QUESTIONS RELATIVES A LA MÈUE
2° A l’exceplion de la première fiole portanl l’éliqnetle « Pilules n° 34967 », les deux autres fioles renferment les substances énoncées sur rétiqiiette.
Scellé 71° 4. — « Une petite boîte en carton ayant contenu des médicaments, saisis au domicile de l’inculpée. »
Cette boîte en carton est toute cassée. Elle porte l’étiquette de la pharmacie Camuset, à Colombes, et elle est complètement vide. Sur l’étiquette nous lisons la mention suivante : « Cachets n° 22980 ».
«Procès-verbal du 15 octobre 1881. — 279. — Infanticide.
« AlTaire contre la fille W...
« Trois torchons L. W. — Un drap de lit L. W., une camisole sans marque; le tout taché de sang et enveloppé d’une serviette, ayant été saisi au domicile de l’inculpée.
Nous trouvons, enveloppés dans une serviette blanche, damassée, marquée à un de ses coins L. W., les objets suivants :
1° Trois torchons marqués L. W. de grandeur différente, dont deux en toile un peu grossière et le troisième en toile un peu plus fine et à liteaux.
Sur ces trois torchons nous trouvons un certain nombre de taches sanguines d’une couleur un peu pâle. Nous avons détaché quelques morceaux de ces taches, que nous avons placés sur une lame de verre, puis imbibés de quelques gouttes d’eau distillée. Lorsque l’imbibition a été complète, nous avons gratté avec un scalpel propre le morceau imbibé et nous avons recouvert le liquide obtenu par le grattage d’une lamelle de verre ; nous avons ensuite porté le tout sous le champ du microscope et nous avons trouvé que ces taches étaient constituées par un grand nombre de cellules épithéliales pavimenteuses, dont quelques-unes étaient recourbées, par des leucocytes, des globules sanguins et un certain nombre de corps étrangers, tels que de la poussière.
Les caractères de ces taches sont ceux des écoulements qui succèdent aux accouchements ou avortements.
2° Une camisole marquée L. W. et présentant sur sa surface un certain nombre de taches formées les unes par du sang pur très rouge et les autres par du sang pâle et semblables à celles qui se trouvent sur les torchons.
3° Un drap de lit marqué M. A. et plié en quatre doubles dans le sens delà largeuiu A un des coins de ce drap, nous constatons une énorme tache de sang mesurant environ 15 centimètres de diamètre et assez épaisse pour empeser les quatre épaisseurs que forme le drap et les agglutiner ensemble.
A l’extrémité opposée à cette tache, nous trouvons de nom-
breiises taches pâles semblables à celles constalées sur les torchons, et quelques-unes offrant une teinle légèrement verdâtre, mais ne présentant, à l’examen microscopique, que des globules blancs et rouges, ainsi que des cellules épithéliales pavimenleuses, dont quelques-unes sont racornies et repliées sur ellesmêmes.
Aucune de ces taches ne nous a montré à l’examen microscopique les caraclères du méconium.
Conclusions. — Les taches que nous trouvons sur ces linges sont constituées les unes par du sang pur et les autres par des lochies. Ces taches ont les caraclères de celles qui succèdent aux accouchements ou aux avortements.
Conclusions générales. — Pour répondre d’une façon précise à la deuxième question qui nous est posée par M. lejuge d’inslruction et qui est ainsi conçue : « 2“ D’examiner les médicaments saisis et de constater s’ils étaient de nature à déterminer un avortement, » il nous faudrait savoir ce que contenait la fiole n° 1 du scellé n® 3 et le scellé n° 4.
Quant aux médicaments contenus dans les fioles n°® 2 et 3 du scellé 3, ils ne sont pas de nature à déterminer un avortement.
91. Inculpation d’infanticide. Examen de l'inculpée. Non accouchement. — Je soussigné, Paul Brouardel, commis par M. Habert, juge d’instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d’une ordonnance, en date du 6 mai 1884, ainsi conçue :
« Vu la procédure commencée contre la femme B..., née M... (Eugénie), dite G... (Marguerite), inculpée d’infanticide, détenue.
« Attendu la nécessité de constater judiciairement l’état où se trouve en ce moment la sus-nommée.
(( Ordonnons qu’il y sera procédé par M. le D*" Brouardel, lequel, après avoir reconnu l’état où se trouve la sus-nommée, dira si elle est accouchée à une époque contemporaine de la naissance de l’enfant nouveau-né trouvé mort le 19 avril 1884, dans la fosse d’aisances de l’hôtel de Bade, boulevard de'Strasbourg, 51, et fera toutes constatations utiles. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à l’examen de la femme B... le 9 mai 1884.
La femme B... est âgée de vingt ans, elle est grande et paraît vigoureuse. Elle nous déclare n’avoirjamais été malade. Elle aurait eu une grossesse il y a trois ans et peut-être une fausse couche' de six semaines environ au mois *de septembre ou octobre dernier.