C'est ce que les paysans nomment le « paissin
ment si variable que nous ne pouvons prétendre donner une moyenne même pour une seule espèce. Nous prendrons seulement un exemple : le camembert ordinaire ; il exige l'emploi de deux litres de lait. Les 2.500 litres fournis annuellement par une vache permettent donc la préparation de 1.250 fromages pour lesquels la seule matière première coûte déjà 250 francs en comptant le lait au prix moyen nullement exagéré de o fr. 10 le litre. Comme le fromage de bonne qualité est vendu Oo Îr. 50, la recette annuelle est de 625 francs. Il y a donc un bénéfice de 375 francs, avec lequel il faudra couvrir les frais de fabrication, d'emballage, d'expédiuon, de vente, etc. Cet exemple montre que les bénéfices de l'industrie fromagère sont loin d’être exorbitants ; encore avons-nous pris un produit de choix et qui se vend bien. De toute façon l'immobilisation des capitaux est plus longue dans cette industrie que dans les autres et 1l faut tenir compte des accidents fréquents de fabrication qui peuvent occasionner des pertes sensibles et qu'il faut retrancher du produit indiqué. Celui-ci en effet mis en regard des précédents pourrait trop facilement faire croire qu'il y a avantage à se livrer à cette production chaque fois qu'il serait possible de le faire.