I-^^tait à son comble
^B On verra plus loin que ce surpeuplement favorise également l'accroisisement du nombre des porteurs de germes (p. 43).
a notion de la spécificité des méningocoques dans l'étiologie des manifestations de la méningococcie n'a pas été admise sans conteste. Actuellement, le doute n'est plus permis ; la présence constante de ces germes chez les malades qui en sont atteints, les réactions biologiques du sérum de ces derniers sur les cultures de ces germes montrent à l'évidence leur rôle pathogène spécifique.
Ils siègent au niveau des lésions cérébro-méningées qui caractérisent la méningite cérébro-spinale, dans la circulation sanguine et les viscères atteints des complications qui dérivent de la septicémie : arthrites, endocardites, pneumonies, etc.
Enfin, constatation importante au premier chef au point de vue épidémiologique, le méningocoque siège dans le rhino-pharynx, qui est son habitat initial et électif, où il se développe et pullule avant d'aller infecter secondairement la circulation et les méninges. Cette notion est d'une importance capitale au point de vue épidémiologique, car elle éclaire d'un jour nouveau la transmissibilité de l'infection méningococcique.
Le méningococLue dans le rhino-pharynx des malades. — En 1888, à
l'autopsie de méningitiques, Weigert, Weichselbaum avaient été frappés de l'existence d'une phlegmasie des fosses nasales, dont la muqueuse était rouge, épaissie et recouverte de muco-pus. Patella fit des constatations semblables.
En 1901, Albrecht et Ghon démontrèrent par l'observation clinique que, dans la plupart des cas, les phénomènes méningés de la méningite cérébro-spinale étaient précédés par un coryza, une rhino-pharyngite. Westenhœffer (1905) décela sur le cadavre, comme les auteurs précédents, une tuméfaction plus ou moins marquée de l'amygdale pharyngée et de la région postérieure du rhino-pharynx ; la muqueuse était rouge et recouverte de mucus.
Déjà en 1896, Kicfor, puis Mallory, Councilman et Wright avaient isolé
38 ÉPIDÉMIOLOGIE
du mucus nasal un germe qu'ils pensaient devoir être du méningocoque. Mais à l'époque où ils observaient, ce germe n'était pas encore suffisamment différencié des germes similaires pour que leurs affirmations fussent considérées comme indubitables. La preuve définitive ne put être fournie que par Weichselbaum et Ghon, Flùgge, von Lingelsheim, etc., qui le mirent nettement en évidence.
De nombreux auteurs français et étrangers confirmèrent cette notion capitale. La constance des résultats positifs n'est cependant pas absolue ; ceux-ci varient suivant la date à laquelle la recherche a été effectuée ; mais d'une façon générale il est permis de déclarer nettement qu'au moins dans les premiers jours de la méningite cérébro-spinale, le méningocoque existe dans le rhino-pharynx des malades, et est lié à l'existence d'une rhino-pharyngite méningococcique initiale.
Ce germe siège de préférence, et au maximum, au niveau des espaces sus et sous-choanaux, les fosses nasales étant pour ainsi dire respectées. Bruns et Hohn l'ont démontré à l'occasion de prélèveriients divers : chez un homme dont le mucus rhino-pharyngé donnait du méningocoque en culture pure, on trouvait dans le mucus nasal le méningocoque associé à d'autres bactéries ; quatre à cinq semaines après, le méningocoque existait encore dans le rhino-pharynx, mais avait disparu du mucus nasal. Le germe spécifique peut encore être retrouvé au niveau du pharynx proprement dit et des amygdales.
Ces résultats concordent avec ceux qu'avait obtenus Ostermann. Netter et Debré ont figuré dans le tableau suivant la localisation du méningocoque dans les trois cas où ils l'ont recherché en plusieurs régions anatomiques :
Numéro des cas I II III
Rhino-pharynx -j-+ ++ +
Amygdales palatines ++ 0 0
Fosses nasales antérieures + 0 0
— postérieures -f -f-+ 0
Salive + 0 0
On le décèle dans les cas à évolution normale, mais aussi dans les atteintes frustes ou avortées et les cas de scepticémie évoluant sans méningite.
La persistance du méningocoque dans le rhino-pharynx des malades est variable suivant les cas, mais d'une façon générale il disparaît assez rapidement ; c'est ce qui résulte des recherches effectuées par divers auteurs.