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d'autant plus multiphiées que dans le département l'hectolitre de lait obtenait une valeur moindre. Les départements charentais où les établissements coopératiis sont nombreux ne retirent en moyenne du litre de lait qu'une valeur beaucoup inférieure à celle obtenue dans les départements normands. Actuellement la plupart des coopératives des Charentes ne distribuent guère à leurs adhérents que 0,10 c. à 0,12 c. par litre de lait. Ces prix ne suffiraient pas à justifier leur introduction dans le plus grand nombre des régions normandes où ils sont déjà obtenus. Îl est vrai qu'il n’est pas interdit aux coopéraüves d'arriver un Jour par la conquête de débouchés nouveaux à dé meilleurs rendements. Mais surtout pour l'exportation c’est là une tâche qui leur est beaucoup plus difficile qu'elle ne l'est aux entreprises individuelles. Il nous semble bien que c'est de l'initiative de celles-ci qu'il convient d'espérer le progrès, parce qu'elles sont aujourd'hui tout à fait au courant de la question après d'admirables rapports de notre attaché commercial à Londres, M. Jean Pénier, et dont elles n'auraient pour ainsi dire qu'à suivre les excellents conseils pratiques qu'il leur prodigue sur la création des syndicats d'exportation et les modes de transport, dans son intéressanie brochure sur l'Exportation des beurres français en Angleterre. S’adressant à nos commerçants voic: en résumé la ligne de conduite que cet auteur leur trace
«1° Avoir non pas seulement à Londres,mais à Cardiff, à Bristol, à Birmingham, à Manchester, à Liverpool et a
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Glascow un agent complètement à soi et, en tout cas, ne vendant pas les beurres d'une autre provenance ; 2° sous les ordres de cet agent qui sera français autant que possible (afin, dit l'auteur, de toujours lier l'intérêt personnel à l'intérêt général), avoir des sous-agents et placiers anglais chargés de visiter continuellement les coopératives de consommation ; les marchands en beurres de demi-gros et de détail ; les compagnies de navigation ; les fournisseurs d’approvisionnements pour navires ; les fabricants de biscuits ; les commissionnaires exportateurs ; 3° faire faire autour de son produit une forte publicité par des moyens variés ; 4° se créer une marque en anglais faisant ressortir les qualités hygiéniques du produit ; 5° pour diminuer les frais de transport aller même jusqu'à avoir à soi deux ou trois bateaux munis d'appareils frigorifiques et transportant à Londres el à Manchester non seulement les beurres, mais les œufs, viandes abattues, légumes et fruits tant pour le compte de l'armateur que-pour celui des autres expéditeurs normands ou bretons ; à l’arrivée en Angleterre, user si nécessaire des dépôts frigorifiques qui y existent et qui permettent de conserver les produits agricoles et d'éviter ainsi à l'occasion l'écrasement des cours ».
Si pour réussir, les exportateurs normands doivent remplir ce programme, on voit que tous ces efforts qu'on leur demande sont plus à la portée des particuliers entreprenants que des coopératives dont les directeurs ayant
les mains liées en quelque sorte ne peuvent se risquer