A) DIAGNOSTIC POSITIF
Il est extrêmement difficile, car l’apoplexie tubairé n'a pas de physionomie absolument personnelle, ni de signe pathognomonique et ce n’est que sur un faisceau de constatations que l’on pourra établir un diagnostic de présomption.
En fait, il s’agit d’une jeune fille ou d’une femme qui a ressenti une douleur plus ou moins vive dans une fosse iliaque ou encore qui présente après un retard de règles, des pertes de sang noirâtre, d’abondance variable, avec parfois élimination d’une membrane ayant l’aspect d’une caduque. L'état de la malade est atteint de façon très variable : parfois intact, parfois au contraire présentant un
tableau de choc, il est le plus souvent relativement bon,
la température oscillant entre 37°5 et 38°5, avec un pouls parallèle. | | Le palper abdominal ne révèle le plus souvent rien,
rarement une contractute qui n’atteint jamais celle du
« ventre de bois » des péritonites. Le toucher vaginal révèle une masse annexielle douloureuse, rénitente. La douleur, très variable dans son intensité, parfois à peu près nulle, n’atteint jamais cette acuité extraordinaire qui provoque le « cri du Douglas ». Enfin le cul-de-sac donne parfois une sensation d’empâtement très spéciale.
7 Les antécédents de la malade, très importants à étu-
dier, révèlent parfois une atteinte salpingienne préalable. Il en était ainsi pour nos deux malades. : la première était porteuse d’un hydrosalpinx vérifié par injection lipiodolée; la seconde avait présenté une salpingite neuf années auparavant. On note parfois, comme dans notre seconde observation, qu’un tableau identique ‘avait été présenté par la malade des moïs ou des années avant l'atteinte actuelle, Enfin on retrouve souvent des signes cliniques d’hyperfolliculinémie : gonflement et douleur mammaire 10 jours avant les règles, ovulation douloureuse, etc...
Mais c’est surtout l’étude chronologique des accidents qui va se révéler d’une importance capitale.
C’est en effet au milieu du cycle et dans les deux derniers jours du prémenstruum qu’ils surviennent. Dans nos deux cas personnels, ils surviennent le 12° jour suivant celui où les règles auraient dû apparaître, et chez la première malade, dont le cycle menstruel est de 28 jours, se reproduisent 28 jours après. Dans l’observation de STOIANOVITCH, c’est l’avant-veille des règles que surviennent les accidents.
Cette notion chronologique est la clé du diagnostic des apoplexies génitales, tubaires en particulier.