générale constitutive de la Caisse et qui remplissaient les conditions suivantes: avoir plus de 45 ans, exercer consécutivement depuis dix ans au moins, ou s'ils étaient âgés de plus de 60 ans et avaient cessé de travailler, avoir exercé consécutivement pendant dix ans au moins dans la commune de Mazamet, un travail manuel salarié les rangeant parmi les ouvriers ou ouvrières de l’industrie ou de lagriculture ; être domicilié, depuis six ans au moins, dans la commune de Mazamet.
« Tout adhérent sera admis à solliciter un secours-retraite annuel renouvelable, qui lui sera accordé par l’Assemblée générale sur la proposition du bureau (1).
Pour avoir droit à ces secours-retraite, l’adhérent devra être âgé de 60 ans accomplis et avoir
acquitté ses cotisations depuis l’époque de son ad-
(1) Statuts de la Caisse mutuelle de retraites ouvrières de Mazamet, art. 42.
mission à la Caisse spéciale, jusqu’à celle où il aura atteint cet âge. ;
Dans le cas où il aura été admis comme ahérent après l’âge de 60 ans, il devra, pour avoir droit aux secours-retraite, avoir acquitté au moins la première cotisation mensuelle.
Le droit est acquis seulement aux adhérents qui, au moment où leur demande sera produite, ne seront pas pourvus d’un emploi leur rapportant plus de 1 franc par jour, ou de ressources quelconques dépassant ce chiffre, ou encore qui ne se livreront pas à un travail régulier, produisant plus de 1 franc par jour. »
Ces secours-retraites sont constitués à l’aide des ressources suivantes: 1° le produit des cotisations des membres adhérents (la cotisation est de 6 francs par an); 2° les subventions de la municipalité, de l'Etat, des Corps constitués; 3° le produit de l'intérêt des subventions communales accordées à la Caisse mutuelle et qui seront capitalisées en faveur de cette dernière; 4° Îles versements des membres honoraires.
. La somme ainsi obtenue est divisée en autant de parts qu’il y a d’adhérents admis à bénéficier des secours, ils reçoivent non une part chacun, mais une part et demie pour les deux. La somme allouée ne pourra, en aucun cas, excéder cent
francs par tête, et cent cinquante francs par mé-
nage. Si, même en distribuant des secours de cette importance, il reste des disponibilités, elles feront retour à la Caisse des retraites.
Le première caisse comprenait, fin 1908, 291 membres, sur lesquels, 68 représentant 38 livrets, (il n’y a qu'un seul livret par ménage) n'avaient fait aucun versement.
La deuxième caisse comprenait, au 1° juillet 1909, 294 membres, dont 181 ont touché un secours; les secours ont été fixés à 30 francs par membre et 45 francs par couple pour le premier semestre, à 20 francs par membre et 30 francs par couple pour le second.
En ce qui concerne les habitations ouvrières,
rien n’a encore été fait dans le Tarn.