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Le travail de Longuet dans la Presse médicale du 16 mars 1899 contient, du reste, toutes les indications à ce sujet.
Ce fut Kartulis qui indiqua le premier l'absence d’amibes dans les abcès du foie; mais avant, en 1881, Bokaï (1) avait déjà recherché vainement des espèces microbiennes dans le foie. En 1885, Talamon (2) ne fut pas plus heureux et Kartulis (3) opérant sur 2 séries trouva une fois 4 sur 9; une autre, 3 sur 13 abcès amicrobiens.
Laveran (4) en 1890 et Netter dans la même séance relatèrent des cas d’absence de microbes dans les abcès du foie.
Citons encore les communications de Peyrot et Veillon (Société de chirurgie, séance du 7 janvier 1890). Le mémoire d’Arnaud et d’Astros (5).
En 1892, Arnaud et Doyen firent 6 examens de pus, dont lun fut stérile. Tuffier dans les Bulletins de la Société de chirurqie (XVIII, p. 569) cita 6 cas.
En 1893, Laveran (6) rapporte 2 cas d’abcès à marche lente. complètement stérile, et dans la même séance Hanot cite un cas personnel analogue.
Le travail de Zancarol dans la Revue de chirurgie (1893) tient une place importante dans la question, et enfin les cas de Hanot et André Petit (7). En résumé, Longuet arrive à un total de 38 cas d’abcès du foie à pus stérile.
Plus récemment, en 1895, Widal et Griffon firent à la
(1) Boxaï. Pester med. chirurg., 1881.
(2) TALAMON. Thèse de CARAVANAS. Paris, 1885.
(3) KARTULIS. Arch. für pathol. anat. med. Physiologie, t. CXVIIT.
(4) LAVERAN. Soc, méd. hôp., séance du 25 juillet 1890.
(5) Congrès de Marseille, 1891; Mercredi médical, 1891, p. 489; Revue de médecine, 1892, avril.
(6) Soc. méd. des hôpitaux, 1* décembre 1893.
(7) Soc. méd. hôpitaux, 12 janvier 1894.
Société anatomique une communication sur un nouveau Cas d’abcès amicrobien.
Plusieurs hypothèses ont été mises en avant pour expliquer cette stérilité du pus.
° On pensa que les microbes étaient tués par la bile. Les. travaux de Charrin, Roger, Vignal, Copeman et Winston, Dupré, Létienne, ont fait justice de cette opinion. Rappelons également l’expérience faite par Arnaud et d’Astros et rapportée dans notre observation XT; ces auteurs ayant cultivé des diplocoques dans du bouillon additionné de bile fraîche.
2° On avait affaire à des germes qui ne sont pas cultivables par nos méthodes habituelles.
Cette objection, qui paraît plus aie abdbe que la première, est cependant aussi discutable. Que penser d’un microbe que l’on ne peut ni cultiver ni colorer ?
3° M. Chauffard émit hypothèse que « la cellule hépatique par une action chimique encore inconnue fait disparaître les bactéries pathogènes ». Or bien des cas existent ailleurs que dans le foie où la même stérilité a été destructive, dans le périoste (cas de M. Quénu) et surtout dans les collections purulentes des trompes (9 cas sur 18 d’après les recherches de Longuet) la même stérilité se retrouve.
4° Enfin reste une dernière théorie qui satisfait mieux l’esprit, c’est celle de la stérilité tardive secondaire, les bactéries disparaissent avec le temps. Cependant on a cité des cas d’hépatite à marche rapide où le pus fut trouvé microbien. Le cas de Petit (Soc. méd. hôpit.; 1895) est bien net à cet égard, de même que le cas d’Arnaud et d’Astros rapporté dans notre observation X. Mais souvent, il est vrai, le début de l’affection, étant donné le peu d'intensité des symptômes,
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est difficile à fixer exactement. Nous tenons à présenter à Pappui de cette dernière hypothèse, qui nous paraît la plus vraisemblable, les résultats de l'examen bactériologique de notre cas personnel (obs. II). |
Il existait, en effet, dans le foie, deux sortes d’abeès, les uns à pus épais, plus volumineux, les autres petits à pus bien lié. Dans les premiers, plus anciens en date, on retrouva difficilement des diplocoques mal auréolés, tandis que dans les seconds les microbes étaient nombreux, bien nets, disposés en amas.
Quoi qu'il en soit, la conclusion à tirer de ces faits est l’origine primitivement microbienne certaine de ces collections hépatiques, et il faut se rappeler, comme l’ont montré MM. Laveran et Netter, que stérilité ne veut pas dire innocuité, ce qui, au point de vue du traitement, a son importance.