‹ L'infection meningococciqueChapitre 17 sur 75 · POURCENTAGE · texte numérisé non relu

POURCENTAGE

1 semaine

Les chiffres contenus dans ce tableau sont de nature à montrer que, dans la grande majorité des cas, le méningocoque des porteurs de germes disparaît en une quinzaine de jours.

Ils se trouvent être en concordance presque absolue avec ceux qui ont fixé la date moyenne de disparition du même germe du rhino-pharynx des méningitiques. Cette concordance est d'ailleurs en relation évidente avec la lésion identique que l'on retrouve chez les malades et les porteurs de germes : la rhino-pharyngite est produite dans les deux cas par le même germe pathogène.

IdeiJtité des germes issus des porteurs et des malades. — L'étude des méningocoques isolés du rhino-pharynx des porteurs au cours de plusieurs épidémies m'avait révélé leur identité de nature avec ceux qu'on peut isoler soit du sang, soit du liquide céphalo-rachidien des méningitiques.

Ces recherches ont été reprises sur une plus vaste échelle par une série d'auteurs anglais à l'occasion des épidémies qui se sont manifestées dans

s dépôts et les camps de concentration durant les années 1915 à 1917.

es rapports d'Eastwood, Griffith, Scott, Fonder, Lewis (1), il résulte que les méningocoques des uns et des autres sont identiques ; ceux qui pro-

ennent des « non-contacts » ne sauraient être séparés de ceux recueillis fhez les « contacts », pas plus que des germes tirant leur origine des méningitiques. On trouve notamment dans le rhino-pharynx des porteurs tous les types connus, se comportant vis-à-vis des divers sérums suivant les réactions classiques ; et en particulier les sérums obtenus avec chacun d'eux agissent vis-à-vis des méningocoques céphalo-rachidiens comme les sérums obtenus avec ces derniers.

L'identité est donc absolue, constatation importante pour faire ad-

(1) E. A. Newsholme, Eastwood, Griffith, Scott, Fonder, Lewis. Reports tothe }cal Government Board on Public Health and médical Subjects, New Séries, n° 114, )ndres, 1917.

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mettre le pouvoir de propagation de malade à porteur et de simple porteur à malade.

Fréquence des porteurs de germes. — Le nombre des porteurs de méningocoques observés au cours d'une épidémie est variable. Les chiffres fournis par les divers bactériologistes sont assez différents :

Von Lingelsheim trouve 5,4 p. 100.

Ostermann 70 —

Dieudonné 10 —

B'ochalli 8,6 —

Trautmann 9,2 —

Herford 25 —

Bruns et Hohn 22,5

* Mêmes différences d'appréciation quand on compare le nombre des porteurs à celui des malades :

Von Lingelsheim, Ostermann estiment qu'il existe, suivant les circonstances, 2, 3 à 4 porteurs pour un malade. Bochalli en a décelé 42 pour un malade. Bruns et Hohn déclarent qu'il existe 10 à 20 fois plus de porteurs de méningocoques que de méningitiques. Pflûgge arrive à des chiffres analogues.

Ces divergences s'expliquent par les différences des conditions de milieu et de temps dans lesquelles les prélèvements ont été pratiqués.

C'est ainsi qu'en général le nombre des porteurs est d'autant plus élevé que l'encombrement des locaux occupés est plus grand. Glover l'a ' formellement noté dans les camps anglais qui, pendant la grande guerre, ont été surpeuplés par les nécessités d'ordre militaire ; il a pu ainsi, en certaines circonstances, constater que le taux des porteurs pouvait s'élever jusqu'à 70 p. 100. Il a suffi d'ailleurs d'effectuer le desserrement des locaux pour voir cette énorme proportion subir un abaissement notable. •

De tels faits expliquent d'ailleurs les différences observées dans l'armée française entre le taux des porteurs du front et de ceux que l'on décelait à l'intérieur. A l'intérieur, dans les casernes, les dépôts, les camps où se trouvaient entassés des effectifs dépassant la capacité du temps de paix, les porteurs de méningocoques ont été plus nombreux que dans la zone des armées. Dans cette dernière, Fagglomération humaine a été, certes, considérable, mais l'extrême-front n'a été « tenu » en réalité que par des troupes en faible densité ; chez celles-ci, les porteurs ont été exceptionnellement rares ; plus à l'arrière et plus particulièrement dans les bataillons d'instruction, souvent entassés dans les locaux exigus où les contacts étaient très étroits, leur proportion s'est montrée plus élevée ; les atteintes méningées s'y sont d'ailleurs manifestées avec plus de fréquence.

Répartition des porteurs de germes dans un foyer épidémique. — Les porteurs de germes se répartissent de façon variable suivant qu'on examine l'entourage immédiat des malades, ou l'entourage plus ou moins éloigné.

a. Le plus grand nombre des porteurs s'observe dans Ventourage immédiat des malades atteints de méningite cérébro-spinale.

Dans le bataillon examiné par Bochalli (voir page 40), sur 42 porteurs

de germes, 10 provenaient de la chambrée à laquelle appartenait le malade et qui abritait 16 hommes, soit 62,5 p. 100 ; les 32 autres étaient disséminés dans la compagnie du nialade et les autres.

Au 66 régiment de dragons à Évreux, pendant l'épidémie de 1909, c'était au voisinage immédiat des malades qu'on trouvait le chiffre le plus élevé de porteurs. Sur 372 hommes examinés, 12 sur 32 voisins de Ht des malades étaient porteurs de méningocoques, soit 38 p. 100 ; 62 hommes sur 340 appartenant aux chambrées atteintes donnaient des proportions de 17,6 p. 100. Les recherches effectuées en d'autres épidémies ont permis de faire les mêmes remarques.

C'est ce qui résulte encore de l'enquête de Roussel et Malard sur plusieurs régiments du 10® corps d'armée :

I Voisins de lits immédiats des malades, 18,24 p. 100. Soldats de la chambrée des malades, 13 p. 100.

Soldats n'appartenant pas aux chambrées où se sont produits les cas de méningite, 7,71 p. 100.

Personnel hospitalier, 17,14 p. 100.

? Dans les familles, on observe les mêmes particularités : sur 587 examens pratiqués dans les familles de mineurs de Westphalie, Bruns et Hohn ont trouvé le nombre assez élevé de 217 porteurs, soit 36,96 p. 100.

Il est vrai qu'à cet égard, on constate parfois des différences appréciables suivant les familles observées. Ainsi, au cours de l'épidémie d'Hambourg en 1907, Trautmann remarqua qu'en certaines familles, où cependant des cas de méningite étaient déclarés, il n'existait aucun porteur de germes, alors qu'en d'autres tous les sujets hébergeaient dans leur rhino-pharynx le germe spécifique. En d'autres encore le nombre des porteurs oscillait entre 20 et 75 p. 100.

Ces faits peuvent s'expHquer par les différences du miheu social où l'on opère et les conditions hygiéniques dans lesquelles la vie en commun s'effectue.

Pendant la guerre, dans des garnisons de l'intérieur, Bezançon a décelé un plus grand nombre de porteurs chez les troupes occupant un petit baraquement, où les hommes vivaient dans une promiscuité très étroite, que chez ceux qui habitaient de vastes chambrées.

Netter et Debré ont bien mis en évidence cette influence en comparant la proportfon des porteurs de germes dans les familles aisées et les familles pauvres, dont les membres vivaient dans des locaux resserrés où les chambres exiguës abritaient la plupart d'entre eux. C'est ainsi que, sur 15 examens pratiqués dans des familles riches, ils ne trouvent que 2 porteurs, soit 15,38 p. 100, et sur 51 examens effectués dans des familles pauvres, ils décèlent 16 porteurs, soit 31,39 p. 100 (1).

Dans les familles ij y a lieu de signaler une particulairité qu'on n'a

(1) Les différences constatées peuvent dépendre encore de la période à laquelle l'examen a été pratiqué : Netter et Debré ont examiné ainsi l'entourage des malades dans les 3 semaines qui suivaient l'éclosion des cas de méningite, et après 3 semaines ; ils ont relevé les différences suivantes :

Dans les troispremières semaines : SUT ^S personnes examinées : 15 porteurs: 31,25 p. 100.

Après trois semaines : sur 18 personnes examinées : 0 porteur = 0 p. 100.

44 ÉPIDÉMIOLOCIE

observée encore, il est vrai, que dans les pays de mines rlBruns et Hohn en fWestphalie, Eijkel dans les régions minières des Pays-Bas, ont remarqué Y ,que dans les familles de mineurs, le père était beaucoup plus fréquemment ^^y borteur de germes que son entourage familial. La promiscuité étroite dans laquelle se passe l'existence au fond de la mine en est peut être la ,'cause. Il est évident que dans ces conditions, le père devient l'agent essentiel de la diffusion du méningocoque.

h. Les porteurs de germes peuvent se rencontrer en dehors de V entourage immédiat des malades fl^env nombre varie suivant les relations qu'ils ont avec les malades ou l'entourage immédiat de ces derniers. Il varie aussi suivant la densité de la population et les occupations auxquelles elle est astreinte ; en certains cas, leur limite d'extension est très restreinte, en d'autres, au contraire, comme dans les pays miniers (Silésie,Westphalie), ils peuvent être décelés, du moins en période épidémique, sur une assez grande étendue (Bruns et Holin, etc.).

c. Dans les milieux soustraits aux foyers épidémiques^ il n'existe pas de porteurs de méningocoques. C'est ce qui résulte de nombreuses observations (Travaux de Fliigge, Boldman, Goodwin, Droba el Kucera, etc.). ; Fréquence des porteurs de germes suivant la phase et l'intensité DE l'épidémie et LES SAISONS. — BruDs ct Hohu, au cours de l'épidémie de Westphalie en 1907, ont relevé mois par mois, et comparativement, le nombre des porteurs de germes et celui des malades atteints de méningite cérébro-spinale. Leurs constatations figurent dans les tableaux suivants :

Dans le district minier de Gelsenkirchen, il avait été constaté :

En mars 148 malades dont 16 suspects

avril 278 — 14 —

mai 327 — 25 —

juin 188 — 0 —

juillet 146 — 1 —

août 68 — 24 —

Sur 3.154 sujets bien portants examinés pendant cette période épidémique, 425 furent déclarés porteurs de germes, qui se répartirent ainsi : j

Mars 120 examens dont 37 positifs 30.1 p. 100.

Avril 641 —

Mai 730 —

Juin 644 —

Juillet 616 —

Août 403 —

Ces résultats démontrent nettement que la fréquence de la rliinopharyngite est influencée par les saisons comme la méningite elle-même ; ils prouvent en outre que le nombre des porteurs de germes atteint son maximum lors de la période la plus active de l'épidémie, et qu'il diminue avec le nombre des atteintes méningées, quand l'épidémie arrive à la phase de déclin.

Les recherches de Bruns montrent en outre qu'un élévation du pourcentage des porteurs de germes précède habituellement V élévation du nombre des cas de méningite. J'avais fait une remarque identique pendant l'épidémie

37 positifs

d'Evreux en 1909. Cette constatation est confirmée par les résultats enregistrés lors de l'épidémie des Pays-Bas en 1915 : Eijkel montre qu'en mars la proportion des porteurs de germes atteignit 19 p. 100, et en avril ; 3,7 p. 100. Or, le plus grand nombre d'atteintes méningées fut observé en avril.

Cette particularité se trouve réalisée sous un autre aspect infiniment plus démonstratif dans le fait signalé par Selter à Bonn, au 8^ régiment de hussards ; l'éclosion de l'épidémie de méningite fut précédée par une série de porteurs de germes ayant pris naissance à la suite de l'arrivée d'un convalescent de méningite cérébro-spinale.

D'autre part, il existe un parallélisme étroit entre le chiffre des malades et celui des porteurs : pendant l'épidémie d'Evreux, dans les unités atteintes, plus le nombre des méningitiques était grand, plus celui des porteurs de méningocoques était élevé (Rouget). Ainsi :

4e escadron

8 cas de méningi

te

20 porteurs

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