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COMBIEN DE TEMPS L ENFANT A-T-IL VÉCU

qu’il resle frais et mou, même chez un mort-né, quand on l’entoure de linges ou de toile gommée et que l’eau qu’il contient ne peut pas s’évaporer.

Lorsque le travail d' élimination du cordon se fait, sa base d’implantation s'entoure d’une aréole rougeâtre, un sillon d’ulcération éliminatrice se produit, et enfin le cordon tombe.

L’époque de la chute du cordon est variable : voici quelques chiffres, donnés par Alliot, par Bouchaud, par Théas :

le cordon

est tombé

fois

le

jour

le

le

le

le

le

le

le

le

IQc

Dans les deux tiers des cas relevés dans cette statistique, le cordon est tombé du quatrième au sixième jour.

Vous pourrez donc dire, si le cordon est tombé, que l’enfant avait probablement vécu jusqu’au cinquième ou sixième jour; ne dites pas plus.

On a prétendu que le cordon ombilical se détachait plus vite, chez les enfants vigoureux, plus tard, chez les enfants athrepsiques. Cela peut être vrai en thèse générale, mais je ne vous conseille pas de vous appuyer sur des considérations de ce genre.

La cicatrisation de l’ombilic est complète à la fin de la seconde semaine ; ici encore, il y a des variations de temps que nous devons faire entrer en ligne de compte.

Nous pouvons dire, si la cicatrisation de l’ombilic est faite, que l’enfant est arrivé à la fin du quinzième jour, mais nous ne devons pas oublier que ce n’est pas, là, une règle absolue.

Deux causes d’erreur doivent vous être signalées: l’arrachement du cordon au niveau de l’ombilic, et la putréfaction.

QUESTIONS MÉDICO-LÉGALES

Il ne faut pas conclure de la disparition du cordon qu’il est tombé; s’il a été arraché vous ne trouverez pas les traces du sillon ulcératif d’élimination, et les rougeurs formées par les petits vaisseaux caractérisant un travail inflammatoire.

Lorsqu’il y a eu arrachement et que la putréfaction a envahi la plaie, une réponse affirmative sera bien difficile. Les traces de l’inflammation ont disparu, vous n’aurez qu’à consigner votre hésitation.

Enfin, Messieurs, nous avons d’autres signes tirés de l’examen anatomique de Vappareil circulatoire de l’enfant, M. Tourdes (1) les a bien étudiés; je me hâte de vous dire que, malgré leur base anatomique, ces signes sont peu utilisables.

C’est l’oblitération des ouvertures fœtales, c’est-à-dire du canal veineux, du canal artériel, du trou de Botal. Cette oblitération se fait ordinairement vers le quinzième jour. Mais tous nous connaissons des individus qui ont vécu quinze, vingt et même trente ans, sans que le trou de Botal fût fermé. Nous n’avons donc pas là un signe absolu, mais une présomption, sur laquelle nous ne pouvons nous appuyer que si les autres signes sont concordants.

L’apparition des points d’ossification^ leur volume peut fournir quelques renseignements. Mais je vous ai dit combien ils variaient chez les différents sujets et chez un même sujet d’un côté du corps à l’autre. On a prétendu que si les points d’ossification des condyles du fémur atteignaient une longueur de 5 à 6 millimètres, l’enfant avait vécu une dizaine de jours.

Mais nous avons fait, à la Morgue, l’autopsie d’enfants dont la naissance, de l’aveu de la mère, remontait à huit ou dix jours, chez lesquels nous n’avons pu trouver ces points d’ossification. Deux fois, le point d’ossification existait d’un côté et manquait de l’autre.

Nous pouvons dire ceci : Si l’enfant a vécu huit ou dix

(1) lourdes, Dict. encyclop. des Sciences médicales, article Infanticide.

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