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une industrie comme sa robe virile; c’est son certificat de majorité.
La France, en 1832, a exporté pour 2,402,000 fr. de verres, dont 228,000 en Suisse, 404,000 en Espagne, 121,000 en Sardaigne. D’autres exportations sont plus significatives encore; ce sont .167,000 fr. d’exportations en Turquie, 145,000 aux Etats-Unis, 112,000 en Angleterre. Ainsi l'Angleterre prend de nos produits, et nous. luttons contre elle en Turquie et aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans deux des pays où ses relations commerciales sontle plus étendues.
De quelle concurrence la prohibition at-elle donc prétention de nous défendre? Serait-ce de celle de la Bohème ? Il est bien certain que le bon marché du combustible dans ce pays encore peu peuplé, et couvert de forêts, lui permet de. fabriquer du verre à bas prix; mais ce verre ne peut arriver vers notre marché que par des routes de terre difficiles et coûteuses. Si ce n’élait pas là une protection suffisante pour l'industrie française, nulle condamnation plus évidente ne pourrait être prononcée contre elle; mais il est bien certain qu’il n’en est pas ainsi, et que nos verreries n’ont rien à redouter de la concurrence de la Bohême.
Quant aux cristaux , nous en exportons aussi, et dans toutes les parties du monde. L’exportation totale est de 283,000 kil. que la douane évalue en moyenne à 2 fr. Elle évalue à { fr. le kil. de verre.
Comment croire que nos cristalleries ne pourraient pas soutenir la concurrence étrangère ? Voici comment s’exprimait le jury central de 1827 :
« L'art de la cristallerie a fait, en France, depuis quelques années, d'immenses progrès ; désormais il peut se passer de la protection des douanes, parce que les produits qui en résultent ne craignent aucune concurrence, soit pour la qualité, soit pour les prix. Le jury central proclame avec une grande satisfaction cet important résultat. »
Remarquons toutefois qu’il y a dans ce jugement quelque chose d’absola qui n’est pas dans notre pensée. Aïnsi nous sommes convaincus que la France pourrait ouvrir ses frontières à l'entrée des verres et cristaux étrangers, sans porter aucun tort à ses fabriques, mais c’est sous la condition que les matières premiè: res, employées à la confection du cristal, le plomb et la potasse, qui entrent pour une si forte partie dans le, prix de cette matière, seraient affranchies des droits de douanes, et mettraient ainsi nos fabriques en état de soutenir
la concurrence étransère à armes égales. Quand nous parlons de lever des droits prohibiufs ou restrictifs sur des produits manufacturés de l’é» tranger, c’est toujours en ce sens que nous faisons cette demande; c’est sous la condition que notre industrie ne supportera pas sur les matières premières qu’elle emploie pour la production des mêmes articles, des taxes qui lui rendent la concurrence plus difficile chez elle, et souvent impossible au dehors.
Si, malgré les progrès accomplis dans Pine dustrie de la verrerie et de la cristallerie, le consommateur n’en a presque rien ressenti, si la baisse des prix n’a pas suivi le perfectionnement dans les procédés, nul doute que l’on en doive en partie attribuer la cause au régime de la prohibition. Et par exemple, si les cristaux étrangers pouvaient arriver sur notre marché, les inconvéniens dont nous avons montré la possibilité dans le traité d'union des quatre cristalleries de France, disparaîtraient à peu près complètement, et tout ce qu’il y a de bon, au contraire, dans cette convention, ‘pourrait porter ses fruits. On n’y pourrait plus voir
qu’une régularisation de la vente dans tous les
intéiêts, dans l'intérêt du consommateur et de ouvrier, aussi bien que du fabricant, et nom pas un envahissement du marché, une coalition dans les prix, dans l'intérêt seul des fabricans. Ilest impossible de toucher à une question de liberté commerciale, en l’'abordant sur son véritable terrain, sans arriver aux conséquences les plus fécondes, au plus équitable balancement de tous les intérêts
Nous venons de dire qu'aucune baisse de prix sensible n’avait eu lieu dans les cristaux; nous croyons même qu’on pourrait assurer qu'il y & eu quelque augmentation dans les cristaux taillés ; mais il y a eu une assez forte baisse dans les cristaux moulés. Cette baisse a été provoquée par Pintroduction du procédé du moulage dans les verreries, On a obtenu ainsi avec le verre des pièces d’un aspect presque identique ayec celui des pièces en cristal moulé, et cela se cone çoit facilement. Le procédé du moulage ne produit un effet agréable à la vue que lorsque les fas cettes sont très -multipliées, Mais alors le jeu de la lumière dans ces facettes laisse bien moins visibles les différences de ton.et de couleur, qui s’aper+ coivent si vite entre des objets de cristaliet de verre, dont les surfaces sont unies: Le verre moulé a donc suscité au cristal fabriqué par le même procédé une concurrence inquiétante, et les cristalleries n’ont pu la soutenir qu’en baissant leurs prix de près de moitié. Ceci fournit,
au reste, un argument de plus aux observations que nous présentions tout à l'heure, sur la nécessité d’ouvrir accès enfin à la concurrence étrangère.
Nous sommes heureux, en terminant ce chapitre, de pouvoir ajouter quelques détails sur les prix des verres à vitre de couleur, produit qui nous paraît devoir prochainement devenir l’objet d’une consommation importante. La fabrique de Choisy-le-Roi vient de joindre à son exhibition le tarif de ses produits en verre et vitraux colorés. Voici ce tarif.
Verres à vitres de couleur et peinture Sur verre.
Les verres à vitres de couleur se vendent le pied carré:
En rouge, 1er choix. 4 fr. 50 c.
orange. >» »
jaune. 50 vert. 50 bleu. 20 indigo. fc: 20 violet. 1 20
Le verre mat à dessins transparens, dit verre mousseline , avec choix de quinze dessins, se vend dans les mesures ordinaires, à raison de 2 fr. 25 c. le pied carré, soit 5 fr. un carreau de 20 pouces de haut sur 16 de large.
Le verre mat à dessins transparens jaunes, 3 fr. le pied carré.
Les bordures peintes de 3 pouces de large, le pied courant suivant le dessin et le nombre de couleurs, ? fr. à 7 fr. ; de 5 pouces, 3 fr. à 11fr.; de 7 pouces, 4 fr. à 12 fr.
Les bordures peintes par impression de 3 pouces de large, à 3 fr. le pied courant; de 6 pouces, 5 fr.
Les lettrés jaunes d’or sur fond mat se vendent 50 c. la lettre de 2? pouces de haut.
On paie, en outre, le prix du verre mat, à raison de 2 fr. 25 c. . pied carré
Les verres à dessins Soie ou autres peints en diverses couleurs se vendent de 12 a 25 fr. le pied carré, suivant les dessins.
Les fleurs peintes en couleurs d’émail ;vitrifiées sur fond mat blanc ou brun se paient de 25 à 45 fr. le bouquet, suivant le fini et Ja dimension'du bouquet, et en outre le prix du verre mat à 2fr. 25 c. le pied carré.
Les vitraux composés de verres de couleur rapportés et mis en plomb comme les anciens vitraux, et représentant des ornemens ou des
sujets avec figures, se paient suivant les dessins de 10 à 40 fr. le pied carré.
Les vitraux peints sur verre blanc avec couleurs en émail vitrifiées faisant corps avec le verre se vendent, suivant la complication du sujet, de 30 à 60 fr. le pied carré.
Les prix de tous ces articles ne peuvent évidemment pas faire la base d’un tarif; pour les faire mieux apprécier, nous fixerons de la manière suivante les prix des pièces que nous avons exposées.
La figure de Mercure avec les emblêmes du commerce et la bordure à 50 fr. le pied carré, soit en total 1,300 fr.
Les panneaux d’ornemens gothiques en couleurs entrelacées à 12 fr. le pied, soit 120 fr. chaque panneau.
Chaque panneau de fleurs exposé au pavillon des tissus au midi et composé d’an bouquet entouré d’une bordure sur 8 carreaux est du prix en totalité de 150 fr.
Chaque carreau du milieu serait de 45 fr.