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MOUVEMENT EN

Navires français de long

Cote OS VRP NOR US: 3 Navires étrangers, id. . 439,842 »

Cabome Nu. 20m

Total. su 12 026 OLIS tonn

Ainsi les mouvemens de navires français ou étrangers de long cours sont à peu près pareils pour 1787 et pour 1827; mais on voit en même temps une augmentation considérable dans le cabotage, c’est-à-dire dans les mouvemens qui ont lieu entre les ports français, par navires français ; il a doublé d'importance en 40 années ; indication aussi sûre que positive des progrès de la consommation intérieure.

La sphère d'activité, le rayon d’approvisionnement de nos villes maritimes ont donc, en quarante ans, subi une notable modification ; plus dense et moins étendu, tel est le nouveau marché offert à leurs spéculations.

Mais, dans ce marché ainsi recomposé, quelle sera la part de chacune d’elles ? Nantes et Bordeaux, en 1787, pouvaient se faire concurrence à Hambourg, ou dans la Méditerranée; se feront-elles concurrence à Toulouse, ou à Orléans ? Il est clair que chacun de nos ports étendra son rayon d’approvisionnement en raison et en proportion des circonstances topographiques, des voies de communication naturelles ou artificielles ; que, par la Garonne, Bordeaux aura Toulouse à approvisionner , comme Nantes aura Tours et Orléans, par la Loire ; comme le Hävre, par la Seine, aura Paris. Ainsi le lot de nos grandes places maritimes est tracé par la nature de manière à assurer à chacune d’elles sa part d’affaires et de prospérité. À Marseille, le bassin du Rhône, comme à Bordeaux, le bassin de la Gironde, comme au Hâvre, celui de la Seine.

Bornées au marché intérieur, et, dans ce marché, à la portion que leur assurent les dispositions du sol et des communications, la mis-

TE

sion de nos places maritimes est donc aujourd’hui bien nettement dessinée. Il faut qu’elles travaillent à accroître la richesse de la portion du territoire compris dans leur sphère d’activité, pour voir augmenter elles-mêmes Jeur prospérité. C’est un mouvement commercial et d'améliorations intérieures en tête duquel se placent, chacune pour son lot, Marseille, Bordeaux, Nantes , décentralisant ainsi l’action civilisatrice, et se faisant centres dans leur intérêt, aussi bien que dans l'intérêt général,

Mise en valeur du rayon d’approvisionnement, tel est aujourd'hui le but que poursuivent Bordeaux et Nantes, et Marseille et.le Hâvre ; telle est la raison vraie et profonde de la marche suivie par ces villes depuis quelques années, et qui rend si vive et si pressante leur demande d’une modification grave dans le système douanier. Pour mettre un territoire en valeur avec rapidité il faut, en effet, des matières premières à bon marché; il faut du fer, du charbon, des grains, des métaux , des machines à bas prix ;

c’est là toute la base des nouveaux projets de lois

de douanes présentés par nos ports de mer. Quelques-uns sans doute y apportent une impatience irréfléchie; mais il y a dans nos instituüons tout ce qu’il faut, quand elles sont appliquées avec intelligence et bienveillance, pour opérer le bien, et assurer le progrès sans brisemens, sans violence.

Revenons maintenant à l’histoire de nos progrès industriels. Nous dessincrons âvec rapidité époque de la Restauration. L’Exposition est ouverte; nous allons aborder l’examen des branches principales de la production nationale; là se produira avec plus de fruit le récit détaillé des améliorations récentes que chacune d’elles a reçues depuis la paix.

Trois expositions des produits de l’industrie ont eu lieu sous la Restauration : la première en 1819, ministère Decase; les deux autres en 18323 et 1827, ministère Villèle, toutes trois dans la cour et les salles du Louvre.

Parmi les membres des jurys chargés de juger ces Expositions, on remarquait MM. Berthollet, Bréguet, Brongniart, Arago, Chaptal, d’Arcet, d’Artigues, Héron de Villefosse, Oberkampf, Camille Beauvais, Legentil; MM. Louis Costaz et Héricart de Thury furent rapporteurs, le premier pour lexposition de 1819, le second pour celles de 1823 et de 1827.

La production des laines, et la fabrication des étoffes dont elle est la base, prirent, pendant la Restauration , un développement considérable ; les trois expositions surtout les deux dernières,

firent particulièrement rémarquables par les magnifiques séries de draperies et lainages, par lës beaux ét nombreux échantillons de laines qui y furent produits.

C'était surtout dans la production des laines courtes, ou cardées, où ondées, que l’agriculture française marchait avec succès. Ges laines sont celles qui sont particulièrement employées pour la draperie et autres étoffes dont on ne voit pas le grain. Quant aux laines longues, ou petgnées, ou lisses, laines qui conservent après le peignage un parallélisme parfait entre leurs brins, dont lé fil est uni, brillant, soyeux, exempt d’aspérités , et qui, par eela même, ne se prêtent que très-difficilemgnt au feutrage, l’agriculture française en était encore à l'essai, et quelques troupeaux peu nombreux composaient toute sa richesse en ce genre. Ces laines forment une des branches principales de la pro:

duction agricole anglaise, et sont employées dans ces beaux tissus, objets de consommations et d’exportations si étendues en Angleterre, et dont ce pays eut long-temps le monopole.

Aux trois expositions, et particulièrement à celle de 1827, des encouragemens furent donnés à plusieurs agriculteurs et propriétaires de troupeaux pour leurs essais d'introduction en France des races de moutons anglaises, produisant la laine lisse. Madame du Cayla, MM. de Turenne, Hennet, de Larochefoucauld, Sellière, Bernard de Sussy, envoyèrent de belles laines lisses; essais dignes de reconnaissance et qui ont porté leurs fruits.

Quant à la laine courte, le beau troupean de Naz, dirigé par MM. Perrault de Jotems et Girod de PAin; la Pile du Calvados, appartes nant à M. de Polignac ; les troupeaux de Beaulieu, appartenant à M. de Jessaint, préfet de Seine-et-Marne ; ceux de MM. Boullenois , Ganneron , Bourgeois, attestaient les efforts et les succès de nos agronomes.

L'emploi de la laine peignée prit en France un grand accroissement, dès que la paix eut rétabli entre les peuples des relations commerciales. Dès 1819, l'Exposition vit paraître, et de plusieurs fabriques du premier ordre, au nombre desquelles étaient les manufactures dirigées par M. Ternaux, des tissus mérinos de belle qualité. Le tissu mérinos est composé d’une chaîne en laine peignée et d’une trame en laine cardée ; comme la chaîne et la trame étaient filées à la main, on éprouvait de grands embarras pour les assortir, et il en résultait de grandes difficultés dans la teinture de l’étoffe. Le tissu mérinos était particulièrement sujet à se arrer à

la teinture, Dans lés expositions suivantes , les tissus mérinos parurent avec une supériorité croissante ; on y employait de plus en plus des trames filées à la mécanique , dont Passortiment était facile, et qui prenaient régulièrement la teinture.

L’Exposition de 1827 constata particulièrement nos progrès dans le filage de la laine peignée. MM. de Neuflize, Griolet , Deniset, obünrent pour leurs-efforts en ce genre des distinctions du premier ordre. A mesure que ces succès étaient obtenus, le génie. de. nos fabricans en tirait un parti de plus en plus étendu, mêlant ces fils légers, nerveux et brillans, à la soie, au coton, et offrant chaque jour de nouveaux tissus aux caprices de la mode, aux besoins variés des consommateurs. Ainsi les étoffes improprement appelées poils de chèvre, étoffes composées d’une trame de laine lisse et d’une chaîne de coton ; ainsi lés popelines, composées d’une trame de laine lisse et d’une trame de soie,

On faisait des mélanges analogues avec la laine cardée. La éircassienne, si recherchée alors, se composait d’une trame de laine cardée et d’une chaîne de coton.

Quant aux fabriques de drap, elles avaient fait d'immenses progrès, non pas tant dans l’amélioration du tissage, que quelques fabriques avaient dès long-temps amené à un grand degré de perfection, que dans la généralisatiou de leurs procédés et de ceux surtout qui avaient pour base l'emploi des machines. Non-seulement les procédés anglais et belges avaient été importés avec succes par un grand nombre de fabricans , mais plusieurs d’entre eux , et surtout quelques mécaniciens de Paris, y avaient introduit de grands perfectionnemens. Parmi les plus importans , nous devons mentionner surtout la /ondeuse, produite comme résultat des efforts combinés de MM. de Neuflize, Sevenne et John Collier, machine ingénieuse autant qu’utile, et que les principales fabriques du royaume avaient adoptée aussitôt que connue.

De 1819 à 1827, la France se mit définitivement en possession d’une industrie toute nouvelle, celle de la production du duvet de cachemire, du filage et du tissage, de ce produit si délicat , extrait des toisons des chèvres kirghises ou thibétaines. Cest à M. Ternaux que la France doit lPimportation des premières chèvres kirghises; c’est lui qui fit les frais du voyage de M. Jaubert, afin d'assurer à la France une matière première analogue à celle qui sert de base à ces tissus si recherchés par l’opulence et aux-

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