‹ L'Industrie Laitière en NormandieChapitre 32 sur 63 · RENE ES · texte numérisé non relu

RENE ES

AR + D a ————————————————————————————————

1 4 Nombre Quantité Désignation d’établis- de Valeur sements | Produits 3 fr.

Beurre frais et salé d0 1.300.000 k.|3.450.000 (1) e Fromage camembert 48 7.000.000 [18.400.000 Fromage façon brie 10 150.000 200.000 Fromage de Livarot et de Pont- 50 150,000 200.000

l’'Evèque

(1) La production beurrière du Calvados peut être évaluée à 12 millions et demi de kilogrammes par an.

Ces maisons d'exportation sont fort peu nombreuses ; il n y en a que quelques-unes seulement, mais elles produisent la plus grosse partie sûrement du chiffre indiqué pour le beurre.

Le prix du lait varie beaucoup suivant les différentes régions du Calvados de o fr. 08 à o fr. 17 ; plus cher en général dans les régions privilégiées et beurrières du Bessin que dans les régions fromagères de la vallée d'Auge. Les fromageries ne rendent généralement aucun sous-produit ; elles possèdent elles-mêmes comme annexes des porcheries qui leur permettent de retirer une bonne valeur du petit lait.

Manche.

La Manche est de tous les départements normands

celui où l'industrie laitière est la moins développée sous

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la forme véritablement industrielle. En dehors des grosses maisons d'exportation, il n'y avait encore 1l ÿ a quelques années que deux ou trois établissements de moyenne importance parmi lesquels il faut citer la beurrerie du Moulin de Ver et la célèbre fromagerie.de l’abbaye de Notre-Dame de Grâce de Bricquebec. Mais ces deux dernières années ont vu l’éclosion de nouvelles usines dans tous les gros centres, particulièrement à Villedieu-les-Poèles, St-Sauveur-le-Vicomte, Rauvillela-Bigo. Parfois elles sont installées d’une façon remarquable comme celle de Rauville-la-Bigo qui, de fondation récente, a pu déjà prendre une grande extension. Elle fabrique du camembert, du pont-l'évèque, du portsalut et quand les circonstances sont favorables du beurre. La force de deux machines de 24 chevaux sy trouve utilisée, et 1l y a des frigorifiques. 20.000 litres de lait sont ainsi traités par Jour. Aussi cet établissement vend-1l par semaine plus de 7.000 fromages sur la place de Londres. L'industriel a su se conquérir là un débouché certain et pour l’entretenir y est constamment représenté par un agent français. Cette usine ramasse le lait dans un rayon de 30 kilomètres, et 1l est à remarquer qu'elle est à la fois dans le voisinage de la fromagerie de Bricquebec et dans le rayon où une grosse maison d'exportalion de beurres de Valognes opère ses plus gros achats. Le prix du litre de lait est toujours assez élevé {23 centimes le double-litre). La maison ne

ramasse pas elle-même directement. Elle s'adresse à

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des entrepreneurs de transport qui sont tout à fait spécialisés dans ce rôle et deviennent pour ainsi dire de véritables voyageurs à son service. Ils touchent un cenüme du litre. Le personnel est dirigé par deux chefs de fabrication qui sont intéressés dans les bénéfices.

Cet exemple montre qu'outillé d’une façon moderne, et en se préoccupant de débouchés nouveaux, l'industriel réussit bien dans des contrées où jusque-là le paysan faisait du beurre pour le vendre au marché. La plus grosse difficulté que rencontrent ces usines, c’est de maintenir constants leurs approvisionnements. On ne peut en eflet s'assurer une fois pour toutes le lait du producteur, les fournisseurs ne sont pas tenus par un contrat obligatoire comme dans les coopératives, et dès qu'ils trouvent avantage, le beurre étant cher, à en vendre au marché, ils refusent de continuer leurs fournitures au prix convenu. Cette instabilité déjoue les calculs les plus sages ; elle fait courir des gros risques à l'industriel. Ce sont des risques de cette sorte qui ont sans doute retardé longtemps en Normandie l'éclosion de maisons nouvelles pour lesquelles il semble qu'il y ait place. Il faut bien dire aussi que les gros marchands exportateurs font à cette production véritablement in-

dustrielle une énorme concurrence.

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