‹ L'Industrie Laitière en NormandieChapitre 45 sur 63 · MON · texte numérisé non relu

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du plateau central. Et c'est sans doute parce que le phylloxera avait ruiné les viticulteurs des Charentes que s'est développé chez eux ce magnifique mouvement coopératif qui a suscité l’adnuration universelle.

On a souvent cherché des raisons de détail pour expliquer le peu de succès des coopératives en Normandie. On dit par exemple que les paysans ne veulent pas de la suppression des marchés, dont la fréquentation hebdomadaire est pour eux jour de fête. Les fermières qui vendent généralement elles-mêmes leur beurre aimeraient particulièrement à conserver cette occasion d’aller au bourg, où elles font mille emplettes, potinent et «boivent » ensemble. Nous ne doutons pas que ces habitudes bien qu'elles aient des conséquences déplorables ne soient chères au paysan. Mais enfin elles n’ont nulle part empêché la fondation des usines particulières. En face d'un bénéfice certain qui lui était offert, c'est d’une véritable aberration qu'aurait fait preuve la fermière en continuant à fabriquer du beurre alors qu'elle obtenait plus par la vente du lait.

Ce qu'il eut fallu pour le triomphe de l'idée coopéraüve, c'est que dès le début les nouvelles sociétés pussent réparür un prix supérieur à celui déjà obtenu dans le pays. Nous avons vu au contraire que leurs commencements ont été souvent modestes, mais la situation actuelle de plusieurs d’entre elles est assez prospère pour forcer l'admiration des incrédules et faire naître de nombreux imitateurs.

© CHAPITRE VHI RESULTATS ECONOMIQUES DE L'INDUSTRIE LAITIERE EN NORMANDIE

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