NATUREL
Le ramassage prend une bien plus grande extension dans toute une partie de la Normandie qui se trouve encore comprise dans le rayon d’approvisionnement de Paris. La limite extrême de ce rayon passe à peu de
1. À Rouen le lait cacheté de certaines fermesse paie encore plus cher, 0 fr. 40. Les prix que nous donnons sont ceux de la vente au consommateur. Un exemple précédent a montré lorsqu'il existe un commerçant intermédiaire quelle différence il peut y avoir entre son prix d'achat et son prix de vente. En campagne le lait n’est jamais payé plus de 0 fr. 15 à O fr. 20.
pa
chose près par Lyons, Gaillon et Nonancourt, et elle englobe donc une grande partie du Vexin, l'Evrecin el le Drouais.
Les lieux d'expédition les plus éloignés sont d’après le professeur départemental d'agriculture de l'Eure :
Menesqueville-Lyons (ligne de Pont-de-l'Arche à Gisors) 101 kilomètres de Paris.
Gaillon (ligne de Paris au Hâvre) 94 kilomètres.
Evreux (ligne de Paris à Cherbourg) 108 kilomètres.
Nonancourt-Saint-Lubin (ligne de Paris à Granville) 97 kilomètres.
« Le commerce en gros pour l'envoi à Paris, dit l'enquête de 1902, est d'une grande importance dans l'Eure. Divers établissements font ramasser journellement dans ce but près de 50.000 litres en hiver ; par suite des marchés passés, ces mêmes dépôts reçoivent plus de 75.000 litres par jour en été, mais une partie de ce lait reste dans les centres les plus éloignés de Paris quand les sociétés qui font ce commerce en ont le choix, et les excédents sont utilisés à la préparation de beurre et de fromage et à l'engraissement des pores.
« Les établissements de Bueil, d'Evreux, d'Etrepagny et de Rosay-Menesqueville sont les plus importants chacun d'eux reçoit journellement 8.000 litres de lait au minimum, et dans la saison d'été, l'un d'eux reçoit jusqu'à 18.000 litres.
« Le ramassage est fait dans les campagnes deux fois par jour dans un rayon de 10 à 12 kilomètres du lieu
Mae 14 CE re
d'expédition ; quelques rares tournées sont plus étendues mais alors les laiteries organisent des relais où même des transports par chemin de fer (Rosay) ».
Prix. — Les prix d'achat en été et en hiver présentent le plus généralement une différence de plus de O fr. 02 par litre. Selon les circonstances on trouve Or: 10 el Or, 12 VONT D DNELOMNT AIO OTATonet Oo fr. 14. Dans certaines années quelques dépôts ont abaissé leur prix d'été à 6 fr. og. (Mais à cause de la sécheresse dans l'été de 1906 ils se sont élevés au contraire à o fr. 12. C'est un cas exceptionnel).
«Partout les gérants accordent des prix de faveur aux grosses fermes dont la fourniture importante coûte peu de frais de ramassage. Les quantités livrées sont inscrites journellement : la paye se fait mensuellement à date fixe.
«Ce commerce d'exploitation doit atteindre une valeur de 3.650.000 fr. (treize centres d'expédition envoyant ensemble chaque jour 500 hectolitres de lait valant environ 20 francs au départ ) » (1).
1. Nous ne disposons pas de moyens pouvant nous permettre une évaluation de ce commerce en 1906. IL s’est sûrement développé par la prospérité croissante des établissements existants, mais il n’y en à pas un plus grand nombre.
Nous n'avons cité que les prix d'achat qui sontles seuls intéressant la Normandie. Les prix de vente sont ceux si élevés du lait à Paris, du bon lait ; car s’il en est vendu depuis 0 fr. 20, celui de Normandie et de ces grosses maisons réputé pour sa
Ces établissements d'exportation du département de l'Eure sont tous installés scientifiquement comme il le faut pour le transport à grande distance. Le lait d’abord purifié est chaullé à l’aide d’un pasteurisateur et ensuite passé dans un appareil réfrigérant. Débarrassé de ses microbes, 1l peut ainsi se conserver sans altération. La stérilisation qui est une méthode encore plus sûre (on chaulfle jusqu'à 115°) est employée dans quelques établissements.
Les procédés modernes de préparation du lait pour le transport ont permis, ces dernières années, en Normandie, de songer au débouché de premier ordre qu'est le marché anglais. La région de Cherbourg est aujourd'hui dans le rayon d'approvisionnement de Londres. Il existe dans la ville même de Cherbourg une grosse entreprise pour la vente du lait en Angleterre ; elle appartent d’ailleurs actuellement à un Anglais.
La maison n'exporte pas seulement le lait pur naturel il est vrai, mais aussi la crême et le beurre d’ailleurs pour de très petites quantités. Elle traite par jour à peu près 15.000 litres de lait, qui proviennent du ramassage dans un rayon de 12 à 14 kilomètres au maximum. Le transport à Cherbourg se fait uniquement par des commissionnaires. Le lait pris à la ferme se paie au
minimum O fr. 08 e. le litre (été) et o fr. 14 (hiver) au
bonne qualité et s'adressant à la clientèle bourgeoise en grande partie, se vend en moyenne de 0 fr. 50 à 0 fr. 80.