‹ L'Industrie Laitière en NormandieChapitre 15 sur 63 · Voir Diffloth, op. cit., tableau p. 224 et carte p · texte numérisé non relu

Voir Diffloth, op. cit., tableau p. 224 et carte p

cats, les comices agricoles, les éleveurs ont tous contribué.

« Dans le seul département de la Manche, dit M. Duifloth, les diverses associations agricoles distribuent environ 23.000 francs de primes aux taureaux, 10.000 Îr. aux vaches, 15.000 aux génisses. À chaque printemps, des concours de taureaux réunissent les reproducteurs mâles de chaque canton ; puis les cantons sont groupés entre eux en concours de circonscriphion ; enfin des concours d'arrondissement réumissent à l'automne: taureaux, vaches, génisses. Des primes de conservation accordées aux taureaux récompensés assurent ainsi leur maintien dans la région où leur action pourra utilement se faire sentir. Le milieu est, d’ailleurs, dés plus favorables à l'adoption de ces excellentes mesures, l’éleveur normand joint à une habileté reconnue un esprit avisé, une intelligence patiente. Les achats sont effectués judicieusement, soit dans les concours, soit dans les fermes ; les acheteurs demandent en général à voir les mères des produits présentés et tiennent en grande considération la valeur des troupeaux d'où descendent les sujets examinés }.

Enfin en 1884 1l a été créé un Herdbook normand destiné à garantir la pureté de la race. Nous ne décrirons pas ici en détail les caractères particuliers qui au point de vue de la forme distinguent le type normand bien établi. Qu'on sache seulement que les efforts des praticiens

ont porté sur le développement des facultés laitières.

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« Les mamelles ont les quatre quartiers bien égaux, elles sont moins charnues et offrent moins de tendance à devenir pendantes : les signes extérieurs de l'abondance du lait et de sa richesse ont également été recherchés parmi les producteurs : larges écussons, veines mammaires sinueuses et saillantes, pellicules jaunâtres dans les oreilles, à l'extrémité de la queue, etc. »

La société d'agriculture de Bayeux a même fondé un Herdbook spécial des vaches laitières d'Isigny et du Bessin. Ces sociétés locales sont destinées à donner les meilleurs résultats et leur nécessité se fait sentir à côté des grands Herdbooks qui comprennent tout une vaste contrée et qui ne sont plus à même de garantir avec autant d’exactitude et d’homogénéité les caractères, les qualités et les aptitudes de la race. C’est dans ce sens que les récentes « sociétés d'élevage » de Suisse qui ne s'occupent pour ainsi dire que d’une grande famille, sont si appréciées.

Il ne faut pas s'exagérer d’ailleurs l'unité de la race normande. Les renseignements généraux que l’on pourrait donner sur le rendement en lait, le mode d’alimentation et de régime (stabulation ou pâturage) risqueraient fort à vouloir englober une région si étendue d’être inexacts sur bien des points. D'une façon générale on peut dire que les normandes sont bonnes laitières, sans donner de si grandes quantités que les flamandes et sans être aussi beurrières que les jerzyaises et les parthenai-

ses. Elles tiennent une juste moyenne,

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Dans la Basse-Normandie le régime de prédilection est le pâturage qui dure parlois presque toute l’année, les vaches ne rentrant pas à l’étable le soir. I n'en est pas de même dans la Haute-Normandie où les bêtes sont rentrées à l'étable pendant six mois. De plus dans les prairies artificielles elles ne sont pas toujours libres d’aller et venir à leur guise à l’intérieur d’un enclos, elles sont le plus souvent attachées à des piquets par une chaîne ; on les change de temps en temps pour leur donner chaque fois un nouveau rayon à paître. Ce régime qui est le seul possible dans les fourrages verts est très critiqué d’ailleurs par les théoriciens pour les prairies. C’est ce qu’on appelle en langage du pays la mise au (tiers ».

On trait généralement les bêtes au pâturage même ; dans la Manche et le Calvados, le lait est recueilli dans ces belles « cannes » polies en cuivre jaune étamées intérieurement qui sont la gloire de la fermière. Dans le Bessin les cannes pleines sont souvent rassen Elées sur le bât d’un âne pour être ramenées à la ferme. Dans d’autres régions comme dans le pays de Bray on fait usage de petites voitures. La traite s'effectue généralement en trois fois, matin, milieu de la journée et soir. C’est du moins ainsi qu'on opère dans toutes les exploitations soignées, mais il faut ajouter que souvent par pure négligence, le paysan normand ne fait que deux traites, et encore ne prend-il pas soin de les espacer régulièrement

sur les vingt-quatre heures du jour, C’est là une de

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ces mauvaises pratiques que la science agricole condamne.

Pour donner quelques détails plus précis sur la production du lait en Normandie, nous allons examiner successivement les différentes régions naturelles en indiquant pour chacune d'elles les points remarquables.

Pays de Caux. — La race y est encore peu pure, se sessentant d'une ancienne variété locale la Cauchoise d’ailleurs réputée comme laitière, mais aussi de nombreux croisements avec la race Durham qui fort bonne pour la boucherie n'a que de très médiocres aptitudes pour la production du lait. Actuellement, d’ailleurs, la plupart des taureaux importés le sont du Cotentin. Les vaches restent au pâturage six à sept mois de l’année, nuit et jour. Le rendement peut être estimé pour les bonnes étables à 2.400 litres par lactation c’est-à-dire pour toute la période qui s'écoule depuis le vêlage qusqu'au moment où la vache est tarie (300 à 320 Jours en moyenne). On compte 26 litres de lait pour obtenir un kilogramme de beurre (fabrication paysanne).

Pays de Bray. — Nous avons déjà vu que les pâturages y sont extrêmement bons ; aussi la race normande constamment améliorée dans le sens de la production du lait s’y trouve-t-elle fort bien représentée. Les vaches du Bray sont réputées. Sitôt que le paysan voit une de ses bêtes moins bonne il la réforme et l’engraisse pour la boucherie de façon à donner sa place à un individu meilleur. Le régime est mixte, stabulation et pâturage. Pour

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