‹ L'infaillibilité et le Concile général: Étude de science religieuse à lChapitre 10 sur 30 · SURNATURELLE · texte numérisé non relu

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donc supposer cette autorité donnée de Dieu, et la chercher humblement pour s'y soumettre sans raisonner. Où la trouvera-t-il ? Toutes les sociétés séparées de TEglise catholique ne fondent leur séparation que sur Toflre de faire chaque particulier juge des Ecritures et de lui faire voir que TEcriture contredit cette ancienne Eglise. Le premier pas qu'un particulier serait obligé de faire pour écouter ces sectes, seraitdonc de s'ériger en juge entre elle et l'Eglise qu'elles ont abandon* née; or, quelle est la femme de village, quel estl'artisan qui puisse dire sans une ridicule et scandaleuse présomption : Je vais examiner si Tan-» cienne Eglise a bien ou mal interprété le texte des Ecritures ? — Foilà néanmoins le point essen* tiel de la séparation de toute branche ePavec V ancienne tige. Tout ignorant qui sent son ignorance, doit avoir horreur de commencer par cet acte de présomption. Il cherche une autorité qui le dispense de faire cet acte présomptueux et cet examen dont il est incapable. — Toutes les nouvelles sectes, ^^ox\\^\xv principe fondai mental y lui crient : Lisez , raisonnez , décidez. La seule ancienne Eglise lui dit : Ne raisonnez, ne décidez point , contentez-vous d'être docile et humble : Dieu m'a promis son Esprit pour vous préserver de l'erreur. Qui voulez-vous que

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cet ignorant suive , ou de ceux qui lui demandent V impossible y ou de ceux qui lui promettent ce qui convient à son ignorance et à la bonté de Dieu ? Représentons-nous un paralytique qui veut sortir de son lit, parce que le feu est à la maison : il s'adresse à cinq hommes qui lui disent: levez-vous, courez, percez la foule, sauvez- vous de cet incendie.

» Enfin vient un sixième homme, qui lui dit : laissez-moi faire, je vais vous emporter entre mes bras; croira-t-ii les cinq hommes qui lui conseillent de faire ce qu'il sent bien qu'il ne peut pas ? Ne croira-t-il pas plutôt celui qui est le seul à lui promettre le secours proportionné à son impuissance ? Il s'abandonne sans raisonner à cet homme , il se borne à demeurer souple et docile entre ses bras. Il en est précisément de même d'un homme humble dans son ignorance , il ne peut écouter sérieusement les sectes qui lui crient :

Lisez , raisonnez , décidez ; lui qui sent bien qu'il ne peut ni lire , ni raisonner, ni décider; «lais il est consolé d'entendre l'ancienne Eglise qui lui dit : Sentez votre impuissance , humiliez-vous , soyez docile , confiezvous en la bonté de Dieu qui ne vous a point laissé sans secours pour aller à lui. Laissez- moi

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faire , je vous porterai entre mes bras. Rien n'est plus simple et plus court que ce moyen d'arriver à la vérité. V homme ignorant n*abe^ soin ni de lire, ni de raisonner pour trouver la vraie Eglise. Les yeux fermés, il sait avec certitude y que toutes celles qui veulent le faire juge-, sont fausses , et qu'il n'y a que celle qui lui dit de croire humblement , qui puisse être la véritable. Au lieu des livres et des raisonnements^ il n'a besoin que de son impuissance et de la bonté de Dieu , pour rejeter une flatteuse s éduction , et pour demeurer dans une humble docilité. Il ne lui faut que son ignorance bien sensée pour décider. Cette ignorance se tourne pour lui en science infaillible ; plus il est ignorant , plus son ignorance lui fait sentir Tahsurdite des sectes qui veulent l'ériger en juge de ce qu'il ne peut examiner.

» D'un autre côté , les savants mêmes ont un besoin infini d'être humiliés et de sentir leur incapacité ; à force de raisonner, ils sont encore plus dans le doute que les ignorants. Us disputent sans fin entre eux, et ils s'entêtent des opinions les plus absurdes. Ils ont donc autant de besoin que le peuple le plus simple d'une autorité suprême, qui rabaisse leur présomption , qui corrige leurs préjugés , qui termine leurs

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disputes, qui fixe leurs incertitudes, qui les accorde entre eux et qui les réunisse à la multitude. — Cette autorité supérieure À tout raisonnement , où la trouverons-nous ? Elle ne peut être dans aucune des sectes qui ne se forment qu'en faisant raisonner les hommes , et qu'en les faisant juges de TEcriture audessus de TEglise. Elle ne peut donc se trouver que dans cette ancienne Eglise qu'on nomme catholique. Qu'y a-t-il de plus simple et de plus court, de plus proportionné à la faiblesse de l'esprit de l'homme, qu'une décision pour laquelle

chacun n'a besoin que de sentir son impussance, et de ne vouloir pas l'impossible? Rejetez une discussion visiblement impossible et une présomption ridicule y vous voilà catholique, »

Le grand Archevêque de Cambrai ne soutient pas ici que la divine prétention à l'infaillibilité soit le seul signe ou le seul caractère qui fasse reconnaître la véritable Eglise, mais il montre et il démontre qu'elle est incontestablement l'un des signes ou des caractères qui la font reconnaître.

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