Dressage du fil. À mesure que le fil passe
sur les filières, on l’enroule pour la facilité de l'opération sur des cylindres. Il faut donc ensuite le redresser.
30. Empointage. C’est la facon au moyen de laquelle la pointe de lépingle est faite sur une meule garnie d’acier travaillé en forme de lime.
40, T'ortillage et coupage des tétes. C’est Vopération par laquelle un fil de cuivre d’une grosseur inférieure à celle de 1 épingle est tourné à l'extrémité opposée à celle de la pointe pour former la tête de l’épingle , et est coupé après avoir fait deux tours.
Fixage des tétes. Dans cette opération qui a lieu par le choc d’un marteau sur un coussinet d’acier, le fil de cuivre , tourné à la tête de l’épingle, sy trouve fortement comprimé et prend l ‘adhésion nécessaire.
Go, Étamage. C’est l’opération au moyen de laquelle Pépingle est recouverte d’une légère couche d’étain qui se combine avec le cuivre, lui donne la couleur blanche que nous voyons aux épingles, et les défend de l’oxidation, c’esta-dire, de la combinaison avec Pair ou avec les acides, combinaison d’où résulte particuliè. rement le vert-de-gris.
1°. Piquage du papier. C’est l'opération par laquelle les épingles sont piquées en nombre constant sur des papiers, et s’écoulent ainsi dans la consommation.
Dix ouvriers d'âge et de sexe différens sont employés à ces sept opérations. Le tableau suivant montre comment ils se distribuent, quel est leur salaire moyen, et le prix de fabrication
de 100,000 épingles. il
rR1IX DE oPERAE OUYRIERS. SALAIRE, LÉ RARere TIONS, DE 100,000 EPINGLES,
fr : fri ler
Î 1 homme. 3 76 2:25 9 | 1 femme. 1 16 » 51 { enfant. » 60 » 26
3 | 1 homme. 6 10 3 19 ñ 1 homme. 6 20 » 38 | 1 enfant. » 45 » 3
5 | 1 femme. 1 45 dt 6 1 homme. 6 95 1 21 1 femme. 3 45 » 60
j: 1 femme, 1 79 5 76 23 20
L'étude attentive de ce tableau peut suffire pour donner une idée nette des principaux avantages de la division du travail. On voit d'abbrd qu'il y a certaines opérations qu un homme avec toute sa force n’exéeuterait ni mieux
ni plus vite: qu'une femme iou-un enfañit payés bien moins cherique lui, d’où résulte une grande économie dans la fabrication. Onpeut y trouver surtout une réponse [péreptoire à une objection banale élevée contre !la division dû travail, savoir, qu’en ‘enferiant exclusivement un'ouvrier dans une seule opération, elle ‘tend à labruur , à le rendre semblable à une machine. On voit par le tableau ci-dessus que pour les hommes, ou pour lés femmes, ou pour les en:
fans, employés aux sept opérations qui composent la fabrication des épingles, il:y-a de sensi: bles différences de ‘main-d'œuvre: Si Pon ‘en cherche la cause:;;on reconnaît que ces divers salaires se mesurent à l’intélligerice nécessaire pour chacune des opérations, et que, par exem: ple , les deux hommes employés'à la troisième-et à la quatrième, :et l'homme \et la fenifne °8mployés à la sixième, qui.sont celles’où' il faut lé plus d'intelligence, ont des :salaires élevés, et par conséquent le moyen ‘d’icquérir de Pinstrucuon., s'ils eñ sentent le besoin, l'avantage -t le charme.
La division du ‘travail tendant à classer les ouvriers selon leur intelligence, et des rétribuant én proportion de celle dontils font preuve, n’est donc, pas-seulement un puissant ihstrument de prospérité industrielle par l’économie et la rapidité du travail qu’elle procure, mais aussi un levier très-énergique d'instruction et de moralisation parmi la classe ouvrière, puisqu'elle assuré une :prime à l'intelligence et à l’assiduité.
Cette objection élevée contre la division du travail est donc en réalité sans fondement. On en‘élève encore une autre. On dit qu’en élargissant le charhp du travail pour les femmes et les enfans,, elle a mis entre les mains des fabricans le moyen d’abuser jusqu'à la cruauté de ces ouvriers plus faibles et|plus timides. Il est bien certain que l’enitfuête sur les:manufactures , ordoïinée il y'a quelque ‘temps par le parlement d'Ahgleterre, a révélé à ét ‘égard des faits inOüis. On a cula preuve que, dans'certains atèliers , des enlfans étaient assujettis à des services Ou à des travaux dont la fatigue excédait évidemment leurs forces, et que des punitions corporelles sans cesse menaçantes, un fouet entre les mains du conducteur de l'atelier, pouvaiént seuls les maintenir attentifs à leur tra: wail. On a eu la préuve que certains de ces tra- Vaux agissaient sur la santé avec une rapidité effrayante , déformaientles membres et souvent ‘stropiaient pour la vie ces malheureux enfans , victimes à la fois de l’insensibilité et de la cupi-
dité de leurs ‘maîtres et de leurs parens qui attestaient, pour excuse, les uns la concurrence, les autres Ja misère.
Test bien évident que c’est à ces dernières causes et à l’inimoralité ‘qu'élies engendrent sur ‘les esprits faibles, sur les cœurs froids , que de tels ‘abus doivent être imputés , ét non à la division du ‘travail ; qui, loin d'enseigner à abuser de la force d’un ouvriér ou d’un enfant, n’a d'autre fondement au contraire que l’emiploï judicieux*et modéré de la force ‘et de l'adresse
: É A ; Ÿ L ke è | que chaque âge ‘et'chaque sexe peuvent offrir.
Nous n’avons pas craint dénous livrer à’ cette longue digression, ‘non:seulement parce que Pidustrie de la poterie et de la porcelaine est,
en France , une de celles où Ja division du tra-
vail'est le‘plus mal pratiquée, 'maïs'encoreet sur:
tout parce que la'plüpart de'nos industries nous
offriront la même imperféction,, bién qu’à dés degrés différens. 41 nous a seniblé qu'ayant à donnér cet cnseignement , la prémière‘occasion qui s’en présénterait serait aussi la meilleure , et nous l'avons saisie avec‘empressémént.
Nous #avons plus mäintenant que quelques mots à ajouter sur la porcelaine.
La décoration de la porcelaine constitue à Paris une industrie importante. Elle ne peut être nulle part miéux placée , éxercée à la fois avec plus de supériorité et d'économie, que dans la ville où les arts de la peñiture et de la sculpture ont pris iplus ‘de développemens que sur aucun autre point de l'Europe.
À l'Exposition, pour ce ÿenre d'industrie, M. André tient le prémier rang. Le Choix, la finesse ét le ton dés couleurs se rencontrent chez cet artiste à un dégré rémarquable, M. Chapelle , M. Julienne-Moureau , ont aussi des pro: duits dignes d’éloges: Ce dernier paraît se livrer exclusivement an genre de décoration dit étrusque ou napolitain. Toutefois, c’ést plutôt comme décoration courante et à la portée des consommations usuelles, que comme objets d’art, qu’il faut louér'ses produits , ét nous ne faisons cétte remarque que parce que nous nous sommes demandé , en éxaminant avec attention l’exhibiüon de M. Julienne-Moureau, si ‘un peu plus de goût et de soin dans les dessins sérait incom: pauble avec le bon marché qu’exige la massé des cons#mmateurs.
Madame Brochard, notre première ‘artiste dans ce genre, expose une tête de viérge d’une expression et d’ün coloris admirables.
M. Bernard, qui tient l’un des premiérs rangs, par l'importance et le bon goût de ses produits,
PL, LR,