LEONA
rellement à penser que ce sont ces lésions qui déterminent la formation de l’obstacle et par là même, de l'infarctus.
De nombreux auteurs déjà, nous l’avons vu, avaient émis cette hypothèse (DE BUMANN, MARTINEAU, HOFF- MANN, RATTONE, EYMERY).
Mais c’est beaucoup plus tardivement, avec les très importants travaux de LAuBRY et de ses élèves, en particulier THoMaAs, que devient courante la notion de l’infarctus par thrombose née localement. LAUBRY et THoMAs montrent la fréquence et l’intérêt considérable des lésions de l’artère pulmonaire au cours de divers processus pathologiques.
Ils insistent sur le rôle de la syphilis et la eense des artérites pulmonaires syphilitiques, qu’elles soient isolées ou associées à des lésions de syphilis, bronchique ou pulmonaire ou à des lésions d’aortite syphilitique. Dans cette dernière association qu’ils considèrent comme fréquente, contrairement à l’opinion classique, comme dans les artérites pures ou primitives, au cours de ïa syphilis, l’infarctus tient une place importante parmi les accidents qu’ils signalent et son origine par thrombose artérielle ne semble faire aucun doute.
D'autre part, ils montrent la fréquence des altérations artérielles secondaires :
— à des pneumopathies chroniques, *
— à des lésions du cœur : rétrécissement mitral, en particulier, *
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— à des lésions du système circulatoire : artériosclérose généralisée,
ces différentes causes créent des troubles fonctionnels importants de la petite circulation et par l’hypertension artérielle pulmonaire qu’elles déterminent, dilatent les vaisseaux produisent ou favorisent les altérations des parois vasculaires, aboutissent à des modifications pathologiques du cœur droit.
Dans les scléroses des artères pulmonaires survenant au cours des cardiopathies et en particulier des lésions mitrales, la fréquence des manifestations pulmonaires et des infarctus est pour eux due essentiellement « beaucoup plus qu'aux caillots de l’oreillette droite aux lésions de l’artère pulmonaire » et ils concluent que, au moins dans les rétrécissements mitraux bien compensés, la thrombose paraît singulièrement plus logique et plus fréquente que l’embolie.
Ils étendent du reste ces conclusions à l'insuffisance cardiaque même, où, tout en admettant la possibilité d’embolie, ils insistent sur le fait que la recherche des caillots entre les colonnes charnues des ventricules ou dans l’auricule est plus souvent vaine que fructueuse : « Si on songe dès lors à la stase pulmonaire, aux bronchites interminables qu’elle entretient, aux poussées broncho-pulmonaires qui se greffent sur elle avec tant de facilité, si on admet que le poumon est un réceptacle autrement naturel et facile à l’infection que le cœur, on aura autant le droit de palrer de thrombose pulmonaire que de thrombose cardiaque. Cette
age
hypothèse, qui restreint encore le champ de lembolie a fourni sa preuve anatomique ».
Enfin, point qui nous intéresse ici spécialement, dans les scléroses artérielles généralisées, l’artériosclèrose, THOMAS considère comme fréquentes les lésions de l’artère pulmonaire.
Signalons toutefois qu’il n’inssite guère sur l’infarctus pulmonaire, dans ces formes et qu’en particulier dans les manifestations qu’il range sous le nom d’athérôme sénile de l’artère pulmonaire, il ne le mentionne pas.
Mais par ailleurs, il insiste bien sur le fait que la thrombose est une complication fréquente de toute artérite et le tableau clinique qu’il y fait correspondre est celui d’infarctus pulmonaire avec « les deux signes principaux retrouvés dans toutes les observations : l’hémoptysie et la pleurésie ».
Si nous avons longuement insisté sur ces travaux c’est qu'ils ont fortement contribué à faire admettre la thrombose autochtone dans l’étiologie de linfarctus pulmonaire. La doub:e démonstration de la fréquence de l’artérite pulmonaire et de la fréquence de la thrombose au cours de l’atteinte artérielle, confrontée avec la constatation d’infarctus pulmonaires dans ces cas, a fait conclure à l’origine thrombosique de ceux-ci.
Ces constatations qui, rappelons-le, avaient été faites surtout pour les artérites pulmonaires syphilitiques et pour les artérites pulmonaires du rétrécissement mitral furent cependant plus volontiers retenûes