ANATOMIE
Il nous a semblé indispensable de faire au début de cette étude un bref rappel de l’anatomie tubaire. Rien ne saurait eu effet mieux faire comprendre la facilité avec laquelle cet organe pourra s’infarcir et, secondairement, se tordre.
La trompe est un organe relativement mobile. Son principal moyen de fixité est le mésosalpinx. Les différents ligaments qui abordent la trompe ne lui donnent aucune fixité. Le ligament infundibulo-pelvien ne mérite pas ce nom. DELBET et RIEFFEL ont montré que ce n’est que très accessoirement que ce repli entraîne l’extrémité libre de la trompe quand on exerce une traction sur lui : c’est essentiellement un ligament suspenseur de l'ovaire. Le ligament infundibulo-colique, quand il existe, ne peut également jouer un rôle important. Le ligament tubo-ovarien n’est pas un moyen de fixité. Il maintient l’ovaire et le pavillon sans assurer l’amarrage. Tout ceci explique la facilité avec laquelle une trompe infarcie pourra se tordre sous la seule influence de son propre poids.
La trompe est constituée par trois tuniques :
1° Une tunique séreuse. Elle est formée par le péritoine séparé par une tunique celluleuse lâche de la
2° Tunique muscüleuse, très épaisse au niveau de l’isthme et qui s’amincit progressivement en allant vers l’ampoule; tunique formée d’une couche interne cireculaire et d’une couche externe longitudinale discontinue.
| Jones
3° Une tunique muqueuse formée d’un épithélium cylindrique disposé en une seule couche et constitué de cellules garnies de cils vibratiles. Le chorion est épais, d'autant plus épais qu’on envisage une zone plus externe formé d’une couche sous-épithéliale mince ‘et d’une couche plus épaisse située entre la précédente et la musculeuse, et qui a la valeur d’une sous-muqueuse contenant des fibres conjonctives entremêlées qui entourent les vaisseaux sanguins et lymphatiques.
Les artères de la trompe proviennent de l’utérine et de la spermatique interne. De l’arcade formée par les différentes artèrés tubaires naissent des rameaux qui échangeant des branches anastomotiques à la surface de la musculeuse pénètrent ensuite dans la profondeur. Des rameaux de plus en plus ténus atteignent le chorion.
Il existe un très riche réseau capillaire dans la couche profonde épaisse du chorion et notamment au niveau des franges tubaires. |
Les veines naissent du réseau sous-muqueux ainsi que d’un réseau musculaire. Elles gagnent le plexus veineux qui chemine dans le mésosalpinx depuis l'angle sous-tubaire jusqu’au ligament externe de la trompe, sortant de la paroi tubaire « en arcades anastomosées presque aussi bien que celles de l'intestin ».
On voit que la vascularisation de la trompe est particulièrement riche, surtout au niveau du pavillon (et nous verrons la prédilection avec laquelle les phénomènes d’infarcissement se localisent à ce niveau), les réseaux .artériels sous-péritonéaux, musculaires et muqueux y sont très développés, les arcades veineuses sous-tubaires plus grosses que les artérioles et richement anastomosées constituent souvent de véritables plexus. On voit donc avec quelle facilité un organe si richement vascularisé, et soumis d'autre part à de brusques variations de régime circulatoire, pourra s’infarcir.