MORT DU NOUYEAU-NI'] PAR DÉFAUT DE SOINS
vions que ces enfants avaient avalé du laudanum; les personnes coupables avaient reconnu leur erreur et nous avaient remis les flacons.
Mort du nouveau-né par défaut de soins. — On
réunissait autrefois les différents moyens de laisser mourir un nouveau-né, dont je vais vous parler maintenant, sous le nom à' infanticide 'par omission: omission des soins à donner à un nouveau-né pour le faire vivre.
N’employez ce mot, ni dans votre rapport, ni devant la cour d’assises ; ce mot d’infanticide par omission a aux yeux du jury et des magistrats une importance que vous ne lui attribuez pas.
Je vous ai dit que pour qu’il y ait crime d’infanticide U faut deux conditions, que l’enfant soit un nouveau-né, la Cour de cassation s’est chargée de donner la définition, et qu’il y ait volonté de tuer, or le défaut de soins ayant entraîné la mort ne caractérise pas d’une façon certaine la volonté de tuer.
En effet, une sage-femme instruite, expérimentée, sait bien «e qu’elle doit faire, lorsqu’elle a mis un enfant au monde, pour le placer dans les meilleures conditions de vie possibles.
Mais une ûlle, une primipare, qui accouche seule, qui n’a parlé à personne de sa grossesse, qui ne pouvait poser de questions sans dénoncer son état, ne le sait pas (1).
Hofmann raconte un fait bien intéressant sous ce rapport, je vous en ai déjà parlé : Une jeune femme, primipare, accouche dans le compartiment d’un wagon où elle se trouvait avec deux jeunes filles; l’enfant 'sort avec le placenta, entouré de ses membranes. Aucune des trois femmes n’a reconnu un enfant dans ce paquet; l’enfant est mort, la mère a été accusée d’infanticide.
Mais ni cette femme, qui accouchait pour la première fois, ni les jeunes filles ne savaient qu’il eût suffi de déchirer les
(1) Ohs. G8, G9, 70.
QUESTIONS MÉDICO-LÉGALES
membranes, et de mettre la face de l’enfant à l’air pour lui permettre de respirer et de vivre.
Hofmann n’eut pas de peine à faire écarter l’inculpation.
On vous demandera si le cordon était ou non lié ? La non-ligature laisse ouverte la possibilité de la mort par hémorrhagie ombilicale.
L’absence de ligature n’entraîne pas nécessairement une hémorrhagie par le cordon. Cette constatation n’est pas récente. Yelpeau avait déjà dit que la ligature du cordon était un luxe inutile. C’est vrai, mais je dois ajouter que cependant il peut se faire dans des circonstances données une hémorrhagie par le cordon.
Au moment où la circulation cardiaque se substitue à la circulation placentaire, les poumons reçoivent du sang et de l’air, et l’enfant crie ; si l’enfant déplisse mal ses poumons, s’il n’est pas vigoureux, s’il est athrepsique, s’il ne crie pas, les poumons se congestionnent et l’enfant est tout disposé à avoir une hémorrhagie par le cordon. Si l’enfant est vigoureux, il suffît qu’il ait une congestion pulmonaire par refroidissement ou qu’il soit trop serré dans son maillot pour que l’hémorrhagie se produise.
La question de la ligature du cordon ne se pose pas souvent dans l’infanticide, car le cordon n’est pas coupé, il est arraché. Je vous rappelle les caractères qui vous permettront de reconnaître qu’un cordon a été arraché ou coupé. Le cordon coupé offre une section nette, perpendiculaire ou oblique par rapport à son axe; sur cette section, on voit l’orifice des vaisseaux ombilicaux (fîg. 5). Si le cordon a été arraché, l’extrémité est taillée en biseau, la gaine amniotique a des bords déchiquetés, se continuant souvent avec une fente longitudinale centripète; les vaisseaux sont divisés à des hauteurs différentes (ûg. 6). Si le cordon est momiûé, desséché, il suffira pour lui rendre son aspect naturel de le plonger dans de l’eau additionné d’un peu d’ammoniaque. Robin et Lorain ont remarqué qu’après sec-