‹ L'Infection Éberthienne et la Glande ThyroïdeChapitre 9 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

THYROIDITES CONJONCTIVO-VASCULAIRES SUPPURÉES

Dans la grande majorité des cas dethyroïdile ou plus généralement de strumite typhique, le malade parcourt la période d'état de sa dothiénentérie sans que rien fasse prévoir une localisation thyroïdienne. Ce n’est le plus souvent qu'au début de la convalescence, alors qu'il y a tout lieu d'espérer une terminaison normale, qu’il attire l'attention du médecin sur une tuméfaction douloureuse de son goitre. En l’examinant, on voit alors que la face antérieure du cou est le siège d’une tumeur présentant tous les symptômes attribuabies à une réaclion inflammatoire, à savoir : rougeur, douleur, chaleur et tuméfaction. Au moment de l'apparition de ces phénomènes, la température monte généralement presque

ASC: | 8

D pe subitement jusqu'à 30, 40 degrés et plus. Dans la majorité des cas cette induration phlegmoneuse ne tarde pas à amener la fonte purulente. Il en résulte un abcès qui, si on n'intervient pas, s'ouvre spontanément à l'intérieur en perforant la peau, ou même peut se faire jour dans la trachée et provoquer ainsi des accidents sérieux

(cas de Laveran).

4° Thyroïdites suppurées à bacille d'Eberth.

— Nous devons nous demander quel est l’agent pathogène qui a causé cette fonte purulente. Est-ce le bacille d'Eberth ou un bacille pyogène vulgaire ? Il y a peu de temps encore le bacille d'Eberth était considéré comme incapable de produire du pus. L'on a même été plus loin et prétendu que la coexistence, en un même point de l’organisme, d’un foyer purulent et de colonies du bacille d'Eberth, même à l’état pur, était purement fortuite : les agents de la suppuration n'étant autres que les microbes pyogènes habituels qui, après avoir Joué leur rôle auraient disparu. Mais, à l'heure actuelle, nous savons, depuis les expériences de Roger, que presque toutes les bactéries ont la propriété de provoquer dans l'organisme une réaction aboutissant à la formation de pus. Le bacille d'Eberth est même un des bacilles les plus pyogènes parmi ceux qui ne sont généralement pas pyogènes comme le montrent les recherches de Colzi, Roux, Gilbert et Girode, ete. En effet, M. Roux a réussi à donner un abeès à un chien en lui injectant dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen 2 grammes d'une culture pure de bacilles d'Eberth. Ce pus examiné présentait lui-même l'Eberth

ro à l’état pur. De même, MM. Gilbert et Girode ont réussi à donner une péritonite purulente à bacilles d'Eberth en injectant des cultures de ce bacille à un cobaye.

D'ailleurs, les recherches anatomo-pathologiques de Garnier, portant précisément sur le corps thyroïde des typhiques nous montrent entre les vésicules altérées, des amas de cellules rondes se différenciant aisément des cellules thyroïdiennes moins serrées et moins volumineuses ; la présence de ces nodules que l’on reconnaît facilement pour des nodules leucocytaires, indiquant le début du processus qui, dans certains cas, aboutira à l’abcès. ,

Ce qui précède doit déjà nous faire supposer que le bacille d'Eberth peut être l'agent provocateur des abcès thyroïdiens observés au cours de linfection éberthienne. L'étude bactériologique du pus a vérifié complèlement cette hypothèse. Les examens complets, bien qu’encore peu nombreux, sont très démonstratifs. Quelques observateurs ont, en effet, trouvé dans la thyroïdite le bacille d'Eberth à l’état de pureté.

En 1891, Colzi rapportait une première observation

dont voici le résumé :

Page 1