SURNATURELLE
Une puissance doctrinale divinement établie doit être infaillible. — La nature de cette in/ail-^ libilité, — aSu nécessité.
Il ne suffit pas de prétendre à rinfaillibilité pour être infaillible , cela est évident , mais il n'est pas moins évident qu'une autorité doctrinale qui ne prétend pas à l'infaillibilité ne peut être établie de Dieu, Dieu ne pouvant établir une autorité doctrinale pour nous tromper^ ou pour nous laisser dans Terreur. S'il existe une Eglise divinement établie, ne faut-il pas qu'elle vienne à nous comme ayant puissance de Dieu : Sicut potestatem habens ? (1) Et qu'est-ce que
(1) Matth. VII, 29.
cela , chez une autorité doctrinale , sinon la prétention formelle et nécessaire à rinfaillibilité ? Jésus-Christ a confié à son Eglise le dépôt de la révélation y afin qu'elle le transmît dans son intégrité et sa pureté à toutes les générations. S'il a dit à cette Eglise : Enseignez toutes les nations et tous les siècles , leur apprenant à croire et à faire ce que je vous ai moi-même enseigné , il n'a pu manquer d'ajouter : Je suis avec vous tous les jours jusquà la consommation des siècles (1).
Ce que le Christ a dû faire , il l'a fait , et ses parqles nous disent clairement ce que c'est que l'infaillibilité. Elle n'est pas une infaillibilité qui produit ou qui crée , comme le suppose l'ignorance d'une foule de gens d'esprit , mais une infaillibilité qui garde. Elle est tout simplement la fidélité divinement promise à l'autorité divinement établie pour conserver le dépôt de la révélation. Elle est la grâce cTétat nécessaire à l'autorité religieuse , le secours divinement accordé pour la rendre fidèle ou infaillible gardienne.
C'est ainsi que l'infaillibilité de la foi de tous les membres de l'Eghse, infaillibilité à laquelle
(l)Matth. XXVIII, 20.
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les théologiens donnent le nom (Tmfail^bilité' passive , correspond à rinfaillibilite de TEglîse enseignante, à laquelle les théologiens donnent le nom cT infaillibilité active. Mais celle-ci ne suppose aucune nouvelle révélation , aucune nouvelle inspiration même , comme se l'imaginent de grands journaux français que nous avons sous les yeux. Elle n'est, comme nous venons de le voir , que la simple fidélité qui veille à- la conservation du dépôt de la parole divine, écrite dans les livres inspirés ou vivante dans la tradition, et au maintien du sens qui lui fut constamment donné depuis Torigine.
Sans cette institution divine d'une autorité enseignante, nécessairement fidèle ou infaillible , la révélation n'aurait pas de vrai dépositaire , et il manquerait à la société religieuse ce qui ne manque ni à la société domestique , ni à la société civile. En effet, dans les choses naturelles , la raison , nous l'avons vu , a son espèce d'infaillibilité qu'on appelle certitude ; et dans l'Eglise il n'y aurait pas de certitude ? Il n'y aurait pas de certitude dans l'ordre de choses où elle est absolument nécessaire , dans l'ordre Surnaturel ou du salut ? Mais comment avoir la certitude dans l'ordre surnaturel, sans
une autorité surnaturelle à son tour , diviiie-