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Les nerfs de la trompe, très importants à étudier, proviennent de plusieurs sources :
1 Des branches naissent des plexus qui accompaguent les vaisseaux utéro-ovariens et qui donnent trois branches terminales. Chacune dé ces branches se divise en trois rameaux : un pour la trompe, un pour l'ovaire, un pour la partie latérale et le fond de l’utérus.
2° D’autres branches proviennent par l'intermédiaire des nerfs utérins du plexus et du ganglion hypogastrique. Ces nerfs accompagnent l’artère utérine dans sa portion ascendante et dans sa partie horizontale sous-tubaire. Les filets nerveux qu’ils émettent sont grêles, s’échelonnent sur toute la longueur du ligament large (aileron supérieur) et semble suivre dañsez près la distribution des artères tubaires.
JACQUES a nris en évidence l'existence d’un plexus nerveux des parois tubaires. Un réseau dit péritonéal est étendu sous l’endothélium. Il est formé de fibrilles très fines, fortement variqueuses, s’anastomosant entre elles de façon à former des mailles allongées suivant l’axe de la trompe. Un second réseau : le plexus fondamental occupe La zone sous-séreuse. Du plexus fondamental partent des fibres pour la musculeuse et la muqueuse. Les fibres nerveuses musculaires, très nombreuses, forment un plexus intra-musculaire. Les fibres muqueuses traversent la musculeuse ‘avec les vaisseaux. Elles se divisent dans le chorion, atteignent l’épithélium et courent
au-dessous de lui sans pénétrer entre les éléments.
Notons qu’autour des vaisseaux les fibres nerveuses sont nues, soit primitivement, soit qu’elles aient perdu leur gaine de Schwann. Elles forment des réseaux périvasculaires analogues à ceux décrits par CayaL et RETzius dans la paroi de l'intestin. La fibrille nerveuse ter-
minale aboutit souvent sous. forme d’un bouton dans l’élément contractile du péricyte capillaire.
Ajoutons (et nous verrons que cette remarque a un intérêt autant pathogénique qu’anatomique) que les nerfs en partie communs à la trompe et à l’ovaire se terminent dans ce dernier organe de façon comparable : richesse extraordinaire des fibres péri-vasculaires amyéliniques, dans la couche médullaire où BERGER a décrit des organes cellulaires ayant des rapports intimes de contiguité avec les nerfs, ces organes se formant avec prédilection aux endroits où les vaisseaux s’approchent des nerfs; d’autre part terminaison dans le follicule de De Graaf, où les filets nerveux enserrent en quantité considérable la granuleuse et arrivent à son contact. (Il n’y en a pas dans le corps jaune.) . :
En conclusion : richesse extraordinaire des fibres sans myéline, les territoires vasculaires étant très innervés, des follicules l’étant moins. Présence de cellules ganglionnaires représentant le système vaso-moteur ovarien.
Enfin, innervation mixte : nerfs moteurs pour Îles fibres lisses du stroma; nerfs sensitifs provenant des follicules; innervation à la fois sensitive et motrice pour les parois vasculaires.
Si nous nous sommes permis d’insister sur l’innervation tubaire, c’est qu’elle explique plusieurs constatations anatomiques d'importance capitale.
1° Les nerfs qui parviennent à la trompe par l’intermédiaire des plexus accompagnent les artères utéro-ovariennes (intimement anastomosées à leur origine avec les plexus rénaux) proviennent de l’ortho-sympathique abdominal et non du plexus hypogastrique, disposition nerveuse qui rappelle la migration des glandes génitales et leur origine pararénale.
2° Les nerfs qui parviennent à la trompe par l’inter-
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médiaire des plexus accompagnant l'artère utérine proviennent du plexus hypogastrique. Ces nerfs sont des formations mixtes, à la fois ortho et para-sympathiques puisque le plexus hypogastrique contient les nerfs pelviens para-sympathiques fournis par la moelle sacrée et les fibres sympathiques provenant de la moelle dorso-lombaire et destinées aux organes pelviens.
En définitive innervation mixte à grosse prédominance ortho-sympathique. La trompe sera soumise à l’influence vaso-dilatatrice du para-sympathique et'surtout à l’in-
fluence mixte : vaso-dilatatrice accidentelle et violente
des filets histaminergiques de l’ortho-sympathique, vasoconstrictive normalement prépondérante des filets adrénalinergiques.
B) Variations histologiques cycliques.
Laissant de côté les variations histologiques de l’épithélium tubaire, qui ne présentent aucun intérêt dans notre cas, nous n’étudierons que les variations du régime circulatoire et du liquide interstitiel.
1) Dans le postmenstruum, la trompe a une épaisseur moyenne. La muqueuse est rouge, humide, sans turgescence. Les fibres conjonctives, étirées et onduleuses, sont séparées par un œdème peu abondant. Dans la couche conjonctive interne de gros vaisseaux semblent former un circuit complet autour de la trompe, d’où s’échappent les branches radiaires qui irriguent les axes des franges. Les vaisseaux ne sont pas béants: tout au contraire, ils sont le plus souvent réduits à un ovale ou à une simple fente, avec affaissement de la paroi. Les fins capillaires ne renferment guère d'éléments sanguins.
2) Dans l’intermenstruum tandis que les processus de sécrétion et de multiplication des cellules de la mu-
queuse deviennent intenses, la circulation tubaire s’accroît. Les vaisseaux se dilatent et contiennent une quantité d’hématies bien supérieure à celle du stade précédent. L'œdème n’augmente que modérément. Puis vers e 15° jour en moyenne, la trompe revient vers son état postmenstruel.
3) De 2 à 4 jours avant la menstruation, les petites artérioles des franges se gonflent. Leur lumière est obstruée d’hématies et de polynucléaires. D’autres globules blancs sont visibles entre les fibres conjonctives, sans que leur présence implique en rien une inflammation tubaire. Un œdème important dissocie les fibres conjonctives. Les vaisseaux irriguant l’axe des franges se gonflent de globules rouges. De très fins capillaires dilatés s’accolent à l’épithélium. Les vaisseaux sont bourrés d’hématies qu’ils n’arriveront pas toujours à contenir, car on en note parfois des trainées le long des axes conjonctifs.
4) Durant la menstruation, les artérioles sont énormes, occupant parfois à elles seules l’axe des franges. L'œdème est énorme. Puis les hématies se frayent un. passage à travers l’épithélium vers la lumière tubaire. Les vaisseaux s’affaissent, l’imbibition se résorbe lentement. Un nouveau cycle recommence.
En résumé, la trompe subit deux poussées congestives cycliques qu’attestent ses modifications histologiques; poussées séparées par des périodes de calme. La première, assez peu importante, a lieu aux environs du 12° au 15° jour. La seconde, très forte, et dont la menstruation tubaire n’est que l’aboutissant et la conséquence, est contemporaine des tous derniers jours du prémenstruum.