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dans la décoration de la porcelaine, n’a rien exposé. Nous ignorons à quelle cause. il faut attribuer son absence, généralement regrettée de tous les appréciateurs, de,son, beau.talent.
Avant de terminer ce chapitre, nous,avons à réparer une omission assez.importante, relativement à une manufacture de faïence, dont nous n’avons, pas. parlé dans nos précédentes livraisons ; cette fabrique est située, à Arboras, près Givors, dans le département du Rhône; son existence nous était connue, mais sachant qu’elle remontait à très-peu d'années, nous n’étions pas certain que son développement eût été assez rapide pour en faire l’objet d’une mention particulière. Des informations précises, recueilhes par un de nos correspondans, nous mettent à même de compléter notre travail sur la fabrication des faïences en France.
La manufacture d'Arboras est fondée dans d'excellentes conditions de travail, sous.le point de vue des combustibles et Ges transports. Son voisinage de Givors, et par conséquent des mines de Rive-de-Gier , lui donne à 15 sous la voie de charbon que nous avons vu payée moyennement b5 sous par Montereau, et 3fr. 8 s.
par Creil. Constituée pour desservir le Midi, le Rhône, à la descente, lui fournit un moyen de transport aussi rapide qu’économique , et ses produits peuvent pénétrer, par le canal du Languedoc, dans le bassin de la Gironde. Les directeurs de cette fabrique déclarent, pour 1834, une production de 400,000 fr.
Ils déclarent encore qu’a Nice ils soutiennent la concurrence de Angleterre, et annoncent l'intention d'étendre leurs débouchés jusqu’à Constantinople, où les usines du Staffordshire trouvent un placement de 2? millions de leurs produits.
Il paraît que c’est à ses procédés nouveaux de cuisson, au moyen du coke (houille carbonisée), que la fabrique d’Arboras doit Péconomie de ses prix, et la possibilité d'étendre aussi loin son rayon d’approvisionnement. Dans notre seconde série, et lorsque nous traiterons des ateliers, nous nous réservons d’entrer plus avant dans l'examen des procédés employés à Arboras; nous nous bornerons à citer la déclaration suivante, faite par les directeurs de cette fabrique, dans une note envoyée par eux au jury central de l'Exposition, et dont nous avons la copie sous les yeux.
« Les directeurs d’Arboras sont tellement convaincus de la supériorité de leurs procédés, qu’ils renoncent formellement à réclamer con-
tre la décision du gouvernement, s’il jugeait convenable de permettre l'introduction, en France , des poteries anglaises, sous un droit modéré, comme la proposé M. Clément-Desormes. » Îl faut remarquer que les directeurs d'Arboras ne parlent d’un droit modéré sur les poteries anglaises, que parce que c’est sous cette f‘rme que s’est présentée la proposition de M: Desormes. La suppression entière du droit né serait pas davantage combattue par eux, puisqu'ils déclarent soutenir la concurrence anglaise en dehors des frontières de France.
Nous ne pouvions clore sans doute par un do- Ccument plus satisfaisant l’étude de la, question qui forme l'objet principal de ce chapitre, savoir, l'attitude de nos fabricans de poterie et de faïence fine en présence de la rivalité de PAngleterre que quelques opinions mal éclairées, ou entraînées par l’esprit de système, ont présentée comme pouvant être funeste pour eux, si la barrière des douanes n’empêchait pas cette lutte. On voit qu’ils ne la redoutent pas, que les droits prétendus protecteurs ne les protègent aucunement , et que là, comme ailleurs, : la protection se résout en une restriction sur un objet de grande consommation, restriction d’autant plus fâcheuse que l’objet qu’elle atteint peut être regardé comme étant de première nécessité pour les classes ouvrières.