DE L\ DÉFINITION
fit-il pas de redire à toute la chrétienté ce qui est déjà défini: que TEglise enseignante doit être unie à son chef pour être infaillible?
Mais toute la chrétienté ne sait-elle pas quelle est en ce point la croyance catholique ? Le Non potestis portare modo n'est donc pas ici à sa place.
Et puis , rinfaillibiHté du Saint-Siège expliquée comme elle doit Têlre, loin d'éloigner les esprits de bonne foi , ne peut que les attirer. C'est en la dénaturant qu'on l'a rendue repoussante; ce sera en la montrant et en la définissant telle qu^elle est , en la faisant voir dans l'Evangile et dans la foi de tous les siècles chrétiens, de toutes les Eglises de F Orient et de VOcci^ denty ce sera en la proclamant par cette parole : Et erit unum ovile et unus poster , il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur suprême, qu'on lui gagnera tous les vrais chrétiens. Pourrait-on les gagner en leur cachant les œuvres de prédilection de Jésus-Christ? Certains catholiques ont souvent le grand tort, quand il s'agit de la vérité, de rester sur la défensive. L'apostolat est une offensive d'amour. Pierre ne gagna-t-il pas les cœurs des JuifS) en leur disant : Jésus que vous avez crucifié y est ressuscité d^ entre les morts ; il est la pierre que vous avez rejetée et que Dieu a
DE L INFAILLIBILITE DV SAhNT SIEGE. 1 57
choisie pour être la pierre de F angle du grand édifice (1).
Et de nos jours, comment l'Eglise catholique attire-t-elle les âmes ? Comment altire-t-elle les chrétiens d'Angleterre , par exemple? Est-ce en cachant son culte , se^$ tabernacles et la divine Hostie qu'ils renfermient? .Non, c'est en découvrant son cœur aux enfants qu'on lui a ravis.
L'Eglise, dans le prochain concile , nous en avons la profonde conviction,- déchirera donc aussi le voile qu'on a voulu lui jeter sur la tête.
(1) Act A[>. IV, 10 11.