CHAPITRE VI
DIQRESSiOM
SUR UN FAIT DÉCISIF CONTRE l'iNCRÉDULITÉ
« Vous écrivez pour les gêna du inonde, nous dira-l-on peut-êlre , et vous semblez oublier qu'ils appartiennent en grand nombre au rationalisme ou aux sectes. Ce que vous venez d^élablir , demande la foi catholique pour être admis. » Nous écrivons pour les croyants et pour les incrédules ; pour ceux-là , dans Tîntention de leur rappeler leur catéchisme; pour ceux-ci , dans Tintenlion de leur apprendre ce qu'enseigne la doctrine catholique dont ils parlent constamment sans la connaître. Mais les deux premiers chapitres de ce livre sur la raison et la foi, sur la raison conduisant à la foi, et sur la méthode divine par laquelle la Providence nous élève de la certitude naturelle de la raison à la certitude surnaturelle de la foi , ces deux
UN FAIT DECtSir CONTRB ^^INCREDULITE 67
chapitres sontdirecleoQent à t'adresse de llncrédulité. Il en sera de même de celui-ci. Avant de poursuivre ooUe roule, nous voulooiS nous arré* ier un instant, et montier au rationalisme que nous sommes snr le chemin de Dieu.
Nous prenons donc en main le livre univer* tellement connu sous le nom d'Evangile , où nous venons de lire Tinstilution de TEglise enseignante et de la primauté de Pierre , et nous demandons au rationalisme à quel siècle ce livre appartient? Le rationalisme avoue que les Evangiles, tels qu'ils sont aujourd'hui^ appartiennent au premier ou au second siècle de notre ère.
£h bien I c'est asse^,. et nous dirons avec Bossuet qu'il n en JayX pas davantage, pour démontier à \s3k raison que Dieu a réservé à ce livre une marque de divinité ^ui ne souffre aucune atieiMe^
El powquoi u'en faut41 pas davantage ?
Parce que ce livre annonce , prophétise avec une clarté souveraine j, des choses humainement irréalisables, et qui sont cependant réalisées sous rtos yeux.
Cette harmonie de l'Evangile avec le fait immense et tout vivant de l'Eglise prouve même quelque chose de plus : elle prouve à la fois la divinité du livre qui promet ce fait et qui le dé-
crit dans ses étonnants détails, et ta divinité du fait lui-même qui lui correspond.
Trois paroles entre mille de ce livre divin suffiront pour nous en convaincre, trois paroles de TËvangile , justement relatives à Tinstitution du ministère apostolic[ue et a Tunité de Tapostolat.
Voici la première de ces paroles.
Jésus-Christ apparaît à ses disciples et leur dit :
« La paix soit avec vous. — Et il leur montra ses mains et son côté. Les disciples eurent donc une grande joie de voir le Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : La paix soit avec vous. — Comme mon Père ma envoyé y je vous envoie. — Et répandant sur eux le souffle de sa bouche , il ajouta ; Recevez lé Saint Esprit. Les péchés seront remis à qui vous les remettrez^ et à ceux à qui vous les retiendrez , ils leur seront rete^ nus (1). »
Evidemment ces paroles sont divines si elles n'expriment pas le rêve d^un insensé , car qui peut remettre les péchés , si ce n'est Dieu ?
Qui peut donner TEsprit-Saint , si ce n^est Dieu ?
(i) Joan. XX, 19, â5.
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*' Quelle puissance peut se servir des hommes pour purifier les âmes, si ce n'est la Toute- Puissance ?
Qui peut transmettre la vie divine de la grâce par les causes secondes^ si ce n'est la cause première?
Quelle scène que ce souffle divin répandu , que ces mains percées, glorifiées, étendues, que celle parole enfin : Sicut misit me Pater ^ et Ego rnitto vos. Accipite Spiritum Sanctum, Quorum rem^iseritîs peccatUy rem,itiuntur eis : et quorum retinueritis retenta sunt !
Mais si lout cela est divin, si ces paroles sont divines , une chose est pour ainsi parler plus divine qu^elles, c^est leur accomplissement.
Ouvrez donc tes yeux, rationalistes et sectaires de toutes sortes, et regardez la calholicité.Voyezta, eherchanl dans tous les siècles, depuis Jésus- Christ, la rémission des péchés comme un Dieu seul a pu la faire chercher; Thomme agenouillé devant Thomme; Thomme expiant par la vérité des ses aveux la triste vérité de ses souillures ; rhom me ouvrant sa conscience , et découvrant les taches de son âme dans le temps, pour ne pas tes emporter dans rélernité ; Thomme slmmiliant pour être relevé, le Chef de TEglise univer* selle aussi bien que le dernier des chrétiens f
N'esl-il pas manifeste que si Dieu seul a pu ordonner celte expiation de Tesprit et du co^r. Dieu seul aussi a pu Tobtenir ?
Oui^ tout est divin ici , et la Joi qu'aucune puissance humaine n'eût pu porter sans folie ^ et Tobeissance à la loi que la nature humaine n'eût jamais observée sans la grâce.
Encore une fois , ouvrez les yeux , vous qui les fermez à ce spectacle , et voyez ce qui est clair comme la lumière du jour: que TEvangile , dans ce prodigieux passage, n'est pleinement intelligible que par le fait divin et tout vivant de la pénitence sacramentelle ; que le monu-^ ment écrit du Nouveau Testament a besoin du monument vivant de TEglise pour ne pas paraître une énigme , et que , placés en face Ton de Tautre , ils s'expliquent mutuellement.
Après avoir entendu la parole qui a fondé le ministère sacré de la réconciliation , parole divine divinement réalisée , il faut entendre celle qui a fondé l'apostolat perpétuel , l'autorité divine enseignante^ et qui li'est ni moins divine en elle-n^me, ni moins divine dans son accomplissement.
Au moment de priver ses Apôtres de sa présence visible , Jésus-Christ leur communique sa puissance^ et leur promet sa présence invisible ,
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mais plus intime et plus efficace que la première.
N Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc et instruisez tous les peuples , les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai prescrites; et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (I). »
Quel homme a jamais parlé ainsi? Quel homme a jamais pu songer sans folie à fonder une puissance universelle et impérissable , surtout sur les âmes? Et cependant celui qui parla de cette sorte, en maître des temps et des cœurs, n'a-t-il pas tenu parole? N'est-elle pas là , devant nous, cette autorité religieuse sur laquelle seul le temps n^a pu conserver son empire ?
Mais ce n'est pas tout : l'apostolat perpétuel et universel de la vérité, Jésus-Christ le constitue dans l'unité, et ilfonde cette unité parTautorité d'un pasteur suprême. Or, la parole qui donne à l'Eglise sa constitution définitive, n'est pas moins divine que les deux premières. Celte parole constituante fut adressée à de pauvres gens, non élus par le peuple^ mais choisis, dans leur misère et dans leur faiblesse, par Celui qui seul est
(1) MaUh XXVIH, 18 âO.
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grand et qui seul est maître. S'adressant donc un jour à Tun de ces pauvres, Jésus-Christ lui dit : Tu es Pierre y et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise^ et les forces de V enfer ne prévaudront /Vïmais contre eUe{\),
C'est une chose divine, assurément, de dire à un pauvre pécheur de Galilée : « Je fonde en toi une dynastie immortelle dont le pouvoir s'étendra à tous les siècles; » mais si c'est une chose divine de le dire, c'en est une plus divine encore de le faire.
Venez donc encore une fois, vous qui jusqu'ici n'avez pas bien regardé l'Eglise, venez et voyez : Fenite et vide te. Voyez si ce n'est pas l'autorité seule de Pierre, qui du centre de l'unité, s'étend partout et résiste à tout. Les autres puissances sont écoutées là où elles sont armées, et les princes sont obéis là où ils sont princes; mais la puissance du successeur de Pierre , la papauté est écoutée là où il n'est pas prince. La foi dont il est Torgane et le gardien, on la confesse et on meurt pour elle sous tous les cieux et. sur tontes les terres. Ne voyez*vous pas cette hiérarchie sans égale répandue chez toutes les nations , même sous les yeux de pouvoirs ennemis ? Cette immense hiérarchie n'a qu'un chef, ce chef est
(OMatth. XVI, 18.
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désarmé, il parle, et la catholicîtj^, où entrent toutes les races humaines , n'a qu'une voix pour lui répondre. Comment expliquer ce mystère qui dure depuis deux mille ans? Tu es Petrus et su^per hanc petram œdificabo Ecclesiam meam :
voilà le mot de Ténigme.
Nous n'ignorons pas que des historiens modernes, dans respoir de donner à ce prodige une explication humaine, ont prétendu que Tautorité doctrinale de la papauté ne devint universelle qu'au V® siècle ; mais ils n'ont pu le prétendre qu'en méconnaissant les actes solennels où nous voyons l'autorité du Saint-Siège s'exercer en Orient et en Occident, dès l'origine de l'Eglise.
C'est au premier siècle que S. Clément de Rome , disciple immédiat des Apôtres et successeur de S. Pierre, écrit aux Eglises de la Grèce , accomplissant à leur égard les devoir» imposés au Vicaire de Jésus-Christ par sa charge universelle ; c'est au 11* siècle que S. Irénée , Evêque de Lyon, venu d'Orient dans les Gaules, puisqu'il était disciple de S. Polycarpe de Shiyrne , disciple à son tour de S. Jean l'Evangélisle, enseigne la primauté .du Siège de Rome , et l'obligation de TEglise universelle de se rattacher à ce centre d'unitç; c'est au UP siècle
que les papes S. Etienne et S. Denis exercent
en Asie el en Afrique la même puissance que S. Clément avait exercée en Grèce ; c'est au IV* siècle que le grand Âthanase d'Alexandrie et les autres Evêques chassés par les Ariens, sont rendus à leurs sièges par le pape Jules I*', et S. Jean Chrysostome est^ rétabli sur celui de Conslantinople par le pape Innocent.
Ces faits, entre tant d'autres, suffisent à démontrer la légèreté des grands historiens qui , se copiant les uns les autres , n'ont pas rougi de représenter le pouvoir catholique de la papauté comme ignoré des premiers siècles. La papauté , comme l'Eglise , a été d'abord, sans aucun doute , la petite graine de l'Evangile ; mais jetée en terre par la main de Dieu , elle portait dès lors en êlie-même l'arbre qui devait ombrager toute la terre Les hommesn'y ont rien mis, et si cette graine s'est levée, si l'arbre qui en est sorti a étendu ses rameaux dans les deux mondes, si la puissance de la papauté a été reconnue dans toutes les Eglises, c'a été en vertu de son propre principed'autorité universelle divinement constituée : Cest à toi que je donnerai les clefs de mon royaume j la puissance souveraine : fài prié pour toi y afin que ta foi ne défaille plus \ ce sera à toi de confirmer tes frères; pais mes agneaux et mqs brebis y les fidèles et les pasteurs.
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C'est par cette même force interne et surnaturelle que cette puissance a résisté à tout^ manifestant son principe divin par sa durée aussi bien que par son extension.
Dans tous les temps » les puissances humaines ont regardé de haut cette autorité pontificale extérieurement infirme. Mais voyez comme Dieu humilie les forts, et exalte les faibles :
L'empire romain frappe du glaive ou jette dans Tamphitéàtre les poniifes suprêmes comme les plus obscurs des chrétiens. Pendant trois siècles , trente Papes meurent martyrs. Mais Tempire passe et la papauté reste. Les empereurs devenus chrétiens jalousent la puissance spirituelle; craignant de n'être à Rome que la seconde majesté, ils s'en vont à Conâtanlinople, où ils tentent de ressaisir les deux puissances ; mais ils s'affaiblissent pendant que la papauté grandit , et c'est elle qui pleurera leur chute. Le moyen- âge vient, âge singulier où malgré tant d'éléments rebelles et barbares, r£glise sait cependant édifier de si grandes choses. Charlemagne reconstitue l'empire d'Occident ; il passe , son œuvre se divise , et la papauté reste. Les empereurs d'Allemagne la servent et la desservent. Us passent , et la papauté reste. A l'entrée des temps modernes ,
Charles-Quint semble vouloir reprendre le rôle de Gharlemagne , eu le gâtant quelquefois.
Son empire passe, et la papauté reste. Dans les derniers temps, un autre César apparaît qui tient de tous ses prédécesseurs, et de ceux qui honorent, et de ceux qui insultenl, et de ceux qui défendent T Eglise^ et de ceux qui la combattent. U traverse le monde comme un orage , atteint les trônes en passant , arrache le Pape à son Siège, en lui disant que les excommunications d^un vieillard ne feront pas tomber les armes des mains de ses soldais; mais voilà que le souffle glacé d'en haut raidit ces mains des forts : ils laissent échapper leurs armes, et Dieu ensevelit la nouvelle puissance dans un linceul de neige. Elle veut se relever, mais en vain , et s'en va mourir au milieu des flots , quand le vieillard du Vatican a repris le chemin de Rome.
Qu^y a-t-il donc dans cette faiblesse invincible? Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai, et ce que f aurai élevé, nul ne le renversera.
Nos sages n'ont rien omis pour amoindrir aux yeux des hommes le miracle de cette durée, et ils représentent aujourd'hui la papauté comme un débris du passé, comme une auguste ruine d'un autre âge, dont il ne reste plus rien de
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vivant qu^une "çeXxKit puissance étrangère l Mais le Pape, comme prince, ne fut jamais qu^une petite puissance, et sa puissance comme Pape, est tou-* jours grande et incomparable , et n'est pas plus étrangère aujourd'hui que jamais. Voulez-vous vous en convaincre? Voyez ce qui arrive quand on touche aux Rois et quand on touche aux Papes. On a louché de nos jours aux uns et aux autres ; des têtes couronnées ont pris le chemin deTexil, et la tiare aussi; l'Europe a-t-elle suivi les Rois qui s'en allaient ? Ne s'est-elle pas rapproché aussilôt dés nouveaux-venus ? Est-ce ainsi qu'ellea fait, lorsque le Pape a quitté Rome? N'a-t-on pas vu les puissances européennes suiyre le Pape par leurs représentants , se montrer plus inquiètes que le Vicaire de Jésus- Christ, et ne s'apaiser qu'après l'avoir revu dans la Ville éternelle ? C'est que, malgré les préjugés de l'ignorance rationaliste, préjugés qu'elles partagent trop souvent elles-mêmes, ces puissances ont senti cependant que la papauté n'est nulle part étrangère; que les conditions, même temporelles, de sa liberté, se mêlent à tous les grands intérêts du monde; et que les relations du Chef de l'Eglise avec les nations ne peuvent s'altérer sans que tout s'altère, oui tout, car le schisme et l'hérésie mêmes dépendent de lui, l'erreur ne vivant
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que de la vérité qu'elle mutile, et les sec les chrétiennes dépendant, malgré elles, du christianisme total toujours vivant dans son invincible unité. Recueillons-nous donc pour regarder encore une fois du point de vue où nous sommes, l'harmonie surhumaine de TEvangile avec le fait subsistant de TEglise. Tout n'est-il pas divin ici, et les paroles qui annoncent , et les faits qui l'éalisent? Les paroles qui annoncent la rémission des péchés par le nouveau Sacerdoce, et les faits qui attestent la révélation des consciences dans la chrétienté; les paroles quî annoncent la perpétuité de TApostolat de TEglise enseignante, et les faits qui montrent cette perpétuité triomphante de toutes les forces et de toutes les défaillances humaines; les paroles qui annoncent l'unité de cet Apostolat par l'autorité d'un pouvoir suprême et indéfectible que Jésus-Christ pose à la base de son œuvre , et le fait éclatant de ce pouvoir désarmé contre lequel sont venues successivement se briser toutes les forces , et s'user toutes les ruses? — S. Augustin a donc eu raison de dire que si les Apôtres , en voyant Jésus-Christ ressuscité, ont cru et ont dû croire à sa parole qui leur promettait la catholicité encore invisible pour eux (1); nous devons, nous ,
(l)Luc. XXIV.
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croire à Jésus-Christ acluellement invisible pour nous , en présence de la catholicité divinement promise et que nous voyons. Oui, de même qu'en contemplant dans l'éclat de sa résurrection le divin Architecte qui leur montrait et leur expliquait le plan de son Temple, ils ont cru à cet édifice impérissable que sa main toute-puissante allait élever par leur faiblesse : ainsi, en voyant dans sa majesté, sa perpétuité, son incomparable unité, ce Temple tel qu'il Ta dessiné, nous confessons que cette œuvre estdeux fois surhumaine, et dans la pensée qui Ta conçue, et dans la force qui Ta réalisée, et qu'il est impossible de méconnaître en Jésus-Christ la sagesse et la droite de Dieu : Deivirtutem et Dei sapientiam (1). Disons donc avec S. Augustin : Les Apôtres ont vu la tête et ils ont cru au corps ; nous voyons le corps f nous croyons à la tête (2).
Rationalistes, il faut en prendre votre parti , le surnaturel est vivant, et pour le constater , il suffit d'ouvrir les yeux.
Qu'avez-vous donc fait, quand vous avez supposé que la foi défend tout examen à la raison ? Vous avez confondu l'examen du/aiïde la révélation et de ces invincibles preuves , l'examen de la vérité évidente de la révélation, avec l'exa-
(l) I. Cor. I, 24. (2) Serm. 116. Ed. Beiied.
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men des vérités révélées, comme si la raison qui a le droit de savoir si c'est à Dieu qu^elle croit ^ Scio cui credidi{y)^ avait également le droit de révoquer en doute la parole évidemment constatée de Dieu même. Qu'avez-vous fait quand vous avez supposé, avec Torgane à la mode du rationalisme de notre temps, que pour le croj ant , la foi rtapas de titre à produire \^]'i Vous avez confondu la foi et la crédulité, et vous avez prouvé la parfaite ignorance où vous êtes de la nature même de l'acte de foi, car cet acte est Tadhésion de la raison à la parole constatée de Dieu, et requiert donc que Tusage de la raison précède Tacle de foi et que la lumière de la raison précède celle de la grâce qui lui vient en aide. Qu'avez-vous fait encore , lorsqu'au nom de la raison , du libre examen , de la liberté de penser vous avez dispensé l'esprit humain de rechercher et de reconnaître le fait immense de la révélalion ? Voici ce que vous avezfait:Âu nom du ibre examen, vous l'avez dispensé de regarder ; au nom de la libre pensée, vous l'avez dispensé de penser ; au nom de la raison, vous l'avez dispensé de voir à la lumière de l'évidence qui est la loi même de la raison.
(1) II. Tim. I. 12.
(2) lievue des deux-mondesy 1868, p. 570.