‹ L'infection Hépatique par l'entérocoque de Thiercelin: (Contribution à l'étude des Hépatites nostras)Chapitre 21 sur 27 · RER LS · texte numérisé non relu

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le foie est gros et présente à sa face convexe une tuméfaction résistante, douloureuse à la pression.

Pas de frottements. Une ponction au point culminant donne issue à du pus chocolat ; une opération est pratiquée. Incision, évacuation de deux abcès accolés l’un à l’autre, lavage, drainage.

L'ensemencement de ce pus a donné sur la gélatine, l’agar-agar et le bouillon, des colonies de staphylocoques très nets; cependant ce staphylocoque avait perdu de sa virulence, car, injecté à des cobayes et à des lapins, il n’a pas donné d’abcès. Les mêmes recherches, faites trois semaines après l’incision dans le pus recueilli par les drains, donnent le même résultat.

OsservarTioN XIV. (Résumée.) — (Boingr. Loco citato.)

S..., 37 ans, n’a jamais fait de maladie. Depuis plusieurs mois, il accuse une diarrhée chronique rebelle, qui ne s’est jamais, au dire du malade, accompagnée de selles sanguinolentes de nature dysentérique ; il n’a jamais quitté la France. Il entre, en avril 1895, à l'Hôtel-Dieu de Marseille. 11 est pâle, maigre, sans ictère. Peu de fièvre, pas de douleur de l'épaule droite. En revanche, tous les signes d'un abcès du foie. Dans la région épigastrique il y a une saillie molle, résistante, fluctuante, assez bien circonscrite, se continuant avec le foie qui est gros. Cette tuméfaction est légèrement douloureuse à la pression. Frottements de périhépatite. Ponction exploratrice suivie d’une incision suivant la méthode de Stromeyer-Little, donnant issue à un demi-litre de pus épais, jaune, crémeux. Guérison.

Le pus ensemencé sur de l’agar-agar, de la gélatine, du bouillon et sur pomme de terre, donne quelques colonies nettes de staphylocoques blancs. Il n'était cependant pas virulent pour les animaux de laboratoire.

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OgssErvarTion XV. (Résumée.) — Pyophlébite suppurée avec abcès du foie consécutifs. (Le Macusr. Soc. anatomique, juillet 1896, p.616.)

X..., 26 ans. Malade depuis six mois, douleur aiguë dans la région hépatique irradiant dans tout l'abdomen. Signes d'infection. Foie légèrement tuméfié. Température élevée avec grandes oscillations, 2 frissons par jour (41°, 410,02).

Le malade mourut dans l’adynamie un mois après son entrée.

Auroprsis. — Foie.—Surla veine porte, endophlébite suppurative ;

le canal veineux est rempli de pus. À l'extrémité droite de la face

convexe du foie on trouve une tache verdâtre avec plusieurs petites saillies et sans périhépatite; une coupe passant à ce niveau montre l'existence d’abcès aréolaires ovoïdes, dont la paroi est formée par du tissu hépatique et qui renferment du pus gommeux, mal lié. Plus profondément on trouve d’autres abcès où le pus n’est pas encore collecté. Pas d'ulcération du tube digestif.

Microbiologie. — L'examen microscopique du pus après colorations au violet de gentiane a décelé la présence du bacterium coli commune à l’état de pureté. Après ensemencement du pus, ce même bacille a été retrouvé toujours à l’état de pureté et en très petit nombre. L’auteur pense que peut-être la cause de cette pyophlébite et abcès du foie résiderait dans une simple érosion de la muqueuse gastrique chez un alcoolique (?).

Nous arrêterons 1c1 la liste des observations, non pas qu'il n’en existe d’autres ; mais nous avons tenu à présenter les plus intéressantes, celles qui nous montrent bien le rôle du microbisme intestinal dans les infections hépatiques en même temps que l'extrême variabilité, et des symptômes et des lésions anatomiques qu’elle peut produire. Nous renyoyons pour une étude plus complète aux auteurs que nous avons indiqués dans le premier chapitre (voir page 9); nous rappellerons seule-

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ment comme une confirmation du retentissement du microbisme intestinal sur le foie le rôle qu’une partie du tube digestif, l’appendice, peut jouer dans les infections hépatiques.

On connaît comment M. le professeur Dieulafoy a magistralement traité cette question « du foie appendiculaire ».

M. Achard dans un article paru dans les Bulletins de la Société médicale des hôpitaux du 16 novembre 1894, après avoir rapporté un cas d’abcès du foie, suite d’une appendicite, donna un certain nombre de renseignements sur cette question, renseignements que nous tenons à reproduire ici, car ils résument toute cette question de l'infection hépatique et intestinale.

M. Achard rappelle que M. Chauffard (1) donna le premier l’étude de ces abcès aréolaires (c'était le cas du malade

. d'Achard), et leur assigna une originebiliaire. Puis sont venues les recherches d’Achalme (2) et de Claisse (3), qui dans deux cas de semblables abcès en ont trouvé le point de départ dans lès veines sus-hépatiques, si bien que Aubert (4) dans sa thèse était tenté de généraliser cette pathogénie. Or M. Achard a publié avec M. Phulpin un fait qui confirme lopinion primitive de M. Chauffard.

On en pourrait conclure que ces abcès sont dus soit à une inflammation des voies biliaires, soit des veines sus-hépa-

- tiques. Mais le système porte peut aussi donner naissance à des abcès aréolaires, comme le prouve l’observation ci-dessus,

(1) 4rchives de Physiologie, 1883, p. 263.

(2) Abcès aréolaires du foie, Bull. Soc. anat., 12 décembre 1890, p. 527. {3) Bull. Soc. anat;, 9 janvier 1891, p. 18, et 22 mai, p. 308.

(4) Thèse de Paris, juillet 1891.

D'ailleurs cette même origine est encore attestée par le fait

de Jorand (1) de Rheinhold, de Ashby.

D'ordinaire les abcès sont multiples ; rarement il est unique

[cas de Ashby, Léonard. Bull. Soc. anat., 23 juillet 1886); Shoemaker (2) |.

Quelquefois, outre un foyer volumineux il en existe de petits en plus ou moins grand nombre [cas de Payne, Legg (3), De Gennes (4) |.

« IL est des cas où l’infection peut laisser des traces moins manifestes ; il est permis alors de se demander si dans le foie cette infection ne pourrait se traduire dans certains cas moins graves et moins rapidement mortels par des phénomènes moins bruyants qu’un processus pyogène, par de simples pyophlébites capillaires, par l’évolution sourde et progressive d’un processus scléreux. C’est une hypothèse qui mérite-

rait d’être examinée dans l'avenir. Elle paraît légitime si l’on :

considère les données nouvelles que la notion des infections a introduites dans la pathogénie des cirrhoses. » Nous tenons à ce propos à bien faire remarquer encore quel intérêt se tire de l’observation V où l’on voit comment l’entérocoque a pu

donner lieu à un complexus morbide simulant la cirrhose

hypertrophique.

Nous devons mainténant, pour compléter cette étude de la

bactériologie des abcès du foie, parler d’une question qui a :

soulevé de nombreuses controverses : la stérilité du pus hépaüque. Nous le ferons rapidement.

(1) JORAND. Appendicite perforante avec abcès du foie consécutif. (2) Med. News, april 15, 1898.

(3) St-Bartholomen's Hospital Reports, 1855, p. 85, vol. XV.

(4 Pérityphlébite gangréneuse, Bull, Soc. anat., mars 1883, p. 168.

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