‹ L'infaillibilité et le Concile généralChapitre 30 sur 36 · DE LA DEFINITION · texte numérisé non relu

DE LA DEFINITION

de la foi, sans soutenir rinfaillibilite du successeur de Pierre dans Tenseignement de la foi.

LesPapes, tout en reprouvant les doctrines de cetteecole, n'ont pas crujusqu'ici devoir les condamner dogmatiquement, soit parce qu'elles etaient plus theoriques que pratiques, etque ceux qui semblaient y tenir speculativement , protestaient hautement contre elles par leur conduile; soit parce qu'il leur a paru plus convenable d'en laisser le jugement a un concile general.

Le conciie de 1869 est done le premier qui se rassemblera depuis que Topinion gallicane (qui n'est pas, nous Tavons vu, ie sentiment de TEglise de France) s'est affirmee, dans la declaration de 1682, de maniere a former un corps de doctrine.

Ce corps de doctrine n'est deja plus, sans doute , qu'une ombre ou qu'un nuage, mais n'estce pas justement parce que ce nuage derobe encore en partie,aux yeux de plusieurs.la splendeurde Tunite catholique, que le concile jugera tres-opportun de le dissiper ?

Selon quelques theologiens, cette question est sans importance pratique. Le Pape, disent-ils , n'est jamais separe de TEglise avec laquelle il forme un seul corps integral. II n'est jamais seul a de'cider, puisque toujours un grand nombre

cTeveques se joignent a lui. Si les eveques se divisent, ceux qui sont avec le Pape constituent FEglise, selon le mot si connu de S. Ambroise : LA oil est Pierre , Id est lEglise : Ubi Petrus, ibi Ecclesia (1).

Nous savons cela , mais nous n'en croyons pas moins qu'il est d'une tres-grande importance pratique que tous penetrent le fond de cette verite : que laou est Pierre, la est TEglise, justement parce que la ou est Pierre, la doit etre I'Eglise, selon la divine institution du Christ. Nous croyons que si TEpiscopat catholique a dit toujours avec S. Ambroise : Ubi Petrus, ibi Ecclesia, c'est precisement en vertu de sa foi a Tinfaillible primaute de Pierre.

Le Christ n n a rien affirme avec plus de soin et plus de richesse d'expression que cette verite fondamentale , comme s'il eut voulu rendre a cet egard le doute impossible : Quand tu seras releve de ta chute, tu cojifirmeras tes/reres dans la foi, car fai prie pour toi afin que ta Joi ne defaitle point ; tu es Pierre, et sur cette pierre je bdtirai mon Eglise , et les portes de I'enfer ne prevaudront point contre elle ; cest a toi que je donnerai les clefs du royaume des deux; je te

(1) In Psalm. 40, n. 30. (Migne, Pair. lat. t. 14. col. 1082.)

Page 1