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sion médiane au niveau du creux épigastrique, qui conduit directement sur un foie tuméfié.
Incision du tissu hépatique, il sort un flot de pus. Drainage. Pan-' sement. Le malade épuisé meurt dans la soirée. ,
Auropsig, faite le 20 janvier, vingt-six heures après la mort. — Ontrouve un foie très volumineux et dans le lobe gauche un abcès énorme que l’incision chirurgicale a ouvert, abcès du volume des deux poings, un peu anfractueux et irrégulier, rempli d'un pus verdâtre exhalant une odeurfétide. A la coupe, on trouve dans le foie plusieurs autres abcès (5 à 6) du volume d’une noisette. ÿ
Examen bactériologique. — Deux jours avant la mort, le 17 janvier, on fit une ponction avec une seringue stérilisée, au niveau du creux épigastrique, point où la voussure etla douleur étaient le plus manifestes. On retira 5 cent. cubes d’un liquide verdâtre, floconneux, nettement purulent.
Examen microscopique.— À l'examen direct de ce pus, étalé sur lamelles, coloré au Gram, on trouva de nombreux microcoques, se présentant surtout sous forme de diplocoques, quelques-uns auréolés, de nombreux cocci isolés et aussi des amas arrondis de microcoques.
Cultures. — Sur bouillon, sur agar, et sur gélatine on obtient des cultures pures d’un microbe ayant tous les caractères de l’entérocoque.
Inoculées à une souris, quelques gouttes de ce liquide purulent la tuent en moins de vingt-quatre heures. Dans le sang de l'animal, on retrouve des diplocoques auréolés dont les cultures reproduisent des formes microbiennes en tout semblables à l’entérocoque.
Une autre souris, inoculée avec 1/2 cent. cube d’une culture pure de vingt-quatre heures dans le bouillon, meurt en moins de vingt-quatre heures de septicémie. Quelques gouttes du sang du malade, prises en même temps dans une des veines du bras, avec les précautions d'usage, donnent également, en les ensemençant, des cultures pures d’entérocoque.
Examen du pus post mortem. — La vaste cavité trouvée à l'autopsie dans le foie contenait du pus qui, prélevé avec une pipette flanbée, est examiné directement. Cet examen montre qu’à côté de
microbes colorés par le Gram, qui sont de l’entérocoque, il existe d’autres microbes, et des bâtonnets décolorés par le Gram et les cultures montrentqu'à côté de l’entérocoque il pousse du bacterium coli. Donc, pendant la vie, il y avait de l’entérocoque pur dans le pus hépatique et dans le sang du malade.
Vingt-quatre heures après la mort on retrouvait ce même entérocoque et du bacterium coli, venu sans doute secondairement dans le pus de la collection hépatique.
RérLexioNs. — Il s'agissait donc dans ce cas d’un vaste abcès du foie accompagné de plusieurs petits abcès, abcès, survenu sans cause, chez un malade jusque-là bien portant, n'ayant jamais eu de dysenterie, n'ayant jamais séjourné dans les pays chauds.
Mais ce malade avait peut-être eu un passé intestinal ignoré de lui ; en tout cas, il était en puissance d’infection latente entérococcique comme le prouvent la constatation de la présence de l’entérocoque dans les urines au cours de la maladie, ainsi et surtout que les accidents d’entérite muco-membraneuse qui évoluèrent pendant cette période. Cette latence de lentérocoque fut réveillée chez lui sous une influence ignorée (peut-être. la grippe très fréquente à ce moment) et l'infection entérococcique retentit surle foie,adultéréauparavant peut-être par une tare alcoolique, inavouée et en tout cas peu marquée.
De plus, nous tenons à faire remarquer combien fut difficile en ce cas le diagnostic; car à cause de l’incertitude des symptômes il resta indécis, quoique l'attention fût attirée du côté du foie, jusqu’au jour où la ponction exploratrice révéla la présence du pus. Mais, à ce moment déjà, l'infection générale avait amené la cachexie du malade et l'intervention chirurgicale trop tardive (et elle ne s’imposait guère avant)
ne put le sauver. D'ailleurs linfection était bien généralisée, comme le montrent et l’état du malade qui était celui d’un individu profondément infecté, et la présence du microbe causal constatée dans le sang.
Au point de vue de la marche et des He il ei aussi à noter que l’on trouva comme seuls signes : 1° de la douleur sans caractères bien précis, à siège plutôt ne ; 2° de la fièvre qui, elle aussi, ne permettait pas une affirmation bien nette, car jamais elle ne revêtit les caractères de « la fièvre hépatique » tellé que les auteurs l’ont décrite.
La tuméfaction du foie n’apparut que tardivement, et, du reste, tous ces symptômes ne pouvaient guère éveiller Pattention du côté d’une suppuration hépatique, étant donné le manque d’antécédents intestinaux du malade. Ce fait est donc doublement intéressant à la fois à cause de la difficulté du diagnostic et aussi parce qu'il montre que dans nos climats, sans tare dysentérique, un microbe saprophyte de lintestin peut à un moment donné et en suivant une voie encore mal connue, canaliculaire ou vasculaire, infecter une glande annexe du tube digestif.
OgservarTion Il. (Personnelle.) — Abcès du foie multiples. Intervention. Mort de cachexie deux mois après l'intervention.
M..., 46 ans, cocher, entre le 29 août, salle Behier, lit 29, service de M. le professeur Hayem.
Antécédents héréditaires. — Père mort à 68 ans. Antécédents personnels. — Le malade n’a jamais fait aucune autre
maladie que celle qui l'amène à l'hôpital. Pas de syphilis, pas de séjour aux pays chauds.
Histoire de la maladie. — Au mois de mars, le malade fut pris d'une douleur dans l’hypochondre droit, douleur qui a été en s'accentuant.
L’appétit était notablement diminué. A la fin de juin, la douleur est arrivée à être intense.
Dans la journée le malade est obligé de s'arrêter dans son travail et parfois au moment de ces douleurs il eut des vomissements verdâtres bilieux.
À son entrée à l'hôpital, il a le facies pâle, amaigri; les traits très fatigués, les yeux excavés ; la peau est flasque et décolorée. Le malade a maigri de 15 livres en peu de temps, avant son entrée à l'hôpital ; la langue est blanche, l'estomac semble normal; il existe un point douloureux sous le Se costal droit, au niveau de la dixième côte, sur le bord interne du muscle grand droit. Le foie cependant ne déborde pas le rebord costal, et ne remonte pas au-dessus de la sixième côte, sur la ligne mamelonnaire.
Rien à signaler du côté des autres organes. Malgré l'emploi de divers révulsifs, le malade conserve la douleur au point indiqué. T. 38.
Le 24 septembre, le malade accuse un peu de mieux; mais, le 25, la douleur reparaît aussi intense qu’au début. Pas d'autres phénomènes, pas de vomissements ; inappétence presque absolue.
15 octobre. Souffrance de plus en plus accusée au niveau du foie; le malade s’amaigrit de plus en plus; il éprouve un certain dégoût pour les aliments, surtout pour la viande.
En novembre, la cachexie fait des progrès; tous les aliments lui
- inspirent du dégoût. T. 38°,2
Le 16. La douleur a encore augmenté dans la région hépatique ; tout ce côté est douloureux; la pression sous le rebord costal droit est douloureuse. On sent un foie un peu dur, mais non sensiblement hypertrophié; la face convexe bombe fortement du côté du thorax. La matité atteint en haut la quatrième côte; les espaces intercostaux sont élargis, immobiles dans l'inspiration bien qu’on ne puisse trouver trace de liquide pleurétique.
A l’auscultation on ne trouve que quelques frottements. Le stétho-