‹ L'Infection Éberthienne et la Glande ThyroïdeChapitre 10 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Colzi, Sperimentale, 15 mai 1891.)

Il s’agit d'un jeune homme de ving{-trois ans atteint de goitre, Il contracta trois ans après l'apparition de son goitre une fièvre tpyhoïde au cours d’une épidémie. Au bout de vingt-cinq jours

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la maladie semblait céder; la fièvre était presque tombée. Cependant la toux persistait et le malade commença à ressentir dans son goitre une douleur exaspérée par les efforts de toux. Il rentra pour cela à la clinique chirurgicale de Florence. Le malade était alors abattu, somnolent, la température restant cependant peu élevée.

L'opération donna issue à un pus abondant, crémeux, d'odeur fétide, quoique non mélangé de gaz. La guérison fut rapide. L'examen du pus y fit voir un grand nombre de bacilles se décolorant par le Gram. Les cultures de ces bacilles montrerent les

caractères du bacille typhique.

Cette observation méritait d’être rappelée, bien que les moyens de diagnostic différentiel du bacille typhique n’aient pas encore été établis d’une façon certaine.

En 1889, Bertarelli a publié un cas de thyroïdite apparue au moment de la convalescence d'une dothiénentérie. Rapidement se montrèrent les signes de suppuration. On fit une ponction exploratrice au cours de laquelle on retira une petite quantité de pus contenant le bacille d'Eberth à l’état de pureté

Depuis, en 1900, MM. Schudmack et Vlachos ont rapporté dans le Wiener klinische Wochenschrift une observation semblable que nous résumons.

OBSERVATION II (Wien. klin. Woch.) X..., trente ans, porteur d’un goitre, entre à l'hôpital pour une

fièvre {yphoïde peu grave dont le diagnostic fut confirmé par la séro-réaction. Le jour de l'entrée du malade à l'hôpital, on

remarque que sa glande thyroïde est un peu augmentée de volume, mais sans qu'il y ait de modification pathologique appréciable.

La dothiénentérie suit son cours normal lorsque, le trentième Jour, c'est-à-dire quand il est permis de penser que le malade entre en convalescence, on constate une élévation notable de la température. En même temps le malade se plaint d’une douleur au niveau de sa glande thyroïde. On note de la tuméfaction, de la rougeur, puis de la fluctuation. Par la ponction exploratrice on obtient un pus dans lequel l'examen bactériologique montre le bacille d'Eberth à l'état de pureté avec tous les caractères qui le distinguent du coli. On incise l’abcès et le malade guérit

rapidement.

Enfin, nous reproduisons in exlenso l'observation suivante de M. Dupraz, de Lausanne, qui nous paraît complètement démontrer que le bacille d'Eberth peut, à lui seul, amener une thyroïdite purulente.

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