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INDUSTRIES DIVERSES

résultats. La sucrerie que nous reproduisons (Pc. XIX — 1), bien qu’exécutée d’après les anciennes idées , est cependant une des mieux construites de la Martinique; c’est ce qu’on fait de mieux en ce genre. On voit combien ce mieux estimparfait encore, combien ces combinaisons de quatre cylindres, entre lesquels circulent les cannes , sont mal entendues, et absorbent de force par des frottemens inutiles.

Mais c’est surtout au raffinage du sucre brut que Pindustrie du sucre indigène a fait faire de rapides progrès. L’auteur des observations cidessus s’étonne que dans cette branche de production nous ayons précédé les Anglais. Son étonnement tient à une méprise : Ra nouveaux procédés de raffinage sont bien plus des combinaisons physiques et chimiques que des combinaisons mécaniques, et nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de faire remarquer notre supériorité dans la plupart des arts industriels qui relèvent de la chimie ou de la physique.

Trois appareils sont mentionnés ci-dessus :

appareil Desgrand , l'appareil Brame-Chevaler, et l'appareil Roth. Dans limpossibilité de reproduire par la gravure l'appareil Desgrand , qui est en ce moment l’objet d’une discussion judiciaire très-importante , et que, par cette raison, son inventeur s’est vu, à regret, privé de nous communiquer, nous avons donné la préférence à l'appareil Roth sur l'appareil Brame- Chevalier, bien que ce dernier nous paraisse supérieur. Mais Pappareil Roth est fondé sur des principes dont lapplication peut, ce nous semble, devenir plus générale et plus utile. En voici la description sommaire (PL. XVIII — 2).

À est une chaudière couverte, et à double fond B; C est le condenseur de la vapeur.

Quand on veut remplir la chaudière de sirop, on y fait d’abord arriver de la vapeur puisée par le tuyau D à une chaudière à vapeur. Cette vapeur arrive par le tuyau supérieur dont le robinet K est ouvert, remplit la chaudière, et passe dans le condenseur par le tuyau R; elle remplit le condenseur , et sort par le tuyau V, entraînant avec elle l'air atmosphérique contenu dans les deux récipiens ; alors on ferme tous les robinets, et l’on ouvre le robinet S qui communique à un tuyau T plongeant dans de l’eau froide. Cela produit immédiatement la condensation de la vapeur , et l’eau du réservoir conünue de s’élancer dans le condenseur , et appelle et condense la vapeur qui y est contenue, ainsi que dans la chaudière. Le vide se trouve ainsi fait dans l'appareil. Alors on ouvre le robinet M, qui par le tuyau N communique au

réservoir de sirop; le sirop, pressé par latmosphère (pression qui fait équilibre, comme on sait, à une colonne d’eau de 32 pieds), monte dans la chaudière. Quand la quantité voulue pour l'opération ÿ est ainsi montée, on ferme le robinet M, et l’on ouvre les deux robinets E et G ; alors par lé tuyau F, embranchement du tuyau D, la vapeur à son maximum de chaleur entre dans le double fond B, le remplit, léchauffe, et aussi le liquide qui estau-dessus, puis par le tuyau O elle retourne à la chaudière à vapeur. Par le tuÿau H, la vapeur entre en même temps dans l'intérieur de la chaudière; et y circule enfermée dans le même tuyau roulé en spirale 44h k dans la chaudière, et retourne aussi à la chaudière à vapeur par ce même tuyau À. La vapeur d’eau produite par la cuisson du sirop est incessamment appelée par Peau froide du condenseur ; ainsi la cuisson s’opère dans le vide, c’est-à-dire, dans la circonstance la plus favorable pour marcher vite sans une haute température.

Quand le sirop est assez cuit, on ferme tous les robinets, et on ouvre le robinet X. L'air pénètre dans la chaudière et le condenseur.

Alors on ouvre le robinet P, et le sirop cuit se rend dans le réservoir Q; puis lon ferme les robinets P et X , et l’on recommence l'opération comme nous venons de la décrire. Tout compris , l'opération dure de 20 à 25 minutes, pour chauffer et réduire au degré convenable 450 li-

tres de clairée (sirop de sucre brut), qui, après la

cuite, donnent 200/itres. Il faut plus de 3,000 kilog, d’eau froide, pour opérer la condensation des 2650 litres d’eau que la chaleur dégage dé la clairée. On voit que c’est, en effet, comme il a été dit plus haut, une dépense d’eau considérable.

Malgré cet inconvénient, on ne peut discon:

venir que cet appareil ne soit extrêmement ingénieux , et que , dans les localités où l’eau est abondante , il ne puisse être appliqué à une foule d’usages importans.

Peaux el maroquins. — L'art du tannage est avancé en France, si on le considère par comparaison avec l’état de la même industrie dans les pays voisins. Nos cuirs passent généralement pour être de belle qualité. Il paraît difficile de croire cependant que cette industrie n’ait pas encore de grands progrès à faire. On sait que le tannage consiste à imprégner des peaux d’a: nimaux d’un principe chimique appelé tannin , que contiennent beaucoup de végétaux, et paruculièrement l'écorce de chène et la noix de

galle. Ce principe combiné avec la peau lui donne de la fermeté, empêche l’action putride, et la rend ainsi propre aux usages variés que remplit le cuir. Dans la méthode ordinaire, on dépose les peaux écharnées ; c’est-à-dire dépouillées de l’épiderme charnu, dans des fosses remplies d’une dissolution de tan; elles y restent de six à douze mois, souvént même dixhuit; et quelquefois, si le cuir est très-épais, deux ans; ce long espace de temps paraît nécessaire pour que le tannin pénètre entièrement dans l’intérieur des cuirs épais, On conçoit combien une telle méthode est coûteuse , et les capitaux considérables qu’elle absorbe, puisque toutes ces peaux déposées dans les fosses sont un capital oisif pendant tout le temps qu’elles y séjournent. Des procédés qui permettraient de l’abréger seraient done d’une haute utilité.

De grands efforts ont été déjà tentés à cet

égard , particulièrement lors des guerres de la

Convention, quand il fallut inopiuément pourvoir à l’armement de quatorze armées qui allaient sur tous les points repousser l'invasion étrangère. C’est à ce moment que M. Séguin fit ses grands essais sur le tannage, et bien que l'expérience n’ait pas confirmé tous les avantages qu’on en avait d’abord attendus , cependant les travaux de M. Séguin ont jeté un grand jour sur toutes ces opérations auxquelles jusqu’alors avaient présidé la routine et le mystère, et c’est de lui que datent les plus notables progrès de la tannerie.

On a essayé de tanner en placant les cuirs, avec une dissolution de tan, dans des vases fermés où l’on fait le vide; on chassé ainsi tout l'air contenu dans les pores des cuirs, et la dissolution tannée peut y pénétrer plus rapidement; puis on rend l'accès à l'air, et le tannage s’opère sous sa pression qui contribue encore à faire plus fortement entrer la dissolution. On peut aussi obtenir une pression plus forte par un nouÿeau perfectionnement qui consiste. à faire d’abord le vide dans les vases qui contiennent les peaux, puis à les remplir de la dissolution de tan, et à y faire entrer de force un petit excès de cette dissolution au moyen d’une pompe foulante, De cette manière, la pression possible n’a plus d'autre limite que la résistance du vase, et les peaux les plus épaisses peuvent être tannées, assure-t-on, en six semaines ou deux mois au plus.

Quelques localités en France sont particulièrement renommées pour le tannage des cuirs ; il faut mettre en tête Pont-Audemer et Paris. Les cuirs produits à l'Exposition par MM, Plum-

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