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OUVERTURE DB L'EXPOSITION , 197 MAI

Nous prenons la plume sous l'impression d’un sentiment bien vif de joie et d’espérance. Nous venons de parcourir les salles de l'Exposition , au milieu d’une foule nombreuse, attentive et fière, dont l’empressement égalait et justifiait celui des exposans, plus nombreux d’un üers cette année qu’en 1827 ; leur nombre était alors de 1795 : il est aujourd'hui de 2437. Soixantequinze départemens ont envoyé à l'Exposition. Onze y manquent encore; ce sont ceux des Pyrénées-Orientales , des Alpes (Hautes et Basses), du Cantal, des Landes , de l’Aveyron., de l'Allier, de la Corrèze, de la Corse, du Lot et du Var.

Le bâtiment des machines et métiers, celui des objets de luxe, celui des tissus, rivalisent de beauté et d'intérêt, et chaque pas indique de nouveaux progrès dans toutes nos branches

: d'industrie, La plupart des grands noms de nos

manufactures ma pas voulu manquer à cette solennité vraiment nationale; dès noms nouveaux paraissent aussi à côté de produits de premier ordre, et attestent la vigoureuse et ardente sève de la génération entrée depuis sept ans dans l'industrie.

Ce n’est pas toutefois que l'Exposition soit aujourd’hui ce que nous la verrons dans quelques jours; la salle des tissus ne contient encore qu’une partie des produits envoyés ; on commence seulement à construire la galerie destinée à l’industrie des soies ; quelques-unes des pièces les plus importantes en bronze manquent

encore ; mais, pour lavoir vérifié par nous-mèmes, nous pouvons affirmer que les produits qui restent à exposer ne feront qu’ajouter au vif intérêt que présente dès aujourd’hui lExposion.

Cette absence de plusieurs produits remarquables ne nous permet pas de signaler dès aujourd’hui les objets les plus dignes de fixer l'attention du public; c’est une tâche d’ailleurs que nous remplirons avec la sollicitude et l’impartialité dont tout nous fait un devoir , à mesure que nous entrerons dans la description des diverses industries qui assistent à ce concours des arts utiles. Toutefois nous ne saurions taire aujourd’hui létonnement et Padmiration qu'a inspirés le bâtiment des machines et métiers. Toutes les espérances des amis de l’industrie s’y trouvent dépassées.

Une chose nous a vivement frappés : chaque fabricant accompagne ses produits exposés de courtes explications ; plusieurs manquent d'orthographe, et péchent fortement contre les règles de la grammaire. Ces produits cependant ne peuvent être exécutés sans une instruction assez forte ; ainsi, des instrumens d'optique et de mathématique, pour la construction desquels des notions de géométrie et de physique sont indispensables. Nous croyons, pour plus d'un motif, utile et nécessaire de signaler ce contraste, qui révèle des ouvriers devenus chefs de fabrique , à force de talent et de bonne conduite , et qui n’ont pu cependant rien ôter à leurs travaux, pour acquérir des notions qui n’y étaient pas absolument indispensables. J usqu’où n’iraient pas de tels hommes , si leur génie natif

eût été cultivé de bonne heure, et élargi par une éducation plus générale !

L’ordonnance relative à l'Exposition des produits de l’industrie nationale a été rendue le 4 octobre 1833. Cette ordonnance dispose que l'Exposition aura lieu le fer mai 1834, sur la place de la Concorde ; qu'aucun produit ne sera admis, s’il n’en a pas été jugé digne par un jury choisi par le préfet dans chaque département ; qu'un jury central donnera son avis sur le mérite relatif des objets exposés , et proposera les médailles d’or, d'argent et de bronze à décerner ; qu’en outre, les jurys départementaux feront connaître les artistes qui, par des inventions ou des procédés non susceptibles d’être exposés, auraient contribué au progrès des manufactures, afin que ces artistes puissent avoir part aux récompenses. Enfin , l’ordonnance statue qu’une Exposition aura lieu tous les cinq ans au {er mai.

Le rapport du ministre du commerce au Roi, en lui proposant cette ordonnance, fait connattre que cette dernière disposition , celle d’une Exposition quinquennale des produits de lindustrie, a été demandée par les conseils-généraux des manufactures, de l’agriculture et du commerce , dans leur session annuelle de 1833.

Cette ordonnance fut bientôt suivie de la nomination des jurys de départemens, et bientôt aussi on vit commencer sur la place de la Concorde les constructions destinées à recevoir l'Exposition : les travaux furent entrepris le 10 décembre.

Les constructions élevées sur les terre-pleins de la place de la Concorde, pour l'Exposition, se composent de quatre pavillons, entre lesquels les produits ont été répartis comme suit :

BATIMENT N°1 : Côté des Champs-Elysées et du Garde-Meuble. Machines propres à l’agriculture , aux manufactures et aux arts, machines à vapeur, outüls, clouterie, serrurerie, tréfilerie, toiles métalliques ; métaux, plomb, cuivre, zinc, laiton, fonte; fer, acier, tôles et fers noirs ; presses , poterie , cuirs, tapis vernis, marbres, calorifères , cheminées , fourneaux.

BariImenr x0 2: Côté des Champs-Elysées et de la rivière. Produits chimiques ; couleurs, typographie et gravure; tabletterie, papicrs peiuts ; coutellerie, instrumens de chirurgie ; chapellerie, verrerie, poterie et terre cuite; cuirs et peaux ; substances alimentaires, billards; sellerie; cannes et parapluies; effets d’habille. ment.

BATIMENT N0 3 : Côté des Tuileries et de la

révière. Tissus de tout genre et matières pre. mières servant au tissage.

BATIMENT N0 4 : Côté des Tuileries el du Garde- Meuble. Bronzes et dorures ; orfévrerie ; plaqué ; horlogerie; bijouterie ; instrumens de musique ; cristaux ; porcelaines ; ébénisterie; tapis; instrumens d'optique et de physique ; armes à feu ; lampes et appareils d'éclairage.

Les quatre bâtimens de PExposition, dont nous avons présenté la vue d’ensemble, prise du haut de la facade de la Chambre des députés (PL. I — 1), sont de dimensions égales entre eux. Chacun d’eux à 76 mètres de long sur 47 mètres de large. Leur face longue est sur l'axe de la place allant de la Madelaine à la Chambre des députés. *

Chaque bâtiment se compose de quatre ailes de 13 mètres de largueur chacune, enfermant une cour de 50 mètres de long sur 2{ mètres de large.

Nous avons fait connaître aussi (PL. I — 2) la disposition extérieure des bâtimens. On s’accorde généralement à approuver. L’habile et actif architecte qui a dirigé tous ces travaux, M. Moreau, a donné à ces bâtimens un caractère en harmonie avec celui des monumens qui environnent la place, sans s’écarter de l’écono -

mie et de la simplicité nécessaires dans ce genre

de constructions.

Quant à l’intérieur , les bâtimens ont 9 mètres 50 centimètres de hauteur du plancher au plafond. Sur chaque face règnent des travées for. mées par des colonnes «l’un genre semblable à celles de l'extérieur. La profondeur des travées est de 2 mètres 30 centimètres, Tous les produits principaux ÿ sont rangés; les papiers peints, les tapis, les tissus, les cuirs couvrent les fonds et présentent un aspect aussi riche que varié. Les travées laissent entre elles un espace libre de 8 mètres 35 centimètres. Mais, au milieu de cet espace, sont construites des tables de 2 mètres de large et sur lesquelles s’étalent les produits de dimension inférieure. Dans quelques parties des salles, on n’a pas construit de tables, mais on a fermé par des balustrades un espace de même largeur. Le jour est distribué par des fenêtres ménagées au haut de chaque face de bâtiment. La lumière abonde dans les salles et ne gêne pas.

Les bâtimens sont couverts en zinc; on se plaint de ce genre de couverture ; déjà quelques filtrations des eaux de pluie ont eu lieu.

Telles sont les vastes constructions ouvertes à l’impatience et à l'empressement de notre industrie. Tout en rendant justice au talent et à

Pactivité qui ont présidé à ces constructions, on s'inquiète cependant de la grande dépense qu’elles ont dû entraîner, et on se demande si l'utilité de l'Exposition est en rapport avec l’allocation dont on suppose qu’elles chargent le budget. Nous ignorons pourquoi ladministration n’a pas donné de publicité au système qu’elle a adopté, et qui réduit à 260,000 francs la dépense de l'Exposition en ce qui la concerne. Des entrepreneurs se sont chargés pour ce prix de faire toutes les constructions , à la condition de reprendre leurs matériaux au terme de l'Exposition. Le prix convenu d’abord avec eux était de 250,000 francs. Depuis, une somme de 10,000 francs a été ajoutée pour la construction d’une galerie additionnelle dans la cour du bàtiment des tissus. Cette galerie est destinée aux produits des départemens du Rhône et du Gard.

Il nous reste à faire connaître la composition du jury central et la division du travail qu’il a établie entre ses membres :

MM. Barbet, membre de la Chambre des députés ;

Blanqui, professeur au Conservatoire royal des arts et manufactures ;

Brongniart, de FInstitut, directeur de la manufacture royale des porcelaines de Sèvres;

Chenavart, architecte;

Clément-Desormes, professeur au Conservatoire des arts et manufactures ;

Cordier, mspecteur-général des mines ;

Cunin-Gridaine, membre de la Chambre des députés ;

D'Arcet, de l’Institut, directeur des essais à la Monnaie ;

Paul Delaroche, peintre;

Charles Dupin, de l’Institut, membre de la Chambre des députés ;

Fontaine, de l’Institut;

Gay-Lussac, de lInstitut, Chambre des députés ;

Le baron Gérard, de l’Institut ;

Félix Girod (de l'Ain), membre de la Chambre des députés;

Guillard-Senainville, secrétaire du comité consultatif des arts et manufactures ;

Héricart de Thury, de l'Institut ;

Nicolas Kœchlin , membre de la Chambre des députés ;

Legentil, membre du comité consultatif des arts et manufactures ;

Paturle, membre de la Chambre des députés ;

Pouillet, professeur au Conservatoire royal des arts et manufactures ;

Meynard, membre de la Chambre des députés ;

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membre de la

Migneron, ingénieur des mines :

Peut, juge au tribunal de commerce ; Savart, de l’Institut :

Armand Séguier, de l’Enstitut ; Tarbé de Vaux-Clair, conseiller-d’état, inspecteur-général des ponts-et-chaussées ; Thénard, de l’Institut, pair de France.

Dans sa première séance, le jury a nommé pour son président , M. Thénard ; pour son vice-président , M. Charles Dupin ; pour son secrétaire, M. Migneron. Il s’est ensuite partagé en huit commissions composées comme il suit : Mélaux : MM. d’Arcet, Héricart de Thury, Migneron, Clément-Desormes. Machrnes : MM. Clément - Desormes, Ch. Dupin , Kæchlin , Savart, Séguier, Tarbé de Vaux- Clair. Tissus : MM. Barbet, Blanqui, Cunin- Gridaine, Girod, Kæchlin, Legentil, Meynard, Paturle et Petit. Znstrumens de précision : MM. Blanqui, Guiilard de Senainville, Héricart de Thury, Pouillet, Savart et Séguier. Chimie :

MM. Brongniart , Clément-Desormes » d’Arcet, Gay-Lussac et Thénard. Beaux-Arts : Blanqui , Chenavart, Delaroche, baron Gérard et Fontaine. Poteries et Cristaux : Brongniart, Clé. ment-Desormes, d’Arcet, Héricart de Thury.

Arts divers : MM. Blanqui, Prongniart, dArcet, Gay-Lussac, Legentil et Senainville,

Lab

(9 mai), Nous avons exprimé l'impression que, dès le premier jour, l'Exposition avait produite sur nous; ce sentiment de vive apprabation est aujourd’hui général ; toutefois, il n’a pas été aussi instantané sur la foule que sur les hommes versés dans les études industrielles ; son admiration trouvait à peine où se prendre au mulieu de la confusion qui règne dans les deux salles objet aujourd’hui de son plus vif empressement , celle des machines et celle des produits des beaux-arts (1).

La confusion, en effet, est grande dans ces salles; le pêle-mêle y est complet. Quelle en est la cause? A-ton recherché la varicté ? ÂA-t-on seulement subi une nécessité à peu près inévitable dans ces joutes passagères , où, jusqu’au dernier jour, il est si difficile de repousser un concurrent? Ces deux motifs ont pu y contribuer. Quoi qu’il en soit, le caractère que devrait avoir l'Exposition s’est trouvé ainsi notablement altéré, et sa sphère d'influence évidemment rétrécie.

L’Exposition ne doit pas être seulement, en effet, un grand bazar ouvert à des fabricans,

(1) La salle des tissus n’est pas encore terminée.

soit pour qu’ils se connaissent mieux entre eux, soit pour qu’ils se fassent connaître du public par des efforts momentanés, par l’exhibition de produits en dehors de leur fabrication habitueile. Ce n’est pas, non plus, un moyen de concentration des produits industriels, destiné à l’étude de quelques appréciateurs, dont le suffrage présenterait bien peu d'autorité, s’ils se bornaient à y étudier les progrès du travail sans remonter aux sources, sans scruter les moyens de production. L’Exposition, et c’est par-là surtout qu’elle a droit à une attention grave, à une collicitude très-active de la part de Pautorité, doit être une fête nationale, et présenter à ce titre le caractère de moralité et d'utilité que commandent les progrès des idées et des mœurs. Ce double caractère, elle Paura, si le public y

trouve un enseignement en même temps qu’une ”

vive jouissance ; si ce spectacle le touche et lintéresse par autre chose que de la richesse, de la variété, et surtout par de la bizarrerie; si lon donne sujet de réflexion à esprit, de souvenir à la mémoire, en même temps que de satisfaction aux yeux ; si les objets similaires, méthodiquement classés , offrent matière à des comparaisons qui acheminent à un goût plus sûr et plus correct, qui offrent le genre d’enseignement le plus rapide à la fois et le plus durable, parce qu’il est le plus piquant.

Ce but est-il atteint dans l'Exposition actuelle ? Non, sans aucun doute; pourrait:il l'être? Nous répondrons sans hésiter : Oui. Maintenant que nous avons sous les yeux , à peu d’exceptions près, tous les produits que notre industrie à pu ou voulu, cette année, soumettre au goût et au jugement du public, nous ne craignons pas de porter un jugement aussi explicite. Les preuves en sont sous les yeux de tous.

Oui, il y aurait dans cette masse de produits, bizarrement et confusément accumulés, matière à des enseignemens efficaces, si une main habile, sans en rien séparer d’ailleurs, quelle que soit l’infériorité de quelques-uns, les classait et les distribuait avec ordre et avec le sentiment des besoins du public; on s’étonnerait alors de ce que le goût y pourrait gagner.

L’exhibition de tapis de la maison Sallandrouze et Lamornaix offre une vérification irrécusable à l'appui de ces réflexions. Dans cette salle particulière, élevée aux frais de cette maison, sur la face intérieure de l'aile méridionale du bâtiment n. 4, on se sent, dès les premiers pas, sous l'influence d’un sentiment de bien-être et de disposition à l’étude, qui charme

et qui repose ; après la fatigante inspection des autres parties de ce bâtiment. Là , les produits sont classés ; au fond , un immense tapis de luxe ; sur un côté, des moquettes ; sur l’autre, des tapis turcs ou écossais ; plus loin, des tapis d'été. Ainsi l'examen est facile , la comparaison possible. Supposez une salle où un membre du jury central, entouré de quelques artistes , aurait disposé ainsi, non les produits d’une seule fabrique , mais ceux de tous les exposans, et dites si pour le public, comme pour les hommes même les plus exercés , cette salle n’aurait pas offert le plus vif intérêt, et si le goût de tous et de chacun ne s’y serail pas rapidement formé ou épuré. Le public, en ce moment; hésite encore sur ce qu’il doit penser de certains tapis de peaux de chats, inexplicable contresens d’un homme qui, dans la fabrication de cet étrange produit, a cependant fait preuve d’une bien réelle habileté. Ces tapis sont aujourd’hui éloignés de tout objet de comparaison. Supposez-les dans une salle consacrée aux produits de tapisserie; dès le premier jour, une exclamation générale eût averti l’auteur de son incroyable méprise. Le public ne s’y serait ni trompé, ni arrêté un instant. À mesure que nous avancerons dans notre examen, nous retrouverons des exemples analogues à celui que nous venons de citer.

Si, malgré ces difficultés, on aborde l'étude et la pénible comparaison des produits similaires , Lout dispersés et isolés qu’ils soient, chose étrange et plus digne encore d'intérêt et de sollicitude , cette confusion de l’ensemble , on la retrouve dans les détails. Parmi tant de fabricans si habiles, si intelligens (j’entends de ceux dont l’industrie emploie les arts du dessin), combien en est-il que lon puisse signaler comme ayant un genre qui, bon ou mauvais, soit le leur, et fasse entre tous reconnaître leur produits ? Parcourez la salle des tissus ; venez à celle des bronzes , aux cristaux, à la bijouterie , aux meubles , à la porcelaine ; à part quelques hommes que nous aurons à signaler, et qui péniblement tracent un sillon bientôt envahi de toutes parts , où sont les genres, où sont les écoles, où sont les maîtres ? En sommes-nous au grec, au romain, au gothique ; reprenons-nous le style de la Renaissance , ou celui de Louis XIV, ou celui de Louis XV, ou celui de l'Empire ? Avons-nous le nôtre? 1834 marquera-til par des formes spéciales et neuves, indices d’un parti pris par un homme fort, et suivi par d’intelligens et courageux élèves? Il ne faut pas un long exa-

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men de l'Exposition pour montrer que ce genre d’orgueil ne nous est pas permis.

Et comment l’aurait-on pu espérer? L'art en ce moment s’éparpille : industrie le soumet à ses besoins, en attendant qu’elle reconnaisse ses lois. Nous en avons indiqué les causes ; elles sont de nature à ce que nous en acceptions les conséquences sans trop d’impatience et de murmure. L'industrie a vu changer toutes ses bases , en même temps que le nombre et le genre de ses consommateurs. L’avènement politique de la bourgeoisie et Ja chute des classes privilégiées ont donné à l’industrie des beaux-arts des directions toutes contraires. Ces classes, au moment de leur chute, avaient constitué une école, et, si détestable qu’elle fût, le luxe sy logeait à l'aise; l’habileté des ouvriers pouvait s’y déployer sans crainte. Un grand prix était attaché à la perfection de leur travail. Le superflu était alors la grande affaire; mais aujourd’hui, tous ces nouveaux élus aux bienfaits du bien-être, tels que les ont suscilés la Révolution, et la division des propriétés , et légalité devant la loi, n’en sont pas encore à ce point de développement qui, bon ou mauvais, laisse sa trace dans l’histoire des arts, a ses formes etses goûts arrêtés. Dans ce large cercle denouveaux consommateurs , si rapidement tracé par un si soudain et si profond ébranlement, les limites de l’uule, du comfortable, ne sont pas atteintes ; le beau n’est pas encore un bésoin. De là cette universelle hésitation, cette fatigante incertitude de formes , cette anarchie dans les arts du dessin. Ecoutez les meilleurs fabricans , ceux de lintelligence la plus active, du sens le plus fin ; ce qu’ils vous feront surtout remarquer a leur exposition , c’est qu’ils ont cherché à y satisfaire à tous les goûts; ce n’est pas le leur qu’ils imposent; le consommateur, ce Protée aux mille têtes, leur dicte tous les siens ; la fortune est à qui l'aura le micux deviné, à qui se sera trouvé prêt pour le jour du caprice.

C’est faute de s’expliquer cette heureuse et fatale nécessité, acceptée ou subie par les hommes qui vivent de leur travail, que les plus ardens amis de l’art s’indignent à voir le prosaïsme général de notre industrie, et Paceusent d'impuissance et de rétrogradation., Utile et généreuse impatience, indice certain, bien qu’éloigné, d’un des progrès que Pindustrie doit faire encore ! Elle a. commencé à s’allier avec la science; son alliance avee l’art viendra. Fravaillons à en rapprocher le moment,

Nous allons aborder maintenant la revue des principaux produits exposés. D’après le plan

que nous nous sommes tracé, quelques-unes des industries les plus importantes n’y trouveront place que pour constater leurs progrès généraux depuis quelques années. C’est dans la seconde série que la description des procédés acquis à ces grandes fabrications nous mettra à même de mieux apprécier leurs produits. Nous traiterons au contraire avec plus détendue des industries auxquelles nous n'avons pas réservé de place dans notre seconde série. Les motifs qui nous ont inspiré ce plan et cette division occuperaient ici une place inutile. Ils apparaîtront clairement à mesure que notre plan se déroulera.

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